Miroslav Tichý

Le Centre Pompidou présente pour la première fois en France l'oeuvre photographique de l'artiste tchèque Miroslav Tichý qui révèle un talent singulier, marginal et monomane, aux images inclassables et intemporelles.

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" Ses images, réalisées de manière instinctive ou mécanique avec des appareils bricolés, des optiques approximatives, proposent une vision extraordinaire d'une réalité érotisée et fantasmatique, mi réelle-mi onirique: femmes à la piscine, femmes dans la rue, femmes en intérieur, ou saisies sur des écrans de télévision, constituent son sujet unique et obsessionnel. Les images tirées et agrandies par ses soins sont souvent ensuite retouchées, montées et encadrées sur des matériaux pauvres, journaux, cartons, et parfois ensuite abandonnées plusieurs années dans son atelier. Sous ou sur-exposées, rayées, floues, déchirées, tachées, elles révèlent néanmoins un artiste inclassable, marqué par de fortes influences picturales classiques mais dont la méthode s'apparente parfois à certaines pratiques amateur et de l'art «outsider»."

Voir le site de l'artiste Miroslav Tichy

Exposition au Centre Pompidou, Galerie d'art graphique du 25 juin - 22 septembre 2008

Point G

Non, je ne vous dirais pas comment trouver votre Point G ou celui de votre partenaire! "POINT G" est l'excellent Centre de ressources sur le genre de la Bibliothèque Municipale de Lyon.

Point_g

Le Centre a pour objectif de rassembler un ensemble documentaire ciblé sur les questions d’identité de genre et d’orientation sexuelle. Elle propose un fond "genre et sexualités" dans le but de "préserver une mémoire lesbienne, gay, bi, trans, queer, intersexe…"

Follement_gay Vous pouvez consulter des conférences téléchargeables en ligne, une superbe exposition "Follement gay" et un dossier d'actus sur l'homophobie. Par ailleurs, vous trouverez de nombreuses ressources documentaires ainsi qu'un bibliographie sélective réunissant des livres abordant l’orientation sexuelle, l’homoparentalité et le sida pour la jeunesse.

L'enigmatique figure

Je suis peinée d'apprendre la disparition de Dominique Autié, qui nous a quitté le 27 mai dernier. Auteur, éditeur qui dirigea les éditions Privat puis cofondateur des éditions InTexte, il fut l'infatiguable amoureux passionné fou des mots et des livres, qui lorsque je fis de secrets passages sur son Blog éveilla ma conscience et m'emerveilla par sa plume magistrale et son erudition sensible...

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Je vous invite à suivre le sillon qu'il laisse, par là, pour parler de l'amour des livres (un texte qui fait un echo singulier à mon post d'hier).

L'icône Marie-Antoinette

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"Sans l’irruption de la Révolution dans son fol univers de plaisirs, cette princesse insignifiante aurait tranquillement continué à vivre comme des millions de femmes de tous les temps ; elle aurait dansé, bavardé, aimé, ri, se serait parée, aurait rendu visite et fait l’aumône… »  Stefan Sweig

Fascinante, décriée ou fantasmée, on oublie souvent que Marie-Antoinette, au delà de sa personnalité légère et de l'image de reine écervelée, fut la première mécène du royaume et qu'elle favorisa le développement d’un style que l’on associe aujourd’hui à son nom, en créant un cadre de vie raffiné.

Le Grand Palais le remet au gout du jour et évoque le destin de cette femme, du Trianon à la Guillotine, à travers une scénographie magistrale de Robert Carsen qui croise l'excellence des arts français dans les années 1780, à travers 300 œuvres venues de toute l’Europe.

Le visiteur pénètre alors dans un écrin aux cadres pompeux et fastes de l'Ancien Régime, des intérieurs raffinés et intimes, marqués par l'apparat et une solennité élégante.

Trois tableaux balisent l'exposition: Schönbrun, foyer viennois de la princesse, dans une enfilade de miroirs cernés de rouge imperial, au luxe baroque; Versailles, temple de l'amour aux tentures bleu roi, bercé par les soirées musciales du Trianon et les reveries pastorales; La Conciergerie, antichambre de la guillotine, fin tragique et inévitable après l'affaire du collier et les excès luxueux tant condamnés, représentée par le dessin de Jacques-Louis David, "Marie Antoinette conduite au supplice", quelques instants avant sa décapitation.

Table_a_ecrire_weisveler Parmi les oeuvres exposées, on trouvera les commandes de la Reine de France aux meilleurs ébénistes de l'époque (commode nacrée estampillée Riesener, fauteuils en hêtre sculpté de Jacob, table à écrire dorée de Weiseler...et autres petits meubles raffinés, guéridons, bonheurs du jour, laques et porcelaines) (Voir ici les gouts de Marie-Antoinette).

Bonneuil_lemoyne On pourra aussi découvrir les portraits de la Reine par la très officielle Madame Vigée-Lebrun et de Labille-Guiard Adélaïde, des bustes sculptés de Lemoyne (à qui on doit le plus ancien), et de Boizot . Les heures noires sont illustrées notamment par les gravures de pamphlets. (Voir le livre de Chantal Thomas, "La reine scélérate" sur ce sujet).

Cette exposition nous montre selon Pierre Arrizoli-Clementel, co-commissaire de l'exposition, "le goût d'une reine qui vit à un moment où l'art français est à son sommet". Un âge d'or de l'art français qu'il faut absolument (re) découvrir!

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Exposition aux Galeries nationales du Grand Palais jusqu'au 30 juin 2008

Si vous aimez le style Marie Antoinette, rendez-vous ici dans la Boutique des Musées nationaux

Voir aussi l'exposition en images sur l'Internaute

Photos:

1 - Portrait de la reineMarie-Antoinette dit à la rose de Mme Vigée-Lebrun

2 - Table à écrire de Adam Weisweler (1784)

3 - Buste de Marie Antoinette par Bonneuil-Lemoyne

Pour une éloge de la pudeur

Nouvel_obs_sexualite On parle dans tous les médias, de la fameuse nouvelle "Enquête sur la sexualité en France" de deux sociologues Nathalie Bajos et Michel Bozon. J'ai donc feuilleté le Nouvel Obs de cette semaine qui en fait sa Une. Bon, rien de très nouveau dans la vie très privée des Français et le grand bazar de l'érotisme.

Je retiens juste de ce dossier que la libération sexuelle inaugurée par Mai 1968 est devenue "une injonction" qui condamne à la performance, à la honte de l'impuissance et veut programmer à tout prix la jouissance; je retiens juste que notre société et les médias banalisent et désacralisent le sexe, pour en faire "une simple marchandise, "markettée", chosifiée, adaptée à chaque clientèle".

Bruckner_finkielkraut Et surtout, je retiens la petite comète du discours de Alain Finkielkraut dans ce dossier fourre-tout et tape à l'oeil, qui il y a trente ans, dans son "Nouveau désordre amoureux" (avec Pascal Bruckner) voulut "soustraire l'amour à l'emprise du discours de la libération sexuelle" pour faire du désir amoureux "l'experience d'une sujetion merveilleuse".

En effet, à l'époque, il dénonçait cet impératif à jouir tout aussi coercitif, pour revaloriser le sentiment amoureux et "réintroduire le personnage de l'aimé". Avec Roland Barthes (Fragments d'un discours amoureux), il critiqua cette grande illusion et revendiqua le sentiment comme plus révolutionnaire que le désir sexuel.

J'avais relu ce livre il y a quelque temps et j'avais été éblouie par sa vision encore très actuelle sur la sexualité. Car finalement celle-ci n'était-elle pas - avec la grande épicerie des sextoys, les injonctions des magazines féminins, la machine de guerre médiatique, le grand cinéma pornographique d'Internet etc. - encore l'objet d'un discours plus que normatif et de culpabilisations perverses? Il faut être libéré, avoir son bon godemichet tout rose et surtout son orgasme! Le graal du sexe (et pourtant Dieu sait s'il est un Eden) est devenu une dictature. On propose une sexualité clef en main, du coup elle en devient anxieuse! (Suis-je un bon amant? Est-ce que j'ai bien joui? )

Alors au risque de passer pour rétrograde (et je m'en fiche), je savoure les mots de Finkielkraut qui s'il devait donner une suite à son Desordre amoureux, commencerait pas "une éloge érotique de la pudeur". "Celle-ci n'est pas seulement une contrainte archaique, la trace d'un préjugé bourgeois, je la vois comme un attribut ontologie de la femme". Ah! S'il pouvait l'écrire!

Car  non, le sentiment n'est pas obscène, oui, le sexe est une célébration, oui il faut créer des Autels à la gloire d'Eros dans les chambres d'amour, oui il faut redécouvrir le Merveilleux de l'Amour, sa Transfiguration et son Mystère. Oui, au secret, oui à l'intime, oui à la pudeur! Oui, oui, oui!

Voir L'interwiew de Alain Finkielkraut

L'Enfer des Livres, l'Enfer du sexe à la BNF

L'automne serait-elle la saison d'une plongée en Enfer?

Gloire à la grande Babel, la Bibliothèque Nationale de France d'exhumer de son anathor les flambeaux eternels des livres que l'on vendait "sous le manteau", le petit monde sulfureux des anonymes, des éditeurs clandestins, des couvents, des boudoirs et des bordels!

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Gravures AFP - Bertrand Guay

Dans cette exposition classée X (interdite aux moins de seize ans), "Eros au secret", on découvrira près de 350 ouvrages, gravures et photographies, objets de tous les fantasmes, puisés dans les collections interdites et l'on retrouvera encore et toujours avec ferveur les glaives brulants de Sade, Apollinaire, Louÿs, Jean Genet et Bataille.

Enfer_du_sexe_2Le voyage ne se termine pas à la porte de la BNf. Continuez le avec le Magazine littéraire qui offre ce mois-ci un dossier sur "L'Enfer du sexe" proposant un riche panorama de l'Enfer littéraire de Sade à Houellebecq.

Les voyageurs de la ligne 10 du métro parisien entre les station s Sèvres-Babylone et Mabillon seront des petits chanceux. Ils pourront vivre une "expérience sensorielle particulière" en traversant la station Croix-Rouge, désaffectée depuis la dernière guerre qui sera décorée pour l'occasion d'estampes érotiques, de voiles qui se soulèvent et de néons rouges.

" Tout un quai, éclairé de rouge, sera équipé de voiles noirs transparents découpés en lamelles, qui seront soulevés par le souffle de la rame qui passe. Le voyageur découvrira alors sur les murs dix affiches de 4 m x 3 reproduisant un détail, seulement suggestif, - un profil, une jambe en l'air - d'une estampe coquine du XVIIIe exposée à la Bnf, au cadrage chaque fois légèrement différent pour un effet cinétique.

L'installation, mise en place par l'atelier de création C-Album qui a travaillé sur l'exposition de la Bnf, est conçue pour que le voyageur dans sa rame ressente "une sorte de flash furtif, d'hallucination, pendant un temps très bref de 6 secondes 9 dixièmes", temps moyen de la traversée, a indiqué à l'AFP le graphiste Laurent Ungerer.

Trois grands X roses, le sigle de "Eros au secret" qui illumine tous les soirs une façade de la bibliothèque François-Mitterrand où elle a lieu, rappelleront l'exposition qui elle-même projetera le film du passage de la rame de métro. Dans les wagons de la ligne, à la place des affichettes, seront placardés des mots coquins et inconnus issus d'un dictionnaire érotique du XIXe, comme +allumelle+ (membre viril) ou +macrotin+ (jeune souteneur)." (Source AFP )

Vous voulez encore en savoir plus? En lire plus?

On parle de l'expo dans tous les medias, au choix sur Telerama, l'Express, les Chroniques de la BNF, Libération. Vous pouvez aussi découvrir l'Enfer d'une bibliothèque beaucoup moins connue, celui de la Bibliothèque de Lisieux (ici) et des livres sulfureux à télécharger dans cette librairie en ligne de curiosa.

Et puis pour vous delecter encore, faites un tour dans quelques selections de mon Enfer personnel: C'est quoi, l'Enfer? Catalogue de curiosa, Psychanalyse et fetichisme, Mémoires de Fanny Hill, Et ta bouche en peau de lys, Les onze mille verges, De l'abus des nudités des gorges, Le sonnet du trou du cul, Lettre au divin marquis 1, Lettre au divin marquis 2, Lettre au divin marquis 3...

Tous mes voeux d'Enfer!

Katrin Alexandre

Le Fragonard galant: Escarpolette et billet doux

Ainsi M. de Saint-Julien commanda-t-il à Jean-Honoré Fragonard:« Je désirerais que vous peignissiez Madame sur une escarpolette qu'un évêque mettrait en branle. Vous me placerez de façon, moi, que je sois à portée de voir les jambes de cette belle enfant et mieux même, si vous voulez égayer votre tableau. »

Naquit alors sous le pinceau du peintre Les hasards heureux de l'escarpolette, cette scène frivole et légère d'une jeune fille à la jupe rose retroussée sur une balançoire, laissant suggérer une jarretière que l'amant couché dans l'herbe contemple avec ravissement.

Hasards_heureux_d_lescarpolette

Libertes_xviii_siecle_sollersPhilippe Sollers dans son livre "Liberté du XVIII siècle" que je vous conseille de lire si vous allez voir l'exposition de Fragonard "Les plaisirs d'un siècle" au Musée Jacquemart-André - pour découvir l'intimité de personnages flamboyants et libertins de ce siècle comme "Frago", Sade, Casanova, la Marquise de Merteuil - nous donne quelques éléments croustillants du contexte de "ce jeu préféré":

« On sait par exemple, que Les Hasards heureux de l’escarpolette (tableau refusé par le Louvre en 1859 et désormais à la Wallace Collection de Londres) est une commande qu’un artiste plus soucieux de respectabilité avait refusé d’exécuter. On se retrouve dans une « petite maison » des alentours de Paris, un homme de cour veut fixer son jeu préféré avec sa maîtresse. On est peut-être dans une de ses sociétés libertines secrètes qui ont été nombreuses sous Louis XV, la Société du Moment, l’Ordre de la Félicité. La société du moment. Le moment trouvé. L’instant désiré. A la Chaussée d’Antin, dans l’hôtel de Mlle Guimard que décore Fragonard, il devait s’en préparer des « moments », et il est étonnant de remarquer qu’une des rares anecdotes qui soient parvenues jusqu’à nous concerne ce lieu. »

Retenons aussi du livre l'un des passage sur ce mysterieux Billet doux. C'est totalement exquis de s'imaginer être cette jolie femme "dissimulant son message dans un bouquet de fleurs en forme de cornets à dès".

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« Fragonard : le tableau volé, comme on dit « la lettre volée » ? Voyez Le Billet doux. Depuis le temps qu’elle attend qu’on la considère, cette lettre, portée par ce bel insecte jaune et vert… La cabine du vaisseau spatial dix-huitième arrive jusqu’à nous avec son hublot semblable à une loupe. Les tentures, les rideaux, toute une part de la robe, la table baignent dans une athmosphère d’alcool et de thé. Le papiers frais repose sur le sous-main comme les fesses cachées sous le tabouret. Un chien a été emporté dans la navigation experimentale. Regardez de plus près, voyons : voilà ce que dit l’ensemble. Regarder quoi ? Que l’enveloppe, contre toute logique, porte le nom d’un Monsieur ? C’est déjà troublant, nous pensions qu’il s’agissait d’un billet reçu et non en cours d’expedition. A moins qu’il ne s’agisse d’une interception ? D’une espionne ? Qui sait ? Cette belle rousse, aux yeux dérobés et chauds, doit avoir plus d’un tour dans son sac. Mais non, elle vient d’écrire, elle dissimule son message dans un bouquet de fleurs en forme de cornets à dès, elle va l’emporter contre elle, ce bouquet, jusqu’au moment où elle pourra mettre sa petite lettre à la poste. (…) Elle pourrait chuchoter dans ses fleurs (eglantines ?)… Grand papillon réduit à son écriture aussi precise que les yeux vers vous… Impossible de ne pas avoir l’hallucination suivante : elle était en train de lire, avec son face-à-main, le papier, devant elle, sur lequel rien n’est écrit. Vous arrivez, hop, elle détourne la tête, la lettre est cachetée, et elle ne vous parviendra jamais. Elle est entièrement ce billet, rien d ‘autre. Et c’est vous qui n’êtes pas là, vous êtes exclu de la vue. Dommage : si vous aviez pu surprendre ces phrases, le tableau était à vous."

Pour compléter votre visite durant l'exposition, allez donc faire un tour sur le site web consacré à Sollers et découvrir un de ses anciens livres Les surprises de Fragonard

Katrin Alexandre

Femme nue couchée

La popularité de la toile "L'origine du Monde" de Gustave Courbet avait éclipsé la beauté ensorcelante de cette "Femme nue couchée", comble de l'érotisme.

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Un article dans le journal Le Monde fait le point sur cette toile disparue, qui sera l'une des raretés présentées au Grand Palais lors de la restrospective de l'oeuvre du peintre, à compter du 15 Octobre 2007.

Une section consacrée au nu présentera autour de L'origine du Monde, des toiles comme les Baigneuse en 1853, La Bacchante endormie (1844-45, Fondation UNICEF, Cologne) et La Femme au perroquet (1866, The Metropolitan Museum of Art).

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Les baigneuses - Gustave Courbet

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La femme au perroquet - Gustave Courbet

Peut-être y verrons-nous aussi les sulfureux amours saphiques de cette oeuvre:

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Le sommeil - Gustave Courbet

Plaisir d'offrir, joie de recevoir

J’aime les lettres. Les lettres qui se correspondent et dansent entre les doigts. Les caresses échangées de la Religieuse Portugaise, celles de Héloise et Abelard, celles de Victor Hugo à Juliette Drouet, celles de Apollinaire à Lou. J’aime les lettres  sans bienséances, qui font l’amour sans interdits avec les mots, la plume et le papier. J’aime les lettres aussi vives et palpitantes que des êtres humains que l’on embrasse et étreint comme si c'était la dernière fois. J’aime les lettres épaisseur de la nuit, fragilité de l’aube, ruban de soie.

Je n'aime que l'écriture de l'amour.

Correspondance

Photos in Flickr

Pour goûter à cet art si intime de la correspondance, c'est le temps d'aller bientôt au festival de Manosque qui entre petit-déjeuners, écritoires et apéros littéraires, propose une lecture de Julie Depardieu des lettres amoureuses de la sulfureuse Violette Leduc, et la présentation en exclusivité du fac similé des sublimes Poèmes à Lou de Guillaume Apollinaire.

Du 26 au 30 Septembre 2007.

Frissons audacieux

J'ai le goût des livres rares et anciens, ceux dont on caresse febrilement les pages de peur qu'elles ne se froissent. J'aime y découvrir des mots inconnus, des vestiges d'une géographie perdue, des gravures precieuses, des curiosités littéraires, érotiques, encyclopédiques, poétiques...
Et je loue les éditeurs qui ont l'audace de révéler au grand jour ces petits diamants du repertoire littéraire classique et contemporain.

Frisson_esthetique "Le frisson esthétique" est de ceux-là... Son nom est à lui seul un appel à la beauté des mots et de l'art...

Cet éditeur produit  "des livres rares du répertoire classique et contemporain, dans la recherche d’une autre tonalité, pour retrouver le beau lire des volumes précieux illustrés de vignettes, empreints de la nostalgie des années enchantées… "
 
Frisson_esthetique_revueEt ce n'est pas tout... Pour frissonner encore et encore, il propose sa revue à lire en ligne, "dans l’esprit des bonnes petites revues du XIXe siècle. Le Frisson Esthétique se veut à la fois découvreur des talents littéraires et artistiques, mais aussi recueil donnant à lire, à surprendre, à divertir."

Pour cet été, la revue invite Agnes Desarthe qui évoque délicieusement "son premier frisson" et offre en ligne feuilleton, gourmandises, promenades littéraires, imprimerie gourmantine et autres curiosas...
Un éblouissement divin!

 

Qui a vu le film "Lady Chatterley"?

Lady_chatterley_3 Le récit de D.H. Lawrence a déjà été porté à l'écran à plusieurs reprises. Les deux plus célèbres versions sont L'Amant de Lady Chatterley de Marc Allégret avec Danielle Darrieux et le film érotique réalisé par Just Jaeckin avec Sylvia Kristel en 1981. Cette fois-ci, c'est Pascale Ferran qui adapte l'histoire avec la très belle Marina Hands , l'acteur presque inconnu (et sauvage) Jean-Louis Coulloc'h qui incarne l'Homme des bois et Hippolyte Girardot dans le rôle du mari de Lady Chatterley.

Ce roman de Lady Chatterley a eu une très grande importance dans ma vie, et je ne cesse de le lire et le relire, si bien qu'il est devenu mon livre de chevet. Alors quand j'ai su qu'un nouveau film adaptait le livre, je me suis dépechée d'aller le voir. Avant de vous dire ce que j'en ai pensé, j'aimerais avoir vos avis si vous l'avez vu. Si par contre vous avez lu le livre, (sans voir vu le film) j'aimerais avoir aussi votre sentiment après sa lecture et ce que vous pourriez attendre du film d'un tel livre.

Le café de l'amour

Depuis plus d'un an, le café de l'amour propose des soirées de discussions autour de l'Amour, vues comme "un espace de paroles, un espace d'échanges, pour redessiner la carte du Tendre au coeur de Paris".

Le prochain café aura pour thème:

"Transformer la pulsion sexuelle en emotion et son désir en acte de seduction".

"Selon Philippe Arlin*, l'acte sexuel pourrait être un don d'amour à l'autre, une offrande de plaisir : il n'existe pas de sexualité accomplie sans générosité. Aux prémisses d'une rencontre, nous sommes émus par l'autre, ses phéromones nous atteignent, son corps nous touche ; faire l'amour  consisterait à remercier de l'émotion suscitée et non pas à satisfaire la pulsion générée. Il s'agit de modifier le regard et le langage sur la sexualité, de transcender l'attraction animale, de la transformer en émotion sensuelle, d'identifier le sentiment qui la précède et de rendre ses lettres de noblesse au désir.

Lundi, dans un Atelier/Café original, interactif et un peu osé, nous apprendrons, avec l'alliage de deux matériaux précieux, l'attirance et l'altérité, à forger un outil d'amour et à nous en servir... Nous verrons qu'il est possible de transfigurer la pulsion charnelle et remplacer l'impérieuse nécessité de recevoir par le don du plaisir. Au moyen d'improvisations et d'exercices, nous travaillerons les mots et les attitudes. Philippe Arlin nous enseignera à exprimer à l'autre en retour, avec notre corps et notre sexe, toute l'émotion reçue ; à magnifier le corps désiré, à rendre hommage, avec lui, à notre corps désirant.

Lundi 30 Octobre 2006 de 20 H à 22 H15 au Lounge bar (à l'étage) 1, Place de la Bastille 75004 Paris

En savoir plus sur Le café de l'amour

L'interdiction des sex shops en ville

Sex_shop Baptiste Coulmont, sociologue, maitre de conférence à l’université Paris VIII, dans un Rebond du Journal Liberation d'avant-hier, nous interpelle sur l’interdiction programmée des sex shop en ville.

En effet, la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a adopté un amendement UMP destiné à interdire l’implantation de magasins proposant au public "des publications ou des produits dont la vente aux mineurs est prohibée". Il s’agit bel et bien d’interdire "les sex shops" à "moins de 200 mètres" "des établissements scolaires, les salles de sport, les lieux culturels, les lieux de culte, les maisons des associations…“.

Des députés, comme Bernard Perrut, (promoteur de l'amendement), pensent que des enfants pourraient être «témoins de comportements tendancieux liés aux sex-shops». L’infraction sera punie de “deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende“, précise le texte. Cet amendement devrait être examiné par les députés lors de la session ordinaire d’octobre, à une date encore indéterminée.

Selon Baptiste Coulmont , dont vous pouvez découvrir le travail sociologique sur son très bon Blog , l’ensemble des lieux ainsi “protégés” (lieux culturels, lieux de culte…) rendrait impossible, concrètement, l’installation de tout magasin pornographique ou semi-pornographique en ville (mais pas à la sortie des autoroutes ou dans les zones industrielles).
Il dénonce l'argument : les politiques abandonnent la notion "d'outrage aux bonnes moeurs" au profit de celle de "la protection des mineurs" contre "la sexualité menaçante des adultes", un alibi qui vise tout bonnement à consolider un ordre moral (alors que paradoxalement la pornographie s'affiche à outrance sur le web).

Si déjà la nostalgie vous guette, vous pouvez comme le propose Baptiste Coulmont vous plonger dans le bouquin « Sex Shop Blues » de Ivanka Mikitch, qui livre les mémoires d’une patronne de sex shop et relate ses souvenirs avec les clients, les prostituées et la police. En savoir plus sur le Blog de Baptiste Coulmont...

Et vous qu'en pensez vous? Et que va donc devenir Pigalle?

Photo sur Flick

Extases

J'ai déjà parler ici de mon goût pour les voix mystiques. Je l'affirme et le dit dans un article pour cette très belle revue en ligne de littérature erotique La Vénus Littéraire pour laquelle je me plonge corps et âme dans les écrits de Sainte Thérèse d'Avila, pour une plongée dans les abîmes de l'extase.

" Le rapport complexe entretenu par les mystiques avec la jouissance, à la fois sensuelle et sacrée, recouvre une réalité érotique du sacré que l’église tente d’estomper. Pourtant, joies et souffrances, pour être libératrices, ont toujours nécessité de s’incarner, c’est même l’originalité du christianisme face aux autres religions du livre, puisque la passion du Christ est son incarnation dans une enveloppe charnelle, vivre dans un corps d’homme les expériences des hommes. Katrin Alexandre, à la lumière de ceux des écrits de Sainte Thérèse d’Avila qui l’ont le plus touchée, fait le lien entre jouissance et sainteté.

Il m’a fallu longtemps pour mûrir la figure de Sainte-Thérèse d’Avila, dans la scène d’extase que rapporte Bernin, dans son marbre à la chapelle Cornaro à Rome (1647 – 52). Son caractère sensuel suggéra de nombreuses allusions érotiques et suscita par ailleurs des réserves morales au XVIII siècle. Encore aujourd’hui, le ravissement qui m’a saisi devant cette figure ne cesse de me séduire et m’intriguer, de manière presque obsessionnelle.

Sous une pluie d’or, c’est l’abandon d’un corps terrassé d’extase. Sainte Thérèse d’Avila, les paupières presque closes, la bouche ouverte, vient d’être transpercée d’une flèche. L’ange (souriant), qui se tient debout au-dessus d’elle, vient tout juste de retirer la flèche de son cœur de sa main droite. Il semble plein de gratitude à son égard. Il tente vers elle, avec sa main gauche, un geste d’apaisement. Sainte Thérèse est toute à sa douleur, son visage est tordu, presque convulsé, mais ce transpercement la transfigure. Elle est « aux anges », en grâce. Le désordre de son vêtement monacal, les plis de sa robe prouvent un abandon tumultueux, un élan du cœur passionné. Elle est en proie à sa vision. (...)

Dali

Photo "le phénomène de l'extase" de Salvador Dali

Une telle figure d’extase ne peut que ravir celui qui la regarde, au sens de« être ravi en esprit », « être arraché », « être tiré hors de soi ». Il est ce ravissement du poète, du philosophe ou de l’amoureux. L’âme devant une image, des mots, un paysage, un visage se trouve emportée tout à coup. Elle est « enlevée » sans savoir où elle va.

Je n’ai pas su d’abord où cette figure allait m’emmener. Je ne le sais peut-être pas encore. Il n’y a qu’une sensation (une idée ?) qui me hante : lorsque je la regarde, terrassée devant l’ange, je ne peux m’empêcher de me sentir proche d’elle. Je me dis qu’elle est bien humaine, toute offerte à son amour, à son ange, à son Dieu. Elle est faite de chair, et son extase spirituelle s’incarne dans sa chair.

Lire la suite "Jouissance et sainteté" sur La vénus littéraire

Les textes fondamentaux de l'erotisme - Hors série Le Point

Lepoint Si vous voulez nourrir votre culture erotique, sans trop vous prendre la tête, l’hebdomadaire  www.lepoint.fr  sort un hors-série sur l’érotisme et les textes fondamentaux de la littérature érotique.

Après la pensée en Islam, les grandes religions d’Asie et la psychanalyse, le Point s’intéresse aux écrits polissons.
Toujours selon le même concept, ce neuvième hors-série fait appel à des écrivains contemporains comme Amette, Bourgeron, Goujon pour commenter les textes fondamentaux sur le sujet (ceux de Sade, Apollinaire, Bataille, Ovide…).
140 pages de littérature sexy pour l’été.

Hors-série en vente le 22 juin pour deux mois

5, 50€

Ultra Peau

Je vous invite à découvrir cette exposition que j'ai adoré, un voyage à fleur de peau, plein de douceurs pour les sens

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avec un parcours tres original et multisensoriel

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une scénographie qui immerge le visiteur dans un bain de lumières et de senteurs

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des installations interactives et tres zen

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et des oeuvres de Nicole Tran Ba Yang, véritables odes à la féminité

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Exposition, "Ultra Peau" un voyage sensoriel du 25 avril au 21 juin 2006 au Palais de Tokyo

Succombez aux poupées de Miss Van

Courrez à la Galerie Magda Danyz à Paris où s'exposent les poupées, voluptueuses et colorées de Miss Van qui distillent de plus en plus un érotisme trouble. J'adore cette artiste dont je suis l'oeuvre depuis quelques années.

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Miss Van s'est distinguée dans la rue en couvrant Toulouse de graffitis dans les années 90 et a imposé ses nymphes colorées dans un art urbain traditionnellement masculin. D'enfantines et légères, les poupées ont grandi avec l'artiste, et s'affirment aujourd'hui avec provocation de plus en plus sexy. Elles se donnent à voir pleinement femmes, avec un soupçon d'erotisme qui joue clairement sur l'ambigueté d'une femme enfant ou d'un démon angélique.

Attention, elles sont tellement réalistes qu'elles pourraient bien vous faire un clin d'oeil, auquel j'en suis sure, vous ne pourrez que succomber...

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Miss Van - "Lagrimas de Mariposas"

Vernissage de l'expo le samedi 29 avril2006 de 18h à 21h

Exposition du 29 Avril au 27 Mai

Galerie Magda Danysz
19, rue Emile Durkheim
75013 Paris
tel. : +33 (0)1 45 83 38 51
www.magda-gallery.com

L'amour, comment ca va?

La Maison de la Villette inaugure une nouvelle exposition "L'amour, comment ca va?" qui explore l'évolution des liens amoureux, leurs manifestations et transformations dans nos sociétés contemporaines.

Logo_accv A travers photographies et vidéos, les artistes selectionnés se font témoins, depuis les mouvements sociaux de lutte pour l'égalité entre hommes et femmes, des bouleversements dans les formes du désir, les rôles sociaux, les visions du couple et la conjugalité.

" Relation discrète, l’amour, par sa puissance créatrice, détient le pouvoir de faire vivre ensemble autrement, mais aussi de rechercher ou de construire des sociabilités, des environnements qui font pièce au chacun pour soi. Prescriptions, luttes, mariage, Pacs, célibat, monoparentalité, homoparentalité, homosexualité, famille, groupes, associations, rassemblements, fêtes…sont autant de facettes d’une même question : comment faire advenir, perdurer, circuler l’énergie amoureuse tant dans l’intime que dans le collectif.Ce sont ces mouvements, ces dynamiques que l’exposition tend à montrer."

L'exposition interroge cette alterité qui nous fonde tous, à partir de laquelle se sont organisés les combats sociaux et feministes (contraception, avortement, criminalisation du viol) et les nouvelles formes de l'amour.  Si "la mixité" sociale s'impose à tous et semble faire un statu-quo, il n'empêche que "des mutations complexes redéfinissent les relations, perturbent les équilibres. Le sida fait peur ; les codes de séduction tanguent entre l’audace des passages à l’acte et les timidités ; la filiation ne passe plus seulement par le sang, elle se fait élective ; de nouvelles formes de jouissance apparaissent ainsi que d’autres pratiques érotiques qu’on aime rendre visibles. Les rôles se bousculent, se confrontent, tandis qu’avoir le choix reste primordial : gay, lesbienne, mono, solo, hétéro, trans, queer, etc… Simultanément, la famille demeure souvent un refuge."

Pourtant, l'exposition se veut optimiste. L'amour et le désir restent les forces de transformations primordiales et sont necessaires aux échanges et partages collectifs, pour une vie sociale moins chaotique et inégalitaire.

En ces temps de confusion et de chaos social, cette exposition prouve encore que la force de l'art et de l'amour sont notre salut.

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Avec les œuvres de Jean Tinguely, Valie Export, Agnés Varda , Jean Eustache, Catherine Deudon, Olivier Ducastel et Jacques Martineau, Giorgia Fiorio, Erwin Olaf, Claude Danteny, Robert Mapplethorpe, Flore-Ael Surun, Wim Wenders, Nick Waplington, Jeanne Labrune, Anne testut, Joel Bartoloméo, Mireille Loup, Olivier Coulange, Ouka Leele, Denis Darzacq, Catherine Opie, Philippe Lopparelli, ...Ainsi que des extraits de films documentaires et un ensemble d’interviews.

Maison de la Villette
M° Porte de la Villette
du mercredi au dimanche de 14h à 19h
www.villette.com
Entrée libre

La Glamour Dita Von Teese sur papier glacé...

En ouvrant mon Libé de ce matin, je découvre un bon portrait en dernière page sur la pin-up Dita Von Teese, strip-teaseuse culte du burlesque et fetichisme americain (et de surcroit femme-égérie de Marylin Manson).

Ditafree106

C'est l'occasion de visiter le site web de Dita et d'aller effeuiller un livre qui vient de sortir sur la déesse. Nouvelle Betty Page, belle brune femme fatale au look année 50, elle s'expose dans un livre photo en vamp corset et talon aiguilles, glam ou fétichiste. Elle y révèle aussi sa bio et ses recettes de beauté.

Dita_livre

"Dita Von Teese, l'art du glamour" - Editions Hugo Images

Le mur des "je t'aime"

Parce que c'est la vie, parce que c'est bien de le dire, parce que c'est bien de se l'entendre dire, et puis de l'écrire, de l'écrire en trois mots, en vers, en prose, en poésie, en chansons, avec des images, avec des métaphores, avec des paysages, avec la terre, les écorces des arbres, le feu qui brûle en soi, avec le corps, la peau et les murmures...

Je_taime Faites une ballade en amoureux sur le butte Montmartre et arretez vous près du "Mur des Je t'aime", où se conjugue dans toutes les langues les trois mots magiques...

" Dans un monde marqué par la violence, dominé par l'individualisme, les murs, comme les frontières, ont généralement pour fonction de diviser les hommes, de séparer les peuples, de se protéger de l'autre. LE MUR DES JE T'AIME sera au contraire, un trait d'union entre les hommes, un lieu de réconciliation, un miroir qui renvoie une image de paix."

Voir le site web Le mur des je t'aime

LE MUR DES JE T'AIME est à Paris, sur la butte Montmartre, place des Abbesses, dans le square Jehan Rictus Métro : Abbesses. Accés libre

Ecoutez... C'est divin!

Corto Santi, athmosphères sonores et photographiques

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