Petit dictionnaire d'esthétique et Cie #2

Pubis_mendell Légère ouverture: "On sait que c'est. On sexe est. Le pronom on designe le sexe et avait la valeur de en, en ce lieu, en ce l'Yeu, en cet oeil-là. Le sexe se présente sous forme d'yeu ou d'oeil. Ce fut un légère ouverture". J.P. Brisset (La grammaire de Dieu).

Photo: Mendell & Oberer, 1994

Note: Le pubis en forme de croix fut un thème très exploité par les surréalistes autour des années 1930.

Petit dictionnaire d'esthétique et Cie #1

{de ces années là (1929-1934), Bataille, Queneau et les autres - Extraits}

BATAILLE: - " abattage d'humain bétail" (Miche Leiris, Glossaire: j'y serre mes gloses)

COCHON: - Sur ces photographies jaunies datant de 31, ils (Max morise, Raymond Queneau, Sylvia et Georges Bataille) LES regardent. "Il est impossible de s'agiter autrement que comme un porc quand il bafre dans le fumier et dans la boue en arrachant tout avec le groin et que rien e peut arrêter une répugnante voracité" (G. BAtaille, Le jeu Lugubre).

Porc

PORC, PORCHERIE - Vautré dans la boue, le porc est bien evidemment un symbole érotique et la porcherie l'un des hauts-lieux de l'imaginaire et de la rêverie humaine. Le massacre rituel des porcs, tels que les sociétés primitive le connaissent, mêle un double rictus de peur et de plaisir.

Extraits du livre "Georges Bataille et Raymond Queneau pendant les années 30-40" par Jean-Piel.

Du bordel (1)

"Voilà une nouvelle mention du fameux fauteuil d’amour Edouard VII qui était au Chabanais, et dont vous aviez parlé il y a quelques mois. Savez-vous quel livre pourrait me donner plus d’information sur « Le Chabanais » ?"

Pour répondre à Vagant qui a titillé ma curiosité, j'ai fait ma petite enquête.

Bordel Mais avant toute chose, Le chabanais étant "une maison close", je me suis demandée d'où venait cette expression un peu étrange.

Sachons d'abord qu'"une maison close" se nommait "un bourdeau", dérivant de "borda", signifiant "une petite maison, une cabane". Le mot "bordel" est apparu au XIIème siècle, qui devient dans "Le dictionnaire de la langue des troubadours":

Bordel : "lieu de prostitution".

Notons au passage, que dans ce fameux dico, on parle de "Bordelairia" = libertinage et de "Bordelier, bordelière" pour parler d'un(e) libertin(e), un(e) débauché(e). Mais il semble que "le bourdeau" est longtemps prévalu sur "Bordel" jusqu'au XVI siècle.

Après la libération, Marthe Richard (1889-1982), ancienne prostituée et espionne galante repentie, fait campagne pour la fermeture de ces "maisons", suspectées d'être des foyers de la collaboration durant la seconde guerre mondiale. Le 9 avril 1946, l’Assemblée nationale décidait de la fermeture "des maisons" sur l’ensemble du territoire français. À cette loi, l’Histoire a donné un nom : la loi Marthe Richard qui fut surnommée par Antoine Blondin "La veuve qui clôt" (à défaut de la veuve clito! ), d'où découle le nom de "maisons closes".

Photo: source innconnue

La redingote d'Angleterre (3)

Bingo Claire! La Redingote d'Angleterre, confectionnée à partir d’intestins d’agneaux ou de vessies de poisson, est bien l'ancêtre du "preservatif", ou du "Condom" car comme vous le savez peut-être, le preservatif est un invention anglaise, attribuée au Docteur du même nom sous Charles II.

Pour terminer sur ce sujet, je vous livre une anecdote racontée par Casanova dans ses "Mémoires", au sujet d'un "paquet de fines redingotes".

Casanova "Nous passâmes la journée en lecture, à table, à la promenade, en propos gais, équivoques, sérieux, mais sans m'apercevoir que l'amour eût fait autant de progrès que l'épreuve du
matin semblait me le promettre. Elle voulait être le revers de la médaille d'Aristippe, qui disait en parlant de Laïs : Je la possède, mais elle ne me possède pas; elle voulait être maîtresse de moi et ne voulait pas que je fusse maître d'elle. Je me plaignais avec douceur, mais cela n'avançait pas mon affaire.

Deux ou trois jours après, sa sœur étant présente, je lui proposai de me laisser coucher près d'elle. C'est l'expédient qu'on propose à une religieuse, à une veuve, à une fille nubile
qui se refuse à l'amour par la crainte des conséquences ; et cet expédient réussit presque toujours quand celui qui le propose est aimé.

Je tirai de ma poche un paquet de fines redingotes d'Angleterre, et je lui expliquai l'usage qu'on en pouvait faire. Elle les prit, les examina attentivement, et, après en avoir beaucoup ri, elle s'écria qu'elles étaient affreuses, dégoûtantes, scandaleuses; et sa sœur de faire chorus. Je voulus vainement les justifier de ces reproches par le repos qu'elles procuraient;
mais elle soutint qu'elles n'étaient pas sûres, qu'elles pouvaient facilement se déchirer, et, pour mieux m'en convaincre, ayant passé le doigt dans une, elle poussa si fort qu'elle se déchira avec éclat. Force me fut de me rendre en rempochant mes instruments, et elle acheva par me dire que ce moyen lui faisait horreur."

La redingote d'Angleterre (2)

Si vous n'avez toujours pas la réponse à ma petite devinette, voici un nouvel indice à travers la description croustillante de "la maison" de Mme Gourdan:

"Les «maisons» connurent à cette époque une perfection et un luxe inégalés, influencées par les mœurs de la Cour, elles étaient merveilleusement installées. Pidausat de Mairobert, l’auteur présumé de L’Espion Anglais raconte la visite qu’il fit en 1776 au Sérail de Madame Gourdan où ne manquaient ni la piscine, ni la salle de déguisements, ni même le «laboratoire» où un choix de fouets et de verges attendait les amoureux affaiblis. «C’est prodigieux», écrivait l’inspecteur de Police Marais, dans un rapport, combien on use de balais dans les maisons publiques. Il n’y en a pas aujourd’hui où l’on ne trouve pas force poignées de verges toutes prêtes pour donner aux paillards refroidis la cérémonie; et cette passion devient furieusement à la mode.»

La maison de Madame Gourdan avait mieux encore pour réveiller les «natures paresseuses», entre autres certaines pastilles à la Richelieu qui rendaient folles d’amour pendant plusieurs heures les femmes les plus vertueuses. On signale déjà la vente dans ce sérail bien tenu de «redingotes» dites d’Angleterre à l’usage des clients prudents! Dans le salon de Vulcain, se trouvait un siège d’amour plus compliqué et plus ingénieux que celui qu’on pouvait admirer il y a quelques années au Chabanais. Dès qu’une femme s’asseyait dans cet étrange fauteuil, le dossier basculait en arrière et la victime se retrouvait, jambes atta-chées, prête à subir tous prête à subir tous lesoutrages. Plusieurs viols eurent lieu grâce à cet appareil que la Gourdan louait, fort cher à ses meilleurs clients."

La redingote d'Angleterre (1)

La Petite contesse, alias Madame Gourdan, est "une fameuse appareilleuse" et l'une des plus célèbres tenancières de maison de débauche du XVIIIème siècle. Dans sa fameuse correspondance retrouvée dans son secrétaire particulier, on peut y lire la liste de l'attirail sexuel de l'époque, d'un représentant venu lui proposer des objets très curieux:

«J'ai à votre service, madame, des anneaux chinois, des boucles chinoises, des v.. postiches, des godemichés à seringue et à piston, des martinets à clous, à têtes d'épingle, de ficelles, de cordes à boyau et de parchemin, des redingotes d'Angleterre, une eau préservatrice pour les maladies vénériennes, des chandelles arrangées pour donner la diligence de Marseille».

Il y aurait fort à dire sur tous cette panoplie, mais que sont donc ces Redingotes d'Angleterre? A votre avis?

Des plaisirs de la balançoire (2)

Le dictionnaire de l’Académie Française est assez laconique en ce qui concerne "l’escarpolette" : "c’est une "espèce de siège suspendu par des cordes, sur lequel on se place pour être balancé dans l'air. Les jeux de l'escarpolette figurent dans beaucoup de tableaux et d'estampes du XVIIIe siècle.
On dit aussi « Pousser l'escarpolette. Se mettre à l'escarpolette. Le jeu de l'escarpolette.
Fig. et fam.,. Une tête à l'escarpolette. Un étourdi."

Le littré est beaucoup plus précis sur son origine. Le mot viendrait de "Echarpe". "D'après Ménage, l'escarpolette étant une grande écharpe, sur laquelle on s'asseyait. D'Aubigné semble donner à ce mot le sens "d'escarpe".

L’origine italienne "scarpelletta"  confirme le sens : "petite écharpe".

Le dictionnaire de la Conversation explique que l’exercice viendrait d’anciens rites liés à Bacchus que l’on célébrait en se balançant sur une corde attachée à deux arbres. « Dans les fêtes des vendanges,  les latins étaient également dans l'usage de se balancer sur une corde attachée à des pins. »

L’encyclopédie ou le dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers de Diderot et d’Alembert est un peu plus prolixe : l’escarpolette est un « exercice de campagne qui consiste à s’asseoir & à se balancer sur une planchette, attachée par ses extrémités, à deux cordes qui se tendent à deux arbres éloignés d’une distance convenable, & qui la tiennent suspendue en l’air à la hauteur qu’on souhaite. Une ou deux personnes entretiennent la planchette en volée, en poussant les cordes, lorsque la planchette est descendue à son point le plus bas, du côté où elle va remonter. ».

L’escarpolette est bel et bien une gymnastique du désir ; elle est la balançoire des jeux d’adultes galants, non dénués de perversité. Contrairement au jeu de la balançoire qui reste un jeu enfantin et sans conséquences.

Balancoire_miniature_indienne Dans la légende de Krishna, Râdhâ, la jeune bergère, se balance debout sur l'escarpolette. Au rythme d’une musique céleste, les oscillations de la balançoire traduisent l’hypnose érotique et amoureuse que ressentent les amants. Selon Erwin Gradman, "la balançoire est devenue le symbole du ravissement et du désir suprêmes. Dans le culte de Krishna, l'escarpolette est le symbole des extases de l'amour mystique, en même temps que l'accessoire obligé des cérémonies et des fêtes rituelles."

Sachons enfin, que "la balançoire" semble être un terme récent. Furetière parle de "brandilloire" : "Cordes ou autres pareilles choses attachées au plancher qui servent à se brandiller, ou a brandiller quelque chose.
Se balancer: se brandiller. Se faire aller de coté et d'autre sur une brandilloire".

Quel miracle que la langue française ! Voilà encore un terme savoureux : "brandiller", se mouvoir de ci de là, brandiller des jambes, frétiller des cuisses, faire frotti-frotta… On pourrait même dire "se brandiller", pour dire "se branler"… Regarde-moi sur l’escarpolette comme "je me brandille",  ou vient "branler" (faire bouger, agiter) l'objet avec ton "brandon" (torche servant à allumer du feu)...

Katrin Alexandre

Des plaisirs de la balançoire (1)

"Escarpolette"!

Ce mot me turlipine, depuis que je l'ai découvert en regardant hier un tableau de Fragonard. Il sonne léger, frivole, enfantin et donne envie de faire des galipettes dans l'herbe et surtout au pied d'un arbre plein de mousse, dans cette belle lumière d'automne!

Balanoire_lancret_1740

Peinture: La balançoire de Lancret - 1740

Mais avant d'en arriver à ces quelques péchés mignons de saison, revenons à mon "escarpolette". Je l'ai faite balancer dans ma tête, j'ai suivi quelques pistes relatives à son histoire (je vous en parlerais dans un autre post) et je n'ai pas pu m'empecher de la chercher dans quelques extraits littéraires croustillants. Bingo!

La voilà truffée dans les Cent Vingt Journées de Sodome de Sade que je m'empresse de vous révéler.

Voilà la belle Duclos, au chapitre XXXIV qui raconte quelques fantaisies à la tribune de ces messieurs qui l'écoutent avec avidité:

"Trentième journée:

Peu de temps après cette aventure, je fus chez le marquis de Saint-Giraud, dont la fantaisie était de placer une femme nue dans une escarpolette, et de la faire enlever ainsi à une très grande hauteur. A chaque secousse, on lui passe devant le nez; il vous attend, et il faut, à ce moment-là, ou faire un pet, ou recevoir une claque sur le cul. Je le satisfis de mon mieux; j'eus quelques claques, mais je lui fis force pets. Et le paillard, ayant enfin déchargé au bout d'une heure de cette ennuyeuse et fatigante cérémonie, l'escarpolette s'arrêta, et j'eus mon audience de congé."

Charmant non? (Comme quoi Fragonard était un fieffé coquin!)

Katrin Alexandre

Excentricités du langage

A découvrir dans la Bibliothèque Universelle, le dictionnaire "Les excentricités de la langue française en 1860" de Lorédan Larchey(1831-1902) qui a écrit plusieurs ouvrages philologiques et historiques.

Alfred_delvau_2 Les connaisseurs reconnaitront quelques définitions issus du Dictionnaire érotique moderne - encore bien méconnu - de Alfred Delvau, que l'on peut consulter en ligne sur Gallica de la BNF.

Le saviez-vous?

AVANTAGES , AVANT-COEUR , AVANT-SCÈNES : Seins.

-- « N'étouffons-nous pas un petit brin? lui dit-il en mettant la main sur le haut du busc; les avant-coeur sont bien pressés, maman. » -- Balzac. -- « C'est trop petit ici: la société y sera comme les avantages de madame dans son corset. » -- Villemot.

"Eclaire ma lanterne"

Une savoureuse découverte ses capsules sexologiques!

"Saviez-vous que Ie mot" lanterne "signifia dans les textes de poesies medievales les organes genitaux de la femme. L'on utilisa ce mot justement pour exprimer, dans toute sa symbolique, la partie du corps de la femme que l'amant devait chercher, Ie soir, avec l'aide d'une lanteme, parce que celle-ci etait couverte de plusieurs epaisseurs de vetements.

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Saviez-vous que les premiers corsets feminins etaient faits de metal et pouvait peser jusqu'a 20 kilos pour celIe qui Ie portait. Ils apparurent a la periode de la Renaissance et etaient directement inspires des armures des chevaliers. Ce qui prouve que la mode, a cette epoque, fut creee uniquement pour les hommes et que les femmes devaient suivre, malgre elles, Ie " courant".

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Saviez-vous qu'a I'epoque du moyen age, pIusieurs femmes, contrairement a ce que I'on pourrait penser, s'imposaient cette fameuse ceinture de chastete lorsque leurs epoux partirent en voyages pour des terres lointaines. Celles qui portaient cette ceinture ne Ie faisaient pas dans Ie seul but de rester fideles, mais bien de se protegeI' contre les pensees et les actes sexuels des mitres hommes qui I'entouraient.

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Saviez-vous que l'origine du mot enceinte et qui designe la grossesse d'une femme, date du 12eme siecle et vient du latin " incincta ". Le mot enceinte veut dire " ce qui est dos, ceinturer, la au on ne penetre pas et qui est defendu a tout intrus " Dans Ie langage de J'ancien franyais, il etait coutume de dire "...Ies enceintes de la ville, sont si bien fortifiees, qu'i!s sont imprenables pour tout assaillant... ". Evidemment, il etait defendu a la femme et a son epoux, d'avoir des relations sexuelles pendant cette periode? "

Lire d'autres capsules de cette sympathique association médiévale ici

L'amusette

Amusette
1 - Distraction sans importance, passe-temps qu'on ne prend pas au sérieux
2 - Personne frivole (Belgique)

3 - Jeu en attendant la baise ou après l'acte vénérien

Muser: Etre en rut en parlant du cerf

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Finalement, quand on y pense, que de bagatelles avant de faire l'amour, surtout la première fois. On brasse de l'air, on badine, on joue au chat et à la souris, on a le ton mutin et joyeux, on se fait des bêtises, c'est le temps de l'amusette.

Tout en passant du bon temps, les futurs amants ont surtout le museau à l'air, ils respirent la tendance, se fera ou se fera pas, maintenant ou plus tard, dans la braise du moment ou laisser mijoter encore un peu? Pas trop de prise de tête, il faut dans tous les cas faire de ce problème (ou de ce cas de conscience) un divertissement léger.

Schultesart

Photo de Mickael Schultes

Ils peuvent pourquoi pas, s'attaquer à des amuse-gueule ou amuse-bouche, bouchées à la saucisse, saumonade sur canapé, fondue de Saint-Jacques...    Ils peuvent aussi jouer à la muse et au poète, elle alanguie avec un air de courtisane, pleine d'idées et de lumières, lui enthousiasmé, brûlant,  et ténébreux improvisant des vers à l'arrachée.

Les jeux d'enfants vont parfois bien plus loin qu'on le pense. L'amusette, quand elle s'enflamme, ne s'éteint pas aussi vite qu'une allumette. Elle a l'art de mettre en rut d'une manière irréversible les amants d'un soir ou d'une vie, pour le meilleur... ou pour le meilleur...

Allez! On y croit!

Les nymphes du plaisir

Art_genital1 Les photos sur ce blog canadien Genital Art sont une éloge aux nymphes et aux lèvres du bas de la femme (enfin presque car il y a aussi des bouts d'anatomies masculines), ces "petites lèvres de la vulve qui gardent le jardin secret; jeune fille ou jeune femme au corps particulièrement gracieux et sensuel, à l'image des nymphes de la mythologie grecques". (Le dictionnaire érotique, Richard Ramsay, Editions Blanche).

Artgenital3 Moi j'aime bien ce mot "nymphe", j'aime bien dire aussi "mon fourreau", "ma braise", "ma toison", "mes lèvres", "mon antre (entre)", "mon entrecuisse" , "ma source", "mon fruit bien mûr" mais on peut dire aussi:

- poétiquement: alcove, antre des plaisirs, autel de la volupté, bouche de la nuit, calice, carquois, caverne, chambre défendue, chapelle, chemin du paradis, conque, corridor d'amour, delta, écrin, estuaire, figue, fjord, fleur, fontaine des plaisirs, fourreau, fruit, gouffre secret, jardin, joyau, lieu bienheureux, mille-feuilles, nef, nenuphard, nid de sanglots, porte du temple, précipice, puit d'amour, rose, recoin d'eden, robinet de l'âme, salon, sentiers de plaisirs, source, tabernacle, vallée charnelle, vase de la création, verger de Cypris...

Genitalart - et aussi: mon affaire, mon bahut, mon benitier, ma boite à ouvrage, ma boutique, mon cabinet, chatte, chattière, con, conasse, conin, croque-monsieur, ecoutille, ecuelle, fente, minou, minette, motte, moule, panier, pissette, poufiasse, tire-jus, tirelire, trou à pisse, zizette...

Et vous, lequel préférez vous?

Petite Mort

Petit_mort_copie

La flamberge

1 – Longue épée

2 – Pénis - épée

Priape Il y a des hommes qui vont à l’amour comme à la guerre. Plus que d’autres, ils savent qu’ils ont un pouvoir entre les jambes. Ce sont des conquérants ardents, des héros de capes et d’épées, des Don Juan aux engins bien huilés.

Avec eux, pas besoin de jeux de mains ou de bouche pour les faire bander. Un simple bout de sein suffit à les attiser.

Et attention à vos yeux, Mesdames ! Fougueux et ardents, ils ouvrent leur fermeture éclair comme ils tirent l’épée, puis font jaillir leur flamberge en combustion.

Ô Elle est aussi épaisse et longue que la flamme d’une torche, et elle rutile surtout à son bout de mille feux!

Ni une, ni deux, la voilà déjà plantée dans votre bouche, et aussi vite enfoncée dans votre fourreau, si chaude qu’elle pourrait vous brûler.

Mais ce n’est pas l’odeur de grillée qui arrêtera le valeureux. Il accomplit sa tâche tout en moucheté, puis le désir exultant il vous aiguise le ventre jusqu’au tranchant de la jouissance.

Image : Lequeu, Jean Jacques (1757-1826). Le Dieu Priape : [dessin]. . - 1786.  BNF Gallica

Minette en Ut (Gamahucher 2/2)

Gamahucher ou l'autre manière de dire un cunnilingus.

Oh le plaisir coquinement suranné de ce gamahuchage, cette minette en ut de ton gama, chérie. Son le plus bas de la gamme, en ut, je "gamahute", descendre plus bas encore pour te hisser plus haut.

Cunilingus_1

Le cardinal de Richelieu était gamahucheur, la rumeur est prolixe. Le pape lui-même, qu'on en juge, se fit gamahucher :"Trois filles furent demandées. Le pape s'assit sur la figure de l'une, en lui ordonnant de lui gamahucher l'anus ; la seconde suça son vit ; la troisième chatouilla ses couilles", rapporte le Divin Marquis en sa "Justine".

Quel don me fais-tu là, quelle récompense, quel "Hommage dû", pour paraphraser Verlaine :

"Elle est à poils et s'accroupit sur mon visage

Pour se faire gamahucher, car je sage

Hier, et c'est - bonne, elle au-delà du penser!-

Sa royale façon de me récompenser."

Quelle politesse, susurrée à ton con, du bout des lèvres. Baudelaire lui-même s'excusa, de ce mot culminant, un jour qu'en société, il était en retard: "Pardon, je suis en retard, je viens de gamahucher ma mère" écrivent, en date du 11 avril 1863, les frères Goncourt, friands de potins parisiens.

Certes Gamahut, cet assassin, fut guillotiné deux ans plus tard. Que cela ne nous empêche de rejoindre au plus vite "Le théâtre érotique de la rue de la Santé" car le poète Albert Glatiny m'y confia à mots chuchotés que

Ton con suave, ton con rose,

Sous une forêt de poils blonds,

Doux, frisés, parfumés et long,

À l’air d’une lèvre mi-close,

Lèvre excitant les appétits

De ma lèvre très curieuse,

D’où tant de baisers sont partis ;

Une langue mystérieuse

Sort de son con, et vient chercher

La mienne, pour gamahucher.

Désormais, je te gamahucherai, me désolidarisant de mon complice Robert, le petit, lui qui bannit le mot sinon la motte, lui préférant ce latiniste et fort banal cunnilinctus, me renvoyant même, c'est un comble, à une caresse bucco-génitale des plus hygiénique. Non je préfère que l'on se gamahuche.

Texte de Jean B.

L'enfer

Chaque bibliothèque, ou presque, a son enfer personnel.  Il est ce rayon de bibliothèque intime et caché où sont rangés des ouvrages réputés « contraire aux bonnes mœurs », interdits et loin du regard des enfants.

Enfer_bnf_1

Des siècles d’ouvrages classés « licencieux et interdits au public » jusqu’en 1972, hantent les archives de la Bibliothèque Nationale de France

Les pouvoirs publics savaient que des ouvrages licencieux circulaient « sous le manteau », de main à la main, non déclarés par la voie du dépôt légal.  Considérés comme un redoutable poison menaçant de ronger de l'intérieur l'édifice social, de puissantes ligues de moralités se constituèrent pour protéger le faible et le vulnérable contre ces lectures. Les pouvoirs publics de la fin du second empire prescrivirent l'affectation à la Bibliothèque nationale d'un exemplaire au moins des imprimés saisis et poursuivis. Cette pratique, plus qu’une affaire de censure, est une véritable chasse aux sorcières du vice et de la luxure.

En 1913, Guillaume Apollinaire, Fernand Fleuret et Louis Perceau consacraient un ouvrage à cet Enfer, véritable bibliographie critique des ouvrages érotiques, qui remporta un vif succès.

Pascal Pia entreprit de poursuivre ce travail bibliographique considérable dans le gros volume des « Livres de l’enfer de la Bibliothèque nationale » de 1920 et jusqu'en 1978

1730 livres ont été ainsi répertoriés par Guillaume Apollinaire et Pascal Pia. La plupart sont des "curiosas".

« Un livre est nommé " curiosa " lorsqu'il présente un caractère, érotique, léger, grivois voire pornographique. Ce caractère licencieux peut être mis en relief à la fois par le texte ou les illustrations. Nombreux sont les éminents artistes qui s'essayèrent au style soit par leur plume soit par leur coup de crayon."

Pénétrez dans dans l'enfer, ici dans le désordre... et dans l'enfer de cette librairie en ligne, avec des livres de la BNF en téléchargement.

Gamahucher (1/2)

Pratiquer le coït buccal sur une femme ou sur un homme. Terme surtout employé quand il s'agit de pratiquer avec la bouche des préliminaires amoureux sur le sexe de la femme (cunnilingus)

Une petite gamahuche, c'est une petite visite en entrejambe, un entrechat, une bouche pleine de courage qui vient conter fleurette dans le champs de Mademoiselle. La langue polissonne effleure et cajole, gambade, fait des bonds et des cabrioles. Et puis bientôt galvanise. Variations de cadence, les mains toutes en mouvement et en pression des seins, le nez furète dans la toison ou sur un mont de Vénus amarante. Mademoiselle se gonfle et se cambre. A l'heure du baiser de serpent, petite morsure et venin distillé au plus profond d'elle même, Mademoiselle fait toutes ses gammes jusqu'au plaisir strident.

Gamahuchage : action de gamahucher

Gamahucheur: homme qui aime gamahucher et qui en fait un art. Ou amant qui aime déguster  la petite chatte de sa maitresse.

Gamahuchée: femme dont on titille le clitoris avec la langue, dont on suce les lèvres du sexe.

Cunilingus

« Un peu de merde et de fromage

Ne sont pas pour effaroucher

Mon nez, ma bouche, et mon courage

Dans l’amour de gamahucher »

(P. Verlaine)

Appeler une queue... une queue.

J’aime dire « ta queue » parce que j’aime le dire comme ça.

J’aime pas dire « ton pénis, ta verge » (trop biologique), j’aime pas dire « ton sexe » (trop général), j’aime pas dire «  ta bite » (ça rime avec petite),  j’aime pas dire « ton vit, ta pine » (d’abord ça ne se dit plus et j'aurais peur de baiser avec un lapin), ni zezette, quequette, zizi (on peut comprendre pourquoi, je ne joue pas avec les enfants)… 

Taqueue4 En fait, quand je lui parle (et oui je lui parle tout le temps), je dis souvent « elle" : « elle est belle, elle est bonne, elle bande bien, elle est dure… ». C’est bizarre tout de même, je devrais dire « il », non ? C'est le membre viril, le membre secret, ou l'appendice viril, comme on disait dans l'ancien temps. Pourtant, en latin classique, le sexe mâle avait deux mots pour le definir: "la mentula", pour dire qu'il est au repos et "le fascinum" quand il est en erection. Je comprends mieux alors ma fascination pour ce membre qui m'envoûte et m'ensorcelle toujours. Il faut savoir aussi que le penis à l'origine designait la queue du taureau ou du cheval, et puis secondairement une brosse à poils.

Pourquoi, j'aime dire ta queue? A vrai dire, j'en sais trop rien. Peut-etre parce que je brasse des images "de queue entre les jambes", de "queue basse" ou de "queue levée" ou de "queue à reluire", et que "quand on parle du loup, on en voit la queue"? Et que ces expressions ont formé mon imaginaire érotique?

J'aime surtout dire ta queue parce que celui lui ressemble bien. Sauvage, tumultueuse, réactive, pugnace, emportée, endurante, prête à toutes les invitations, toutes les chevauchées, toutes les embardées, toutes les enfoncées, toutes les explorations, tous les voyages, tous les dépassements, tous les basculements, sans garde-fous. Et une queue comme celle-là, moi je vous le dis, merite d'être honorée comme il se doit...

ã Photo de Mademoiselle k

Cyprine, Aphrodite, nymphe, Vénus (2)

Que la langue  et l'image se coquinent dès que le poète et l'artiste s'en accaparent et les aboutent!

Mont_de_venus_1 Aphrodite née de l'onde, comme une nymphe , naïade ou néréide, nymphe déesse et petite lèvre ; Aphrodite Vénus* latine, vénus, mollusque, conque, coquille aux valves épaisses, valve, vulve, replis des lèvres de la Nymphe, comme un éternel retour au creux de la conque d'une Vénus, femme très belle selon l' acception.

" Entre ses jambes/ s'avance le palais de cette étrange bouche pâle et rose/ comme un coquillage marin " écrivait Stéphane Mallarmé, absent
poète du symbole.

" Pour avoir regardé les nymphes, ses yeux sont morts, voilà longtemps.
Leurs vulves ! Te dirais-je leurs vulves ? Oh replis de chair grasse et fine, lèvres longues de plan arrondis, bouche vivante, ailée, mobile. Et leur reflet dans l'eau bleuâtre. " lit-on dans les chansons secrètes de
Billitis, tandis que l'artiste Paul Armand Gette (notre photo, " Le pubis de
la déesse ") s'écrie : " Aphrodite-Marie-Eve, avouez qu'il fallait le faire avec une valve de Pecten sur la vulve. Vous parlez d'un Compostelle, c'est autre chose qu'un Botticelli  ".

Je retiendrai la leçon de Pierre Louÿs : " Ne crayonnez pas de boucles noires sur le pubis des vénus nues. Si l'artiste représente la déesse sans poils, c'est que Vénus se rasait la motte ". Dont acte.

* Vénus n.f. 1674 de Vénus, déesse de la beauté et de l'amour. 1 Femme de
grande beauté. 2. Conque de Vénus, 1803. Zool. Mollusque (Ysomyaires) à la
coquille arrondie dont les valves épaisses présentent des stries rayonnantes
et des stries concentriques. V. praire.

* Nymphe n.f. 1265, lat. d'o.gr. nympha. 1. Mythol. Nom des déesses d'un
rang inférieur, qui hantaient les bois, la mer, les fleuves et les rivières.
V. driades, néréides, naïades, etc. - Représentation plastique d'une nymphe
sous forme d'une jeune femme nue ou demi-nue. -Jeune fille ou jeune femme au
corps gracieux. 2. Anat. Petites lèvres de la vulve.

Ce texte a été écrit par Jean-Mi dont je remercie la contribution.

Cyprine (1)

Cyprine - n.f. Du lat. Cypris ; gr. Kupris, surnom d’Aphrodite.

Sécrétion vaginale, signe physique du désir sexuel de la femme.

Mars et Cyprine, dite  « La dorée », Aphrodite – Vénus née de l’écume, du sang d’Ouranos. Qui vient de l’âme.

Au masculin : le Cyprin est un poisson rouge des aquariums.

Cyprine tinte à mes oreilles comme un prénom de petite fille, amandine, ou de fruit, clémentine, ou d’une fleur avec une couleur violine. Cette petite fille fleur violine serait douce et satine, habillée de plumes de cygnes,  mais son R sent le soufre et l’encens de cyprès brûlé vif sur des charbons ardents, dès qu’on la touche ou la respire.

Plutôt coquine et matutinale, elle a le goût de l’écume des jours, surgie d’un rêve brûlant.

Le jour, souvent, elle a l’eau qui dort au fond d’elle. Son cœur est peau de rose, rempli de miel et d’ambroisie.

La nuit venue, aphrodisiaque, elle fait la joie des dieux armés de leur doigt et leur bouche, vaillants petits tailleurs de jupes, et dessous, de diamants. Son parfum, amer comme son R, devient violent et entêtant, pour des lèvres qui tètent doucement et bravement son petit tabernacle intime sans défenses.

 

Une fois bien prise, Cyprine a la respiration, un rien autoritaire. Noyée dans son flux, elle ne supporte aucune défaillance. Très vite, sa ruche pleine à craquer, déborde d’une rivière d’or. Les dieux vaillants s’y régalent, s’y étouffent ou y meurent de désir. Après avoir bien dégorger, elle se repaît jusqu’à la lie de la bouche irradiée de nectar de son prince vaillant.

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Ses attributs : des coquillages, rappelant sa naissance au sein de la mer ; un ruban au pouvoir magique; un char traîné par des colombes, des pigeons ou des cygnes.

Fruits et fleurs associés : la pomme, la grenade aux nombreux pépins (symbole de fécondité), la rose, le myrte et le pavot.

Elle est vénérée plusparticulièrement à Paphos, dans l'île de Chypre (lieu de sa naissance), à Cythère et à Corinthe (important carrefour commercial) où des prostituées sont attachées à son sanctuaire.

Ecoutez... C'est divin!

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