Rendez-vous calins, au soleil!

Sea, sex and sun! L'été est là et bien là! Pour émoustiller vos sens et vous prélasser tendrement au soleil, je vous propose avec mon partenaire préféré, la boutique Sexy Avenue, un petit choix de livres pour laisser libre court  à votre imagination érotique et sensuelle...

Emportez dans votre valise...

Spicileges Les spicilèges amoureux de Mr Ploton où on trouve un inventaire hétéroclite d’observations, de statistiques et de documents variés sur tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la chose sans oser le demander. Un bric à brac amoureux et des petites miscellanées érotiques savoureuses qui feront d'ailleurs l'objet d'une chronique de ma part pour le Magazine des Livres de Juillet/Aout 2008 qui sortira bientôt en kiosque...

Cahier_vacances_erotiques_2Sur la plage, ne bronzez pas idiot, avec le Cahiers de Vacances Erotiques qui testera, à travers des exercices, vos connaissances en matière de littérature érotique, d'anatomie, d'histoire ou de sciences. Un cahier de devoirs de vacances strictement réservé aux adultes pour des heures récréatives à deux à l'ombre ou au soleil!

                   Osez_sextoys                              

Pour les curieux et les audacieux,  Osez les sextoys! Dans ce livre de la collection de La Musardine, Ovidie, spécialiste en la matière, répond à vos questions et présente une cinquantaine d'objets, en détaillant leur mode d'emploi, leurs avantages et leurs inconvénients, dessin à l'appui.

Canard_vibrantAprès cette lecture, peut-être auriez vous envie de tester le célébrissime petit canard jaune vibrant et waterproof pour batifoler dans la piscine ou dans la mer!

Bonnes Vacances à Tous!

Article sponsorisé

Les news de la Collection Folio - Gallimard

newsletter Folio


Je suis ravie de découvrir le nouveau site Folio des éditions Gallimard, qui lance sa Newsletter Folio sur l'actualité de ses collections.

A cette occasion, je vous invite à vous y inscrire; vous pourrez peut-être gagner un exemplaire du livre "Entre les murs" de François Bégaudeau dont l'adaptation cinématographique a été primée à Cannes cette année.

Le site offre à voir les livres des éditions Folio à paraître, les nouveautés et une recherche par collection Folio. Vous pouvez aussi entrer dans les coulisses de la création en visionnant les entretiens de vos auteurs préférés ou de leurs éditeurs. On y trouve aussi des actualités et des Grands thèmes, parmi lesquels celui de l'Erotisme; parmi mes favoris (qui sont tous dans ma bibliothèque):

Folio_lady_chatterley L'amant de Lady Chatterley de D.H Lawrence que je relis et relis souvent, tant la sensualité et l'émotion transpire de ce livre et qui fut un de mes premiers émois littéraire érotiques...

Folio_pascal_quignard Le sexe et l'effroi de Pascal Quignard, dont vous pouvez lire un ancien de mes articles ici

Folio_louis_calaferte La Mécanique des femmes, le brûlot de Louis Calaferte qui est un petit diamant brut de fulgurance érotique (voir l'article dans ma bibliothèque qui lui ait consacré)

Folio_paul_verlaine Chansons pour elle et autres poèmes érotiques de Paul Verlaine dont je parle aussi ici.

Parmi les nouveautés, je vous propose trois livres dans un esprit libertin et romantique:

Folio_louvet_de_couvray Les Amours du chevalier de Faublas  de Louvet de Couvray  (Folio Classique) qui dans un style vif, drôle et pétillant, vous emmènera dans les aventures amoureuses - et quasi comiques - d'un libertin du XVIIIème siècle.

Folio_madame_aulnoy Contes de fée de Madame d' Aulnoy (Folio classique) vous séduiront avec ses palais enchantés, ses créatures féeriques et ses animaux fabuleux. Une occasion de redécouvrir ses contes de fées audacieux qui étaient bien, au début, destinés aux adultes et étaient écrits avant tout pour divertir la cour.

Folio_de_nerval_pandora Pandora et autres nouvelles de Gérard de Nerval. «Le rêve est une seconde vie.» Dans les brumes de Vienne, le poète erre dans une ambiance mystérieuse, à la recherche d'une femme, Pandora, entre rêve et réalité.

Article sponsorisé

Cyberlibris : un bouquet de livres numériques

Cyberlibris J'ai découvert l'offre de Cyberlibris qui m'a tentée, en proposant un bouquet de livres numériques payants... Pour 1,49 euro par mois, j'ai accès à la collection "Vie de couple" qui offre 32 livres parus recemment, à consulter librement et de manière illimitée en ligne, via un logiciel à télécharger (seul "hic", on ne peut pas télécharger le livre, mais on peut faire du copier/coller ou l'imprimer).

Vous trouverez de tout, surtout des livres de sexologie et de conseils sur la vie de couple et la sexualité. Et si vous le souhaitez, vous pouvez bien sur vous aventurer dans d'autres collections, telles que "Arts et lettres", "Cuisine de tous les jours", "Histoire", "Société et sociologie", "Religions et spiritualités", "Bien être et developpement personnel" etc.

Parmi les plus alléchants, il y a les délicieux textes des éditions de l'Archange Minotaure (que j'adore!) (voir aussi le blog de l'éditeur ici) et que je me suis empressée de dévorer: Le Kama-Sutra de Sadhu Sablok, La cuisine érotique de Tante Thyne enseignée aux filles et le fameux Godemichet de la gloire de Théophile Gautier.

Archange1

Archange2

Archange3

Pour vous mettre l'eau à la bouche, voici un petit extrait du "Godemichet de la Gloire" de ce coquin de Theophile Gautier.

"Solitude"

Je bande trop. De ma culotte
Je sors mon vit qui décalotte
Son champignon.
Être à midi, seul dans sa chambre,
En tête à tête avec son membre,
C'est du guignon!
Mon jacquemart me bat le ventre;
Dans quelque chose il faut que j'entre,
Cul, bouche ou con.
Mais je ne vois pas ma voisine
Lançant son oeillade assassine
De son balcon.
En vain Coco dresse sa huppe:
Dans la maison pas une jupe,
Pas un bonnet.
La pine au poing, pose équivoque,
À défaut de con, je t'invoque,
Veuve Poignet.

Coffret de nouvelles érotiques

Magazine_des_livres_novLe nouveau Magazine des Livres Novembre/Décembre 2007 est en kiosque depuis aujourd'hui.

J'y mets à l'honneur un superbe Coffret de 4 nouvelles érotique édité par les Editions de l'atelier In 8 à lire et à offrir pour des fêtes de fin d'année brûlantes et sensuelles!

Coffret_erotique

Je souhaite vraiment vous inciter à découvrir ce coffret aux pages satinées que l'on ouvre comme un écrin ou le cœur d’une pivoine pourpre, excité par le mystère qu’il comporte. Tout, dans ce coffret de nouvelles érotiques n'est qu'onguents et voluptés.

Volupté des sens, volupté de la lecture, volupté d'une langue d'amour bruissante et étourdissante faite chair. La lecture de ces pages vous enfouira dans un lit à l'érotisme salvateur. Et si vous suivez les conseils d'Alina Reyes, qui y offre une nouvelle inédite, vous ne pourrez que sentir que votre " corps est un temple » et qu'en tant que lecteur et lectrice, vous pouvez "jouir de la chair et faire jouir la chair, nue comme venue au monde" et jouir délicieusement et entièrement du Verbe !

Voilà des lectures comme je les aime! Le temps se distend, l’espace disparaît ; chaque page nous pousse à la fois au-dedans et au large de nous même, comme deux corps, qui plongés l’un dans l’autre, ne voient plus rien du monde qui les entoure et en même temps deviennent le cosmos même, étoiles et firmament.

_____________________

Nouvelles érotiques

Coffret érotique composé de quatre textes inédits

Notre femme, d’Alina reyes

Séraphine la Kimboiseuse, de Jacques Abeille

La rencontre dans l’escalier de Claude Chambard

Lettre à sa complice de Gérard de Loiès

Editions de l’atelier In8, 2007

Le Marquis de Sade en ligne

Écrit à la Bastille à la fin de 1785, Sade croyait avoir irrémédiablement perdu (il ne le reverra en effet jamais) le manuscrit sulfureux et infernal des 120 Journées de Sodome, lors de l'incendie de la forteresse, le 14 juillet 1789, et le pleura « en larmes de sang ».

" Il fut en fait récupéré durant le sac par un certain Arnoux Saint-Maximim, puis offert au marquis de Villeneuve-Trans. Vendu par ses descendants en 1900 à un amateur allemand, il est édité pour la première fois en 1904 par le psychiatre allemand Iwan Bloch sous le pseudonyme d'Eugen Dürhen. Racheté en 1929 par Maurice Heine pour le compte du vicomte de Noailles, édité enfin avec un soin particulier, il est à présent chez un collectionneur privé genevois.
Le rouleau est constitué de petites feuilles de 12 cm de large collées bout à bout qui forment ainsi une bande unique de 12,10 m sur laquelle, d'une écriture microscopique, le prisonnier a rédigé la totalité de son roman."

Toutes les oeuvres (complètes) de Sade en ligne sur l'excellent Sade Ecrivain

Fascinus

Je suis comme, beaucoup de femmes, « fascinée » par la vue d’un pénis. Non pas parce que j’en veuille un, mais parce que je n’en ai pas.  J’aime voir et sentir l’érection du membre gonfler dans ma main ou dans ma bouche, et s’épanouir dans mon sexe (je l'ai dit ici, , et encore ).

_________________________

Je suis en proie à la « fascinatio ». Alors je lis Pascal Quignard  et « Le sexe et l’effroi » et je comprends mieux ce qui se passe.

Saviez-vous que le « Phallos » grec se dit en latin « fascinus ». « Il arrête le regard au point qu’il ne peut s’en détacher ».
« Le désir fascine (…) Il se trouve une pierre (à Pompei) où est sculpté un fascinus grossier que le statuaire a entouré de ces mots : Hic habitat felicitas (Ici réside le bonheur). Toutes ces têtes épouvantées de la villa des Mystères – qu’on aurait été mieux inspiré d’appeler la villa du Fascinant, ou encore la chambre fascinante – convergent vers le fascinus dissimulé sous le voile dans son van. »

Villa_des_mysteres

En – 18 et l’an 14, une mutation s’opère : « la métamorphose de l’érotisme joyeux et précis des grecs en mélancolie effrayée » sous le règne d’Auguste. C’est de ce séisme occidental que nous entretient Quignard qui extrait des laves de Pompei « ces images fascinantes sous la pierre ponce puis sous les chênes lièges ».

Il y a les dieux protecteurs du Fascinus : Genius, Muto, Facsinus et Liber Pater, qui jouissent et engendrent.
Il y a le chariot du Fascinus que les Vestales vénèrent.
Il y a la mariée, sur la colline Vélia,  qui s’assoit sur une pierre Phallique (Mutunus Tutunus) pour se soumettre à sa puissance.
Il y a l’obscénité linguistique et rituelle des orgies, « vers fescennins ».
Il y a la passion qui incombe à la prostituée, tandis que la matrone sentimentale est hors statut.
Il y a Lupa, « la louve » la mère de Remus et Romulus et ses lupanars ou « louveries"...

_____________________________

Le livre de P. Quignard est une longue méditation, truffée de réflexions et de références à la culture antique, qui nous éclaire magistralement sur ce qui fondamentalement reste un mystère.

"Le sexe et l'effroi" - Pascal Quignard - Folio, Gallimard

Dans mon livre rouge...

Foret1

Extrait du "Christ aux coquelicots" de Christian Bobin.

Signaturemademoisellek

Un dard dans le coeur

J'ai déjà parlé de mon goût pour les textes mystiques. Je suis arrivée à un palier, où je ne peux qu'essayer de tenter de concilier le sexe et une aspiration mystique et sacrée (mais attention, qui n'est pas religieuse). Non, non, je ne me fais pas sainte, mais mes ailes du désir ont toujours chercher la vraie flamme de l'amour.

J'ai en mémoire ce magnifique texte de Sainte Thérèse d'Avila qui est pour moi l'une des plus belle brûlure vécue de l'interieur, digne des plus belles extases erotiques.

Extase dont on ne peut que desirer jamais la fin et qui nous pousse à l'anéantissement de l'être. "Cette joie suppliciante" , "cette brulure intime portée à l'extrême degré d'intensité" dont G. Bataille (dans "L'erotisme) dira qu'elle "s'épuise à dépasser la limite de l'être" et "consume inexorablement tout ce qui donne aux êtres, aux choses une apparence de stabilité". "Cette joie suppliciante", "sans autre fin que l'epuisement, sans autre possibilité d'arrêt qu'une défaillance".

Sainte_therese_davila_1

"Tandis que j’étais en cet état, il plut au Seigneur de me favoriser à différentes reprises de la vision suivante. Je voyais près de moi, du côté gauche, un ange sous une forme corporelle. … Il n’était pas grand, mais petit et extrêmement beau. A son visage enflammé, il paraissait être des plus élevés parmi ceux qui semblent tout embrasés d’amour. Ce sont apparemment ceux qu’on appelle Chérubins, car ils ne me disent pas leurs noms. Mais il y a dans le ciel, je le vois clairement, une si grande différence de certains anges à d’autres, et de ceux-ci à ceux-là, que je ne saurais l’exprimer. Je voyais donc l’ange qui tenait à la main un long dard en or, dont l’extrémité en fer portait, je crois, un peu de feu. Il me semblait qu’il le plongeait parfois au travers de mon cœur et l’enfonçait jusqu’aux entrailles. En le retirant, on aurait dit que ce fer les emportait avec lui et me laissait tout entière embrasée d’un immense amour de Dieu. La douleur était si vive qu’elle me faisait pousser ces gémissements dont j’ai parlé. Mais la suavité causée par ce tourment incomparable est si excessive que l’âme ne peut en désirer la fin, ni se contenter de rien en dehors de Dieu. Ce n’est pas une souffrance corporelle. Elle est spirituelle. Le corps cependant ne laisse pas d’y participer quelque peu, et même beaucoup. C’est un échange d’amour si suave entre Dieu et l’âme, que je supplie le Seigneur de daigner dans sa bonté en favoriser ceux qui n’ajouteraient pas foi à ma parole. Les jours que durait cette faveur, j’étais comme hors de moi. J’aurais voulu ne rien voir et ne point parler, mais savourer mon tourment, car il était pour moi une gloire au-dessus de toutes les gloires d’ici-bas."
Autobiographie, chapitre XXIX,13 - Sainte Thérèse d'Avila

Le Con d'Irène

Que se passe-t-il lorsqu'un homme se penche sur le con dévoilé d'une femme? Je me suis souvent posée la question. Il me plait à penser que c'est pour lui comme une révélation sacrée. Louis Aragon en a fait une merveilleuse démontration lorsqu'il écrit dans "le Con d'Irène" que le sexe feminin est comme "une église", "un ogive sainte", dont "les lèvres adorables ont su donner aux baisers un sens nouveau et terrible, un sens à jamais perverti".

Entre 1923 et 1927, Aragon écrit des pages et des pages de La Défense de l'infini, un roman monumental dont il brûle la plus grande partie en 1927, à Madrid. Mais le fragment de braise du "Con d'Irène" survit miraculeusement à la destruction. Il est édité en 1928, "sous le manteau", accompagné de dessins érotiques d'André Masson, sous le pseudonyme: "Albert de Routisie".

Origine_du_monde_andre_masson_2

Peinture " Le songe érotique" d'André Masson.

Je vous laisse, avec l'extrait qui suit, plonger dans le mystère innefable de l'origine du monde.

____________________________________________________________________

"Si petit et si grand! C’est ici que tu es à ton aise, homme enfin digne de ton nom, c’est ici que tu te retrouves à l’échelle de tes désirs. Ce lieu, ne crains pas d’en approcher ta figure, et déjà ta langue, la bavarde, ne tient plus en place, ce lieu de délice et d’ombre, ce patio d’ardeur, dans ses limites nacrées, la belle image du pessimisme. Ô fente, fente humide et douce, cher abîme vertigineux. 

  C'est dans ce sillage humain que les navires enfin perdus, leur machinerie désormais inutilisable, revenant à l'enfance des voyages, dressent à un mât de fortune la voilure du désespoir. Entre les poils frisés comme la chair est belle sous cette broderie bien partagée par la hache amoureuse, amoureusement la peau apparaît pure, écumeuse, lactée. Et les plis joints d'abord des grandes lèvres bâillent. Charmantes lèvres, votre bouche est pareille à celle d'un visage qui se penche sur un dormeur, non pas transverse et parallèle à toutes les bouches du monde, mais fine et longue, et cruciale aux lèvres parleuses qui la tentent dans leur silence, prête à un long baiser ponctuel, lèvres adorables qui avez su donner aux baisers un sens nouveau et terrible, un sens à jamais perverti.

Que j'aime voir un con rebondir.

  Comme il se tend vers nos yeux, comme il bombe, attirant et gonflé, avec sa chevelure d’où sort, pareil aux trois déesses nues au-dessus des arbres du Mont Ida, l’éclat incomparable du ventre et des deux cuisses. Touchez mais touchez donc vous ne sauriez faire un meilleur emploi de vos mains. Touchez ce sourire voluptueux, dessinez de vos doigts l’hiatus ravissant. Là que vos deux paumes immobiles, vos phalanges éprises à cette courbe avancée se joignent vers le point le plus dur, le meilleur, qui soulève l’ogive sainte à son sommet, ô mon église.   

  Ne bougez plus, restez, et maintenant avec deux pouces caresseurs, profitez de la bonne volonté de cette enfant lassée, enfoncez, avec vos deux pouces caresseurs écartez doucement, plus doucement, les belles lèvres, avec vos deux pouces caresseurs, vos deux pouces. Et maintenant, salut à toi, palais rose, écrin pâle, alcôve un peu défaite par la joie grave de l’amour, vulve dans son ampleur à l’instant apparue. Sous le satin griffé de l’aurore, la couleur de l’été quand on ferme les yeux.

Ce n’est pas pour rien, ni hasard ni préméditation, mais par ce BONHEUR d’expression qui est pareil à la jouissance, à la chute, à l’abolition de l’être au milieu du foutre lâché, que ces petites soeurs des grandes lèvres ont reçu comme une bénédiction céleste le nom de nymphes qui leur va comme un gant. Nymphes au bord des vasques, au coeur des eaux jaillissantes, nymphes dont l’incarnat se joue à la margelle d’ombre, plus variables que le vent, à peine une ondulation gracieuse chez Irène, et chez mille autres mille effets découpés, déchirés, dentelles de l’amour, nymphes qui vous joignez sur un noeud de plaisir, et c’est le bouton adorable qui frémit du regard qui se pose sur lui, le bouton que j’effleure à peine que tout change. Et le ciel devient pur, et le corps est plus blanc. Manions-le, cet avertisseur d’incendie. Déjà une fine sueur perle la chair à l’horizon de mes désirs. Déjà les caravanes du spasme apparaissent dans le lointain des sables.  Ils ont marché, ces voyageurs, portant la poudre en poire, et les pacotilles dans des caisses aux clous rouillés, depuis les villes des terrasses et les longs chemins d’eaux qu’endiguent les docks noirs. Ils ont dépassé les montagnes. Les voici dans leurs manteaux rayés. Voyageurs, voyageurs, votre douce fatigue est pareille à la nuit. Les chameaux les suivent, porteurs de denrées. Le guide agite son bâton, et le simoun se lève de terre, Irène se souvient soudain de l’ouragan. Le mirage apparaît, et ses belles fontaines... Le mirage est assis tout nu dans le vent pur. Beau mirage membré comme un marteau-pilon. Beau mirage de l’homme entrant dans la moniche. Beau mirage de source et de fruits lourds fondant. Voici les voyageurs fous à frotter leurs lèvres. Irène est comme une arche au-dessus de la mer. Je n’ai pas bu depuis cent jours, et les soupirs me désaltèrent. Han, han. Irène appelle son amant. Son amant qui bande à distance. Han, han. Irène agonise et se tord. Il bande comme un dieu au-dessus de l’abîme. Elle bouge, il la fuit, elle bouge et se tend. Han. L’oasis se penche avec ses hautes palmes. Voyageurs vos burnous tournent dans les sablons. Irène à se briser halète. Il la contemple. Le con est embué par l’attente du vit. Sur le chott illusoire, une ombre de gazelle...

  Enfer, que tes damnés se branlent, Irène a déchargé.

"Le con d'Irène" de Louis Aragon. Le Mercure de France, Coll du Petit Mercure.

Consolations

Je trouve mes consolations dans les textes mystiques. Je ne la trouverais pas, quoiqu'il arrive, dans le feu du dragon acre et violent qui peut tordre les boyaux, ronger le ventre d'amertume et ravager l'âme de mille coups de poignards.

Les textes de Rumi, ce grand poète mystique arabe est ce jour le jardin des mots où je me repose...

" Le jardin, la rose, le rossignol, la musique et la danse, la bien-aimée,
Sont des prétextes ; celui que l'on cherche, c'est Lui.

La vue de ton visage a fait éclore des roses dans mon cœur,
Et tes yeux ont illuminé mes yeux.
Je vois dans l'eau se mirer l'image de ma bien-aimée,
Et dans la rose se trouve le parfum de notre intimité.

Rose

Le vin de l'union illumine éternellement notre nuit.
De ce vin que n'interdit point la religion d'Amour,
Nos lèvres seront humectées jusqu'à l'aube du néant.

Hier soir vint chez moi une idole altière,
À la parole douce, aux lèvres de miel, au charme troublant.
De son visage pareil au soleil, elle m'éveilla,
En disant : « Tu as vu le soleil, lève-toi ! »
Je suis amoureux de l'amour.
Notre corps pétri de terre est la lumière des cieux.
Autrefois, nous étions des enfants, puis nous fûmes maîtres ;
Autrefois, nous étions heureux de voir des visages amis.

Écoute la fin de notre aventure :
Nous sommes devenus pareils aux nuages, pareils au Vent.
Le monde est plein de verdure, de fleurs,
Tout rit de l'éternelle beauté qui se reflète en tout.
Derrière le voile existe tant de beauté ;
là est mon être.
Ô sage ! sais-tu ce que c'est que la nuit ?
C'est l'isolement des amants, loin des indifférents.
Cette nuit surtout, où mon aimée se trouve sous mon toit,
Je suis ivre, la lune est amoureuse et la nuit est folle.
Ton amour a si bien ravagé mon cœur,
que tout ce qui n'est pas lui s'est consumé.
Oubliant la raison, les leçons, les livres,
Il s'est adonné à la poésie, aux odes, aux quatrains.
Nous avons appris à l'aimée à boire le vin,
Nous possédons le feu de l'amour qui brûle l'amour même.
Depuis l'éternité, le temps ne nous a pas vus dormir,
Pendant toutes ces nuits que nous avons changées en jour.
Cette belle a soudain franchi ma porte,
Elle a bu une coupe de vin et s'est assise.
D'avoir vu et saisi sa chevelure onduleuse,
Mon visage devient un regard et mon regard une main.
Si ce n'était pour l'abandonner à ma passion pour toi,
Que ferais-je de mon cœur, pourquoi aurais-je un cœur ?
Ne te soucie pas des accidents que produit sans cesse le monde ;
De tout ce qui advient, rien n'est durable, ne t'en soucie pas,
Considère chaque instant comme une aubaine,
Ne te soucie pas de ce qui est arrivé, ni de ce qui arrivera.
J'étais un homme pieux, tu as fait de moi un chanteur,
Un pilier de cabaret toujours assoiffé de vin.
J'étais assis gravement sur mon tapis de prière,
Tu as fait de moi la risée des enfants du quartier.
Ô toi dont la patrie se trouve dans les cieux ;
Et qui te crois cependant de ce monde terrestre.
Ô ame ! sais-tu qui est ton aimé ?
Ô cœur ! sais-tu qui est ton hôte ?
Ô corps qui cherche partout l'issue pour t'enfuir,
Lui t'attire ; regarde ce qui est à ta recherche !
Ô toi qui tiens éveillé mon sort et ma destinée… ne dors pas !
Ô splendeur du printemps et des roses… ne dors pas !
Ô toi, aux yeux langoureux et cruels… ne dors pas !
Cette nuit est une nuit d'allégresse… ne dors pas !
Notre ivresse ne provient pas du vin vermeil,
Et ce vin n'existe que dans la coupe de mon imagination.
Tu es venu pour répandre mon vin ?
Mais le vin dont je m'enivre est invisible.
Ô mon cœur malade, le temps de la guérison approche.
Respire à pleins poumons, car le moment est arrivé :
Cet aimé qui bouleverse les aimés
Est venu au monde sous une forme humaine.
L'union… voilà les jardins du Paradis.
La séparation… voilà les tourments de l'enfer.
L'amour est éternel, l'univers est son vêtement,
Il met à nu celui qui est vêtu… voilà la clé de l'énigme.
J'ai posé ma tête sur ton seuil,
Et j'ai laissé mon cœur entre tes boucles ravissantes.
Mon âme est venue à mes lèvres, donne-moi les tiennes,
Pour qu'ainsi dans ta bouche, je mette mon âme.
Mon cœur est esclave de tes lèvres de rubis.
Il est ivre de tes yeux enivrés.
Avec les yeux de ton cœur, tu verras un autre monde.
Si tu te tiens à l'écart de l'égoïsme,
Tes actes seront tous entièrement approuvés.
Moi aussi, j'étais sage et dégrisé comme toi,
Je reniais tous les amoureux.
Me voici devenir fou, ivre et libertin,
Et tu prétends que j'ai toujours été ainsi.
Un amoureux doit être toujours ivre et diffamé,
Extravagant, égaré et fou.
Le chagrin nous serrera la gorge quand nous serons dégrisés ;
Mais tant que nous sommes ivres advienne que pourra.
Tranquille est celui qui n'a rien de bon ni de mauvais,
Qui n'a ni les chaînes de la richesse ni celles de la pauvreté !
Qui peut vivre loin des chagrins du monde et du peuple,
Et en qui il n'y a pas la moindre trace d'égoïsme.
Sois juste ; l'amour est une belle chose ;
Tout le mal vient de ta nature perverse.
Tu as donné le nom d'amour à ton désir de jouissance,
Mais de l'amour à la jouissance la distance est grande.
Son cœur est gonflé d'amour et ses yeux gonflés de sommeil,
Vers le matin, la beauté de mon aimée a quelque chose d'étrange.
Il faut être avancé dans le chemin du désir.
Il faut se garder de la souillure du monde,
Soigne bien ta vue, en effet,
L'univers tout entier est Lui, mais il faut avoir les yeux clairs.
Puisque j'ai dans le cœur l'image de celle que jalousent les fées,
Qui peut être heureux dans le monde autant que moi ?
Je jure que je ne peux pas vivre sans bonheur,
J'entends parler du souci, mais je ne sais ce que c'est.
Quand de l'amour divin l'aurore poindra
Des corps vivants l'âme s'envolera.
L'homme atteindra un lieu où à chaque moment,
Sans fatiguer ni ses yeux ni ses mains, il percevra.
J'ai un amour plus pur qu'une eau limpide,
Et le jeu de cet amour pour moi est licite.
Je sens dans l'herbe l'odeur de tes lèvres.
Je vois, dans les jasmins et les tulipes, tes couleurs.
Aux jardins il y a mille belles aux visages lunaires,
Il y a des roses, des violettes qui sentent le musc,
Et cette eau qui tombe à goutte dans le ruisseau,
Tout est prétexte à méditation… il n'y a que Lui… que Lui.

(RUMI - Roubâ'yât)

Pour le plus aimé des hommes (18 lettres d'amour - 2)

" Pour le plus aimé des hommes, pour mon Victor.

Manuscrit_victor_hugo_1 J'étais prévenue que je ne te verrais peut-etre plus de la soirée, et cependant au moment où je t'écris, je me sens aussi triste et découragée que je l'aurais été, t'attendant à coup sûr. Qu'est-ce que cela prouve? Que je t'aime, que je ne compte que sur toi pour vivre, sur ta présence pour être heureuse et que lorsque tu viens à me manquer, je suis sans force et sans patience, je souffre et je pleure.

Cependant, au moment où je t'écris, il me reste un peu d'espoir. Je pense que peut-être tu pourras t'échapper de chez toi et que, dans quelques heures au plus, je t'aurais là, à coté de moi, dans mon lit, sur ma bouche, sur mon coeur... sur... ma foi, devinez!

J'espère aussi que vous aurez eu la probité de m'écrire une bonne et longue lettre pour m'indemniser de l'ennui que j'ai eu et puis encore pour me rembourser celle-ci, qui est un peu gigantesque.

Toute la soirée, je n'ai pensé qu'à toi, toute la soirée, je t'ai aimé, toute la soirée, je t'ai désiré, toute la nuit je vais rêver de toi. Bonsoir, à bientot si tu m'aimes comme je t'aime et...

ici

mille baisers.

Juliette"

Lettre extraite de "Mon grand petit homme..." de Juliette Drouet

Ecoutez aussi une lettre de Victor Hugo à sa Juliette sur Sexo Phonic Radio

18 000 lettres d'amour (1)

Je tourne les pages, et mes doigts brûlent, tout brûle dedans, je sens cet amour qu'elle lui porte, je sens son amour fervent, je sens son amour à lui baiser les pieds, son amour à genoux comme devant une divinité, comme une adoration eternelle...

Livre_en_feu 

Elle lui a écrit deux à trois lettres d'amour par jour, durant près de cinquante ans. L'amour de Juliette Drouet pour Victor Hugo n'a jamais failli un seul jour, une seule nuit.  Incandescent, rougeoyant, ardent, exalté, tumultueux, passionné, l'amour brûle les plus de 800 pages de cette compilation de 1001 lettres selectionnées et rassemblées par Paul Souchon dans ce volume magnifique "Mon grand petit homme...".

"Tes lettres, ma Juliette, c'est mon tresor, mon ecrin, ma richesse! Notre vie est là, déposée jour par jour, pensée par pensée. Tout ce que tu as rêvé est là, tout ce que tu as souffert est là. Ce sont autant de petits miroirs charmants dont chacun reflète un coté de ta belle âme" lui ecrira Victor Hugo.

Alors je reve de faire comme elle, je reve de durer aussi longtemps, je reve de d'écrire à mon amour jour après jour, le pourrais-je, aurais-je les mots, le feu, les visions, la force, la douceur, arrête, il ne faut pas se poser de questions, le mental pousse aux velleités, seuls le coeur et la braise poussent à toutes les audaces...Il suffit de commencer par "Mon cher amour" et toute une forêt de mots s'éclaire avec la lumière du monde et le chant de la nuit...

"Mon grand petit homme..." - Mille et une lettres d'amour à Victor Hugo - Juliette Drouet - L'imaginaire, Gallimard, 1951

"Histoire de ma vie " de Casanova

Voilà une coquille délicieuse à sucer..

Giacomocasanova "Ce fut par hasard qu'une belle huitre que je donnai à Emilie, en approchant la coquille de ses lèvres, tomba au milieu de sa gorge; elle voulait la reprendre, mais je l'ai reclamée de droit, et elle dut céder, se laisser délacer, et me permettre de recueillir avec mes lèvres au fond où elle était tombée.

Elle dut souffrir par là que je la découvrisse entièrement; mais j'ai ramassé l'huitre d'une façon qu'il n'y eut aucune apparence que j'eusse ressenti autre plaisir que celui d'avoir repris, maché et avalé l'huitre.

Quatre ou cinq huitres après, j'ai donné une huitre à Armellina, la tenant sur ma cuisse, et adroitement je l'ai versée sur sa gorge, ce qui fit beaucoup rire Emilie qui dans le fond était fachée qu'Armellina allât exempte d'une épreuve d'intrépidité pareille à celle qu'elle m'avait donnée.Mais j'ai vu Armellina enchantée de l'accident malgré qu'elle ne voulait pa en faire semblant.
- Je veux mon huitre, lui dis-je.
- Prenez-la.

Je lui délace tout le gilet, et l'huitre étant tombée en bas tant que possible, je me plains de devoir l'aller chercher avec ma main.
Grand Dieu! Quel martyre pour un homme amoureux de devoir dissimuler l'excès de son contentement dans un pareil moment!
Armellina ne pouvait m'accuser de rien sous le moindre pretexte, car je ne touchais ses charmants seins, durs comme du marbre, que pour chercher l'huitre.
Après l'avoir prise et avalée, j'ai empoigné un des seins en reclamant l'eau de l'huitre qui l'avait inondé, je me suis emparé du bouton de rose avec mes lèvres avides, en me livrant à toute la volupté que m'inspirait le lait imaginaire que j'ai sucé pour deux ou trois minutes de suite."

Extraits de "Histoire de ma vie " de Casanova, Robert Laffont, 1993

Après cette mise en bouche, allez écouter mes libertinages gastronomique sur Sexo Phonic Radio

A la table des libertins ou l'amour gourmand

J'ai dévoré le livre de Serge Safran qui dans son "Amour gourmand" nous invite à un libertinage gastronomique truculent.

En exhumant des romans libertins du 18 siècle tombés dans l'oubli (Le chevalier de Faublas de Louvet de Couvret, Margot la Ravaudeuse de Fougeret de Montbron, le Diable au corps de Nerciat, Crebillon ...) et en suivant à la trace un certain Casanova et les luxurieux du Marquis de Sade, il nous fait découvrir les moeurs alimentaires de l'époque et nous intoduit dans les salons et les diners où nourriture et luxure faisaient semblent-ils très bon voisinage.

Il nous décrit par le menu les qualités recherchées dans un repas et les jeux libertins de seduction et de copulation qu'un tel menu pouvaient occasionner. Chocolat, café, huîtres, vins, champagne sont les compagnons privilégiés et aphrodisiaques qui facilitent la transition entre la table et le lit.

Ce traité de moeurs gastronomiques et érotiques nous montre donc avec brio que les libertins, (dont le terme a été galvaudé aujourd'hui dans le sens de l'amour à plusieurs) sont avant tout des épicuriens qui aiment la bonne chair en mets, en corps et en esprit, et que leurs moeurs raffinés et débauchés ont eu le mérite de populariser jsuqu'à nos jours les diners romantiques et érotiques, soit  l'art de faire plaisir aux papilles avant d'honorer le corps en entier. A llire donc sans modération, en degustant lentement les pages!

Serge Safran, L'amour gourmand Libertinage gastronomique au 18ème siècle, la Musardine, 2000.

L'amant de Lady Chatterley (1)

Je l'avais perdu. Oublié. Vraiment oublié. J'avais même oublié que je l'avais lu. Et puis, lorsque je l'ai vu dans un rayon en librairie, il y a quelques jours, je l'ai pris sans réflechir. Pris comme on prend un homme. Pulsion de lire, pulsion de dévorer, pulsion d'aimer.

Dans ce geste de prendre, soudain, quelques bribes de souvenirs - des flashs- me sont revenus. Je me souviens de la bibliothèque de mon père, où tout en haut, il y a toute la collection noire de San Antonio avec des photos très suggestives. Je me souviens avoir seulement et très souvent regardé leurs couvertures et les titres - livres jamais touchés, jamais ouverts - avec cette fascination qu'on tous les enfants devant l'interdit et le mystère. Je dois aussi le dire, j'ai éprouvé aussi cette repulsion que l'on peut avoir devant une photographie pornographique. "Quoi, mon père lit ce genre de choses...? Qu'est-ce qu'il y cherche? Qu'est-ce qu'il y trouve?". Je n'ai jamais lu un San Antonio de ma vie, peut-etre par peur de pénétrer l'univers intime et très caché de mon père.

Je pense que c'est sur cette étagère-là que j'ai trouvé le livre de Lady ChatterleyLady_chatterley_2 Celui-là je l'ai pris car sa couverture faisait penser à une histoire d'amour romanesque. Mais je l'ai pris en cachette, j'avais 13 ou 14 ans. Je devais sans doute supputer que ce livre recelait un fruit défendu pouvant procurer d'inombrables délices.

Je ne me souviens que de l'intrigue: une femme, mariée à un homme qui a perdu l'usage de ses jambes - et donc de toutes ses facultés sexuelles - devient la maîtresse d'un garde de chasse, "l'homme des bois" qu'elle rejoint dans la cabane du bois de la propriété de son mari. 

Je me souviens, de très loin, à travers la lecture de ce livre, de mon premier emoi erotique littéraire. Même, peut-etre de mon premier émoi erotique tout court.

Sous les draps, à la lueur de ma petite lampe de chevet, moi en train de rêver les scènes où Constance rejoint Mellors, le garde-chasse dans la petite cabane du bois. Moi, en train de rêver cet homme rustre et sauvage qui revèle le plaisir à Constance. Qui la revèle à elle-même.

Je ne peux me souvenir que de sensations vagues et diffuses dans tout mon corps. Je ne peux me souvenir que de ces odeurs de forêt et de feu de cheminée. C'est déjà beaucoup. Alors, c'est avec ce parfum d'interdit, cette emotion quasi hypnotique, que j'ai ouvert les pages de "L'amant de Lady Chatterley" de D.H. Lawrence...

Des coquelicots...

Tu traverses ma vie

comme un feu de foret

Bougies

En me parlant, tu enfonces un couteau de soleil dans mon coeur, tu le fais éclater comme un bouquet de roses.

Ton coeur brûle à l′interieur de ton silence, comme une bougie à l′interieur d′une lanterne.

Texte extraits de Christian Bobin in "Le Christ aux coquelicots"- Editions Lettres Vives, 2002

Le dico de la pornographie

Pour votre culture générale, je vous signale la parution du "Dictionnaire de la pornographie" qui fait l′objet d′un article récent sur le journal Le monde

"Ni "encyclopédie", ni "simple miroir grossissant d′objets épars", selon Philippe Di Folco ­ - sous la direction duquel l′ouvrage a été élaboré ­ - ce dictionnaire ambitionne d′être une "cartographie de la pornographie" avec un "comité de parrainage" prestigieux (Julia Kristeva, Jean-Luc Nancy, Hélène Cixous, Maurice Godelier, etc.)...Donc voilà un dico qui semble prometteur...

Dicodelapornographie

Le dictionnaire de la pornographie

La vive flamme d'amour

Flamme

ã Photo de Corto Santi

Ô flamme d′amour vive,
qui tendrement me blesses
au centre le plus profond de mon âme,
N′ayant plus de rigueur,
achève si tu veux,
brise la trame de ce rencontre heureux.

Ô cautère suave
ô délicieuse plaie,
ô douce main, ô touche délicate,
qui a goût d′éternité
et toute dette paie,
tuant, la mort en vie tu as changée.

Ô torches de lumière,
dans les splendeurs desquelles
les profondes cavernes du sens
qui était obscur, aveugle,
par d′étranges faveurs,
chaleur et clarté donnent à l′ami.

Que doux et amoureux
tu t′éveilles en mon sein
où toi seul en secret as ton séjour.
Ton souffle savoureux
plein de gloire et de bien,
que délicatement il m′énamoure !
 

Saint-Jean de la Croix - La vive flamme d′amour

Florilège très gay... (4)

Une complicité, un accord s′établissent entre ma bouche et la queue,
Encore invisible dans sons short azur,
De ce pêcheur de dix-huit ans ;

Autour de lui le temps, l′air, le paysage devenaient indécis.
Couché sur le sable, ce que j′en apercevais
Entre les deux branches écartées de ses jambes nues, tremblait.

Le sable gardait la trace de ses pieds,
Mais gardait aussi la trace du paquet trop lourd
D′un sexe ému par la chaleur et le trouble du soir.
Chaque cristau étincelait. ....

comment t′appelles-tu ?
- et toi ?


Depuis cette nuit le voleur aime tendrement l′enfant
Malicieux, léger, Fantasque et vigoureux,
Dont le corps fait frissonner, à son approche,
L′eau, le ciel, les rochers, les maisons, les garçons et les filles.
Et la page sur quoi j′écris.

Ma patience est une médaille à ton revers.

Une poussière d′or flotte autour de lui.
L′éloigne de moi.
Webgaylifehomo


Avec le soleil de votre visage
vous êtes plus ténébreux qu′un gitan.

Ses yeux :
Parmi les chardons, les épines noires,
la robe vaporeuse de l′automne.

Sa queue :
Mes lèvres retroussées sur mes dents.

Le gros orteil de son pied gauche, à l′ongle incarné,
Quelquefois fouille ma narine, quelquefois ma bouche.
Il est énorme mais le pied, puis la jambe y passeraient

Les trésors de cette nuit :
L′Irlande et ses révoltes,
Les rats musqués fuyant dans les landes,
Une arche de lumière,
Le vin remonté de ton estomac,
La noce dans la vallée,
Au pommier en fleur un pendu qui se balance,
Enfin cette région que l′on aborde le cœur dans la gorge,
Dans ta culotte protégée d′une aubépine en fleur.

De toutes parts les pèlerins descendent.
Ils contournent tes hanches où le soleil se couche,
Gravissent avec peine les pentes boisées de tes cuisses
Où même le jour il fait nuit.


....

Par d′herbeuses landes, sous ta ceinture
Débouclée nous arrivons la gorge sèche
L′épaule et les pieds las, auprès de Lui.
Dans son rayonnement le Temps même est voilé
D′un crêpe au dessus duquel le Soleil, la Lune,
Et les étoiles, vos yeux, vos pleurs brillent peut-être.
Le Temps est sombre à son pied.
Rien n′y fleurit que d′étranges fleurs violettes
De ces bulbes rugueux.
A notre cœur portons nos mains jointes
Et les poings sur nos dents.

Qu′est ce t′aimer ?
J′ai peur de voir cette eau couler
Entre mes pauvres doigts.
Je n′ose t′avaler.
Ma bouche encor modèle une vaine colonne.
Légère elle descend dans un brouillard d′automne.
J′arrive dans l′Amour comme on entre dans l′eau.
Les paumes en avant, aveuglé, mes sanglots
Retenus gonflent d′air ta présence en moi même
Où ta présence est lourde, éternelle.
Je t′aime.

Extraits de " Le pecheur du Suquet" dans "Poèmes" de Jean Genet

Photo in Web gay life

Florilège...(3)

C’est l’heure du réveil… Soulève tes paupières…
Au loin la luciole aiguise ses lumières,
Et le blême asphodèle a des souffles d’amour.
La nuit vient : hâte-toi, mon étrange compagne,
Car la lune a verdi le bleu de la montagne,
Car la nuit est à nous comme à d’autres le jour.

Je n’entends, au milieu des forêts taciturnes,
Que le bruit de ta robe et des ailes nocturnes,
Et la fleur d’aconit, aux blancs mornes et froids,
Exhale ses parfums et ses poisons intimes…
Un arbre, traversé du souffle des abîmes,
Tend vers nous ses rameaux, crochus comme des doigts

.

Markus_richter

Le bleu nocturne coule et s’épand… À cette heure,
La joie est plus ardente et l’angoisse est meilleure,
Le souvenir est beau comme un palais détruit…
Des feux follets courront le long de nos vertèbres,
Car l’âme ressuscite au profond des ténèbres,
Et l’on ne redevient soi-même que la nuit.

Extrait des poèmes de Renée Vivien

Photo In le site web Markus Richter

Voir le site web sur Renée Vivien

Ecoutez... C'est divin!

Corto Santi, athmosphères sonores et photographiques

Boudoir Lounge

Ma SexoPhonic Radio

  • boud1a

Amoureux Larcins

  • boudoir2

Albums Photos

Un luxe de plaisir

A voir

Photos et modèles

Liaisons étrangères

Blogs sexe