Du bordel en peinture (1)

Non, l'art n'est pas chaste!

Vers la moitié du XIX siècle, de nombreux artistes prennent le parti de défendre les bordels, où ils trouvent l’antidote au "bon goût" et où ils peuvent s'exprimer en totale liberté, loin de l'emprise de la morale sur l'art. Malgré elles, les filles de bordels servent de tremplin à la licence graphique des peintres modernes.

Vers 1876, Huysmans dit "que les filles perdues", "ces divines gouges", "ces lamentables pompoirs" meritent toute l'attention car "elles foisonnent dans nos villes et y ont droit de cité aussi bien que les filles honnetes",

Dans "Le peintre de la vie moderne" (Au delà du romantisme, Ecrits sur l'art), Baudelaire pense que l'artiste moderne est en droit de porter un interet pour "ces escalaves qui sont confinées dans ces bouges souvent décorés comme des cafés; malheureuses placées sous la plus avare tutelle, et qui ne possèdent rien en propre, pas meme l'excentrique parure qui sert de condiment à leur beauté".

Bref, le bordel en peinture est un pied de nez aux conventions sociales.

Commençons par les précurseurs:

Rops_demangeaison Felicien Rops est le peintre précurseur de la prostitution moderne.

Dans les "Cent légers croquis pour réjouir les honnêtes gens" commencés en 1878 pour le bibliophile parisien Jules Noilly et qui furent menés en trois ans, jusqu'en 1881, il croque des moments d'intimité des prostituées dans la rue, dans le boudoir, dans le bordel

Voir Les cent légers croquis sans prétention du musée Felicien Rops

Flaner aussi dans l'album photo de Des Sens qui propose notamment un choix hétéroclite de peintures érotiques du XIX siècle.

Daumier1Honoré Daumier (1808 - 1879)

Connu pour ses caricatures, il excelle dans les scènes de moeurs, dont font partie ses lithographies de bordels.

Voir les plus de 4000 lithographies classées par thème, une exposition sur la BNF "Daumier et ses héritiers" et Les amis de Daumier.

Photo 1 - "Démangeaisons" de Felicien Rops

Photo 2 - "Ah! Séductrice, tu frottes la bosse à Mayeux" de Daumier

(A suivre)

Cet amour-là # Chronique 15

Pour Marina Tsvétaïéva dont l’âme, la vie et les écrits pourraient s’inscrire dans la constellation céleste des poètes martyrs russes, seul comptait la quête absolue, conquérante, indomptable de  la flamme de l’amour. Toute sa vie brûla de passions obsessionnelles et d’amours épistolaires qu’elle écrit avec sa voix sauvage et passionnée.

Marina_tsvetaieva L’amour entre femmes ne lui fut pas étranger, en vivant une courte et violente passion avec la poétesse russe  Sophia Parnok, puis une aventure platonique avec l’actrice Sophie Holliday. Mais c’est à la femme de lettre américaine Natalie Clifford Barney, ouvertement lesbienne et qui brilla dans le Tout Paris des années 30, qu’elle s’adresse dans sa « Lettre à l’amazone, mon frère féminin », en réponse aux "Pensées d'une Amazone" (1918) où l’insatiable  et conquérante séductrice (gratifiée de ce surnom d’ « Amazone » par l’élégant Remy de Gourmont, qui succomba à ses charmes hypnotiques) clame sa quête de beauté, de sensualité et de liberté sans entraves morales, dans ses amours saphiques.

A celle-ci qui n’éprouvait aucun besoin de maternité, Marina Tsvétaïéva lui demande simplement de l’écouter. « C’est une blessure droit au cœur que je vous porte, au cœur de Votre cause, de Votre croyance, de Votre corps, de Votre cœur ». Elle lui fait part de cette lacune immense dans son Livre: l’Enfant.

Cette lettre qu’elle écrit à Natalie C. Barney, dont elle se sent « proche comme tout être unique, et surtout comme tout être unique féminin » se déroule comme un conte d’amour, de vie et de mort, dédié à celle qui rencontre « une autre moi, une elle », « celles qui ont l’air le plus âme », à ces amantes éternelles qui n’ont que le présent de leur amour, et pas d’avenir. Car si deux femmes qui s’aiment forment un couple « d’entité parfaite », cette entité est « trop entière », cette « unité trop une ». « Le seul point faillible, le seul point attaquable, la seule brèche », c’est le besoin de l’enfant.

Alors dans le conte, il y a la jeune fille et l’aînée : il y a celle qui craint l’homme, allant vers la femme et voulant l’enfant, qui préfèrera quitter l’Aînée et aller vers l’Ennemi (l’homme), préférant l’enfant à l’amour ; il y a celle – « l’éternelle inféconde », « la race maudite » - qui dans la splendeur de sa maturité et sa vieillesse, « pure par orgueil », mourra seule et ne renoncera jamais à « la splendide noirceur, à la noire et ronde brûlure du feu de joie d’antan ».

Sans jamais mettre d’étiquettes en parlant de saphisme, de tribadisme ou d’homosexualité féminine, Marina fait de « cet amour-là » un amour universel. Cette lettre est un long poème superbe et poignant, où comme dans tous ses écrits, la poétesse rend inséparable l’écriture de sa vie. Car qui mieux que Marina Tsvétaïéva peut parler de la blessure de l’enfant, elle qui perdit sa fille Irina en 1920, morte de malnutrition ? Qui peut mieux qu’elle épouser la Cause de Natalie C. Barney, elle qui puisa toute sa force poétique dans l’adversité et voulut pour l’amour prendre tous les risques jusqu’à  faire ses épousailles avec l’impossible ?

Devant le sortilège de cette œuvre incandescente, jetée dans la tourmente de l'histoire, on ne peut qu’abdiquer à sa volonté forcenée de faire de l’Amour, entre exaltation et ascèse, un état de haute tension poétique. On ne peut rester qu’émerveiller, comme le dira Boris Pasternak de ses écrits, de « ce puits de force et de pureté ».

Marina Tsvétaieva, « Mon frère Féminin – Lettre à l’Amazone ». Le Petit Mercure, Mercure de France. Oct 2007

Cet article a été publié dans le Le Magazine des Livres en kiosque en Janvier 2008 - Par Katrin Alexandre Copyright

Soirée "Boudoir": conseils de séduction

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Saviez-vous que le boudoir était au XVIIIème siècle « la  chambre où l'on se retire pour bouder» ? Une petite pièce ornée avec élégance, à l'usage particulier des dames, et dans laquelle elles se retiraient lorsqu'elles voulaient être seules ou s'entretenir avec des personnes intimes. Mais bien sûr, elles y recevaient aussi leur amant, dans une tenue d’intérieur dite de « négligé » pour partager avec lui son jardin secret…

Sur une proposition de SexyAvenue, voici donc quelques conseils de séduction à l’usage des dames et demoiselles, dans une ambiance « boudoir », inspirés des codes amoureux de cette époque baroque et extravagante.

En ce temps là, les dames ne reçoivent pas dans leur salon, qui est souvent  une salle immense, mais dans leur chambre à coucher, « l’alcôve », qui favorise les discussions intimes. Cette habitude de recevoir chez soi un public choisi et de se distraire de cette façon se nommera "tenir" ou "faire" salon.

Telle la sulfureuse Ninon de Lenclos, à la manière « boudeuse », invitez votre amant à venir dans votre boudoir et "tenez salon". Vous n’avez d’autre but que de vous « délasser » et de passer un bon moment, en jouant avec les mots, les idées et les sens. Pour l’occasion, vous aurez aménager votre chambre de tentures et de rideaux dignes des milles et unes nuits, aux lueurs de chandeliers.

Soire_boudoir_kit_bed_of_roses_2 Vous avez répandu une pluie de pétales de roses parfumées sur le sol, une petite table et votre lit.

Soiree_boudoir_guepier_2 Vous recevez votre invité, allongée voluptueusement sur votre lit, dans une guêpière en dentelle et lacets noirs et rose, cachée sous un deshabillé raffiné, vos jambes sublimées de bas et d'escarpins. Vous lui demandez de s’asseoir à vos pieds et il doit répondre à votre conversation.

C'est vous qui mener le jeu! Vous aurez préparé pour l’occasion un sujet de discussion érotique qui fait débat, des lectures canailles, des poèmes amoureux ou bien des petits jeux d’écriture, butinés dans mon dico érotique ou ma bibliothèque, avec bien sûr de quoi réjouir le palais en boissons et friandises, avec notamment toujours sur SexyAvenue ce coffret de douceurs qui renferment des messages cachés pleins de surprises sensuelles.

Soiree_boudoir_osez_4 Vous pouvez lui proposer quelques jeux de société (cartes, dés, dominos, jeu de l'oie...) inspiré du livre Osez les jeux érotiques.

Soiree_boudoir_masqueEt pour le titiller encore plus, vous pouvez devenir sa lectrice particulière, le faire frissonner avec votre voix sensuelle et des mots trouvés dans la littérature érotique, réveiller ses fantasmes enfouis avec votre plume,  tandis que vous lui bandez les yeux avec ce masque , en dentelle et soie rose et noire. Jusqu'à ce que peut-être, ce soit lui qui vous mette au supplice avec ce bandeau, et vous deshabille avec ses mots, et bien plus...

Puis laissez vous porter dans un tourbillon des sens, où l'imaginaire reste le meilleur aphrodisiaque...

Article sponsorisé

Lectures, onguents et voluptés # Chronique 14

Ce beau coffret de « Nouvelles érotiques » composé de quatre textes inédits proposés par les Editions de l’atelier In8 est d’abord un délice pour les yeux et pour le toucher. On ouvre les quatre livrets aux pages satinées comme on ouvre un écrin ou le cœur d’une pivoine pourpre, excité par le mystère qu’ils comportent.

Coffret_erotique1

C’est délibérément que j’ai choisi de tirer au hasard, les yeux fermés, chaque livret, comme pour m’abandonner totalement aux mains de leurs auteurs. Mes doigts caressent le premier, celui de Claude Chambard, « La rencontre dans l’escalier ». Le hasard fait bien les choses, car dès les premières pages, je me sens comme Hortense, l’après-midi, calée dans « un fauteuil moelleux », dans un grenier entourée de milliers de livres, de tous formats et de toute nature, refuge hors du temps et de l’ennui où elle lit durant des heures. Elle est en haut, tandis que son amour, Clément est en bas, à l’étage, traducteur forcené, qui à force de se noyer dans l’écriture des autres (« des hommes invisibles, lointains ou morts ») en oublie ses propres désirs, se décharne et met en péril son couple. Entre eux, un escalier, comme un fil tenu que tout sépare et tout relie. Un fil tissant les voix de l’un et de l’autre qui se cherchent et s’interrogent sur leur amour. Un lieu où la nuit, une sorte de succube invisible et insatiable veille et se délecte de montrer à Clément le vrai visage de ses pulsions et ses obsessions, allant jusqu’à faire basculer sa vie « dans l’effroi et l’inconséquence ».

Telle Hortense, je rêve. « Je lis, je vis ». Elle lit des livres érotiques chinois. Des histoires où « la flûte » s’invite « dans la petite maison », distillant  de doux « parfums de miel et de jasmin, de lotus, de roses et de prunes ». Elle pourrait aussi lire, en plus de sa propre histoire, les trois autres livres que j’ai dans la main, lovée dans son fauteuil, dans la lumière du grenier, à oublier le temps.

Tous ont en commun l’amour de la langue faite chair et les « bruissements d’étoffes, de peaux, de douceurs ». Toutes leurs héroïnes sont des sentinelles et des initiatrices pour l’homme. Toutes, dans leur singularité, sont le flambeau du verbe. Hortense, avec sa sensualité étourdissante de liseuse, ouvre le chemin à la fascinante Olivia qui roule des mots occitans, en donnant « sa coda » au « chibre » de son amant. Il y a aussi la délicieuse et inquiétante Séraphine qui avec son maître joue du créole, pour rendre plus riche encore l’expression de leurs voluptés. Et puis voilà, celle qui raconte Lord et Sucia, qu’elle travaillent au corps et à l’âme en les mettant dans un bain intarissable de mots et d’obscénités. Toutes n’ont qu’une seule raison d’exister : jouir dans toutes les nuances de la langue.

Telle Hortense, je me laisse prendre par ces livres, ces pages, ces phrases. « J’ai la peau moite et quelques gouttes de sueur coulent sur mon ventre vers ma pivoine blonde . J’ai chaud et j’ai la chair de poule ». Olivia se tient là, dans les pages plus drues de Gérard de Loiès dans « Lettre à sa complice ». Elle revient hanter le narrateur, Pierrot, quinze ans après lui avoir tendu un guet-apens érotique des plus torrides, dans la cabine d’essayage de sa boutique, en plein été. Alors il lui écrit pour lui dire qu’il n’a jamais oublié. « Que reste-t-il de cette nuit ? J’aurai pu être ton homme, ton amant, ton esclave ». Esclave, il l’a été dès le premier regard, lorsque docile, il a laissé Olivia orchestrer de main de maitresse-reine leurs premiers ébats avec deux autre filles dans la fameuse cabine d’essayage. Mais la vraie rencontre se fait ailleurs, sur les bords de la Garonne, quand elle lui apparaît dans sa robe à fleurs, « tes jambes dans la lumière crue de l’été », puis lorsqu’elle lui donne son « corps frissonnant dans l’herbe ». Hortense et moi, nous nous laissons enrouler dans la chaleur tropicale sensuelle qui pénètre le corps du texte, nous savons combien « le vent chaud redoublait de brutalité, les peupliers chantaient des louanges ». Elle attend, elle lit, elle vit ;  je rêve comme Pierrot à une nuit d’amour et d’éclairs…

Hortense encore : « Je ferme les yeux. Je lis les yeux fermés. Je m’enroule dans ma lecture et dans mon désir ». Voilà les pages bruissantes et exotiques de « Séraphine la kimboiseuse » de Jacques Abeille. Séraphine l’antillaise vient  avec « tous les riches parfums du monde qui l’avaient vue naître, goyave et poivre, mangue et piment ». Alors qu’elle doit subir une flagellation (décrite avec une poignante insolence) pour un menu délit, elle est affranchie par le narrateur, un maître de plantation qui décidé d’abolir les châtiments corporels. Envoûté par l’aura et la beauté de la belle métisse rebelle et vindicative, le maître décide de l’héberger chez lui, en décidant qu’il ne cédera sous aucun prétexte à ses provocations sensuelles. Mais ce n’est sans compter sur les pouvoirs occultes et magiques de la belle « kimboiseuse » (« sorcière ») qui décide de s’abandonner à son sauveur, en lui prodiguant des soins « d’une suffocante douceur ». Son indécence naturelle, indifférente aux convenances et à la pudeur ébranle « les nerfs par tous le corps ». Malgré lui, le maître, sous le charme, voit la machine de son corps se dérégler. Pris d’une fièvre étrange, succombera-t-il aux « offrandes obscènes » de Séraphine et à « la senteur fauve, profonde, généreuse et vivace de son corps » ? Connaîtra-t-il les joies brûlantes de l’esclavage ? Sachez que cette lecture offre une cure de jouvence au désir érotique. Le soin, l’onguent des mots étreint et masse la lectrice que je suis presque aussi intensément que pourrait le faire mon amant.

Alors je me dis qu’il y a des lectures comme des voluptés de l’amour. Telle Hortense, dans son grenier, je me dis que la lecture  a aussi le pouvoir de soulager et redonner « des forces, puis des joies, du plaisir, du vrai plaisir, de la jouissance ». Le temps se distend, l’espace disparaît ; chaque page nous pousse à la fois au-dedans et au large de nous même, comme deux corps, qui plongés l’un dans l’autre, ne voient plus rien du monde qui les entoure et en même temps deviennent le cosmos même, étoiles et firmament.

C’est dans ce temps-là, « dans un temps convulsif et un espace démesuré, à la fois ouvert sans limites et très étroitement clos » que nous emmène Alina Reyes dans sa nouvelle inédite « Notre femme ». Sa langue d’emblée nous enfourche violemment l’oeil. Pantelants, elle nous met devant un miroir et nous commande de jouir les yeux ouverts, sans quitter des yeux notre reflet. Il y a Lord, avec qui la narratrice vit à la Villa Lucia, dans une station balnéaire déserte. Il est son homme, il est sa femme. Sa « bouche de méduses » aspire tout et enveloppe tout ; avec ses mots, elle le ventouse, elle ne le quitte pas des yeux, elle en fait son jouet. Elle le baigne de sa langue et de ses obscénités. Elle l’initie aux joies de la carotte et du godemiché vibrant. Elle se paie le luxe même de ramener à la maison – pour elle et pour lui - Sucia, une adolescente qu’elle rencontre à son cours de danse. Elle lui raconte ce qu’elle fait avec elle. Elle le « travaille » avec ses mots, avec Sucia, dans son corps et son âme. Jamais, avec Alina Reyes, la danse du désir ne cesse, même quand on croit qu’elle se termine. C’est un tourbillon qui ramène la vie du néant et de la mort, sa langue est une « jeu de marées insatiables, puissantes, bienheureuses », une ronde incessante et lancinante de mots pour jouir « sans jamais se lâcher des yeux, en se tenant par les yeux, en se transperçant par les yeux, en jouissant de nos yeux ».

Mon petit jeu de « l’aveugle » pour tirer au sort l’ordre de mes lectures m’a comblé mystérieusement, les yeux bien ouverts. J’aime que des livres  me métamorphosent en « liseuse », qu’aucun bruit de porte ne détourne et que seule une bougie consumée témoigne de la longue veille. J’aime que des livres m’enfouissent dans leur lit et m’invitent à un érotisme salvateur. J’aime quand par miracle, un brin de lumière se pose sur ma nuque – me rappelant les mains tendres de mon amant - alors qu’au même moment Hortense oublie le temps en lisant « La folle d’amour ». On oublie souvent de dire que la lecture est en elle-même est une affaire sensuelle, de corps, de désir. Tout, dans ce coffret de nouvelles érotiques, nous invite à faire de chaque lecture un moment propice à l’éveil de nos sens et à s’interroger sur « la chair » de la littérature.

Oui, comme nous commande Alina Reyes, sachons que « notre corps est un temple » et sachons que nous, lecteurs, nous pouvons « jouir de la chair et faire jouir la chair, nue comme venue au monde », nous pouvons jouir entièrement du Verbe ! Cette jouissance n’est pas forcément bruyante et haletante : elle est intime, silencieuse, elle nous isole le plus parfaitement des autres et paradoxalement nous relie à la communauté du monde, puisque potentiellement partagée par tous. Les auteurs de ce coffret érotique écrivent avec la langue de l’amour. L'érotique des mots répond au froissement des peaux, à l'urgence d'aimer. Vous ne pourrez  que lire ces nouvelles avec amour, simplement pour vous dire que vous êtes vivants et ressentir encore une fois l’intensité inouïe de la vie et du désir. Oui, je lis, je vis !

« Je me suis assise dans le fauteuil à oreilles, dans la lumière. J’ai ramassé la Folle d’amour. J’ai lu. J’ai lu. J’ai oublié le temps. Je lis ».

Article paru dans le Le Magazine des Livres en kiosque en Novembre 2007 - Par Katrin Alexandre Copyright

Nouvelles érotiques
Coffret érotique composé de quatre textes inédits

Notre femme, d’Alina reyes
Séraphine la Kimboiseuse, de Jacques Abeille
La rencontre dans l’escalier de Claude Chambard
Lettre à sa complice de Gérard de Loiès
Septembre 2007 aux Editions de l’atelier In8

Petite machine de mots aléatoires

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L E

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J'aime les jeux de lettres et de mots, les graphismes impromptus... J'ai adoré cette petite machine aléatoire by Erik Kastner qui done à mes "délassements dans le boudoir" un genre plutôt rétro...

Du Bordel (2)

Continuons sur le Bordel et surtout sur le célèbre palais du luxe et du vice, Le Chabanais, ouvert en 1878 composé de 35 pensionnaires soigneusement sélectionnées.  Ce temple de Cythère reçût tous les Princes du monde entier, dont le célèbre Edouard VII.

D'abord sur le Web, où j'ai trouvé quelques informations sur Erotissima, où l'on trouve une histoire des maisons closes, on apprend que:

Chabanais1 "Le Chabanais était un Bordel classé trois étoiles où les filles, triées sur le volet, possédaient un certain savoir faire érotique. Langage surveillé, attitude polie, genre bonne famille. Les clients, riches ou célèbres, souvent les deux, très exigeants, y vivaient des fantasmes nécessitant accessoires et mises en scènes. Le champagne coulait à flots. En 1880, l'aménagement de ce paradis artificiel coûta un million sept cent mille francs.
Melle Marthe accueillait avec la plus grande discrétion dans le grand salon du Chabanais, les plus hautes personnalités du début de ce siècle.
Chabanais_baignoire A noter que dans ce palais des voluptés internationales et aristocratiques, Édouard VII, qui n'était encore que le joyeux Prince de Galles, avait sa chambre, avec un lit écussonné et un décor rappelant la campagne des Indes. Il y avait également dans la pièce un étrange fauteuil à étriers métalliques, spécialement conçu et réalisé pour le prince, qui lui permettait sans doute de s'amuser avec deux dames en même temps. Le prince utilisait aussi une baignoire en cuivre ornée d'une figure de proue en forme de sirène; il se plaisait à la remplir de champagne pour y faire boire ses petites amies d'un soir."

Batiweb nous apporte quelques éléments d'ordre architecturel sur le lieu-dit: "La Maison chic, de grande classe : Le Chabanais de Madame Kelly en était le prototype, près de la Bibliothèque nationale, le monde entier y défilait dans un décor de l'univers, et des Mille et une Nuits. Les chambres se nommaient chambre Edouard VII, chambre japonaise, chambre russe, chambre espagnole, chambre arabe. Les salons portaient les noms de Pompéien, Louis XV. Véritable musée et monument historique, cette maison close est devenue lieu de pèlerinage. Nombre de grands de ce monde l'ont fréquentée sûrement sans complexe. Elle a été fermée en 1946."

Nous trouvons dans la Galerie Bonheur du Jour un port-folio de 16 photos, d'après des plaques de verre, des interieurs du Chabanais. Pour aller plus loin, quelques anecdotes parisiennes sur le Lutèce mysterieux.

Sinon, cher Vagant, rien de très concret...Je n'arrive pas à trouver d'où provient cette anecdote du fauteuil d'amour et des bains de champagne (cela me turlu-pine, alors si quelqu'un sait...)

A défaut, quelques pistes à suivre dans quelques bouquins:

- Guide secret de Paris de Leca qui est très au fait des Bas-fonds de Paris et y décrit avec minutie les maisons closes de l'époque - mais le livre est très ancien et quasi introuvable, je crois. (Voir aussi tous les guides du Lutèce mysterieux et du Vieux Paris de l'époque, et des livres sur la prostitution sur Gallica...)

- Il y a aussi certainement des anecdotes croustillantes dans les quatre tomes des "Mémoires" des Frères Goncourt (dont je viens de lire le premier volume - mais pas de traces ici du Chabanais - et je ne m'arreterais pas là...) qui étaient de fieffés libertins et amateurs de bordels, et qui scrutent les moeurs du temps avec cette ironie fin de siècle savoureuse (et que j'adore!) et cette érudition monumentale.

- A défaut, se rabattre sur la La Maison Tellier (maison de seconde catégorie) et l'époque du Chat Noir par Guy de Maupassant

Joli_monde - Sinon, voir aussi le Dossier Prostituées sur Clio, ou lire le dernier bouquin qui vient de sortir sur le sujet "Un joli Monde. Roman de la prostitution" par Daniel Grojnowski et Mireille Dottin-Orsini, Robert Laffont (je ne l'ai pas lu).

Du bordel (1)

"Voilà une nouvelle mention du fameux fauteuil d’amour Edouard VII qui était au Chabanais, et dont vous aviez parlé il y a quelques mois. Savez-vous quel livre pourrait me donner plus d’information sur « Le Chabanais » ?"

Pour répondre à Vagant qui a titillé ma curiosité, j'ai fait ma petite enquête.

Bordel Mais avant toute chose, Le chabanais étant "une maison close", je me suis demandée d'où venait cette expression un peu étrange.

Sachons d'abord qu'"une maison close" se nommait "un bourdeau", dérivant de "borda", signifiant "une petite maison, une cabane". Le mot "bordel" est apparu au XIIème siècle, qui devient dans "Le dictionnaire de la langue des troubadours":

Bordel : "lieu de prostitution".

Notons au passage, que dans ce fameux dico, on parle de "Bordelairia" = libertinage et de "Bordelier, bordelière" pour parler d'un(e) libertin(e), un(e) débauché(e). Mais il semble que "le bourdeau" est longtemps prévalu sur "Bordel" jusqu'au XVI siècle.

Après la libération, Marthe Richard (1889-1982), ancienne prostituée et espionne galante repentie, fait campagne pour la fermeture de ces "maisons", suspectées d'être des foyers de la collaboration durant la seconde guerre mondiale. Le 9 avril 1946, l’Assemblée nationale décidait de la fermeture "des maisons" sur l’ensemble du territoire français. À cette loi, l’Histoire a donné un nom : la loi Marthe Richard qui fut surnommée par Antoine Blondin "La veuve qui clôt" (à défaut de la veuve clito! ), d'où découle le nom de "maisons closes".

Photo: source innconnue

Mots de coucheries et autres polissonneries # Chronique 13

Je n’ai pas pu résister à l’appel de la délicate couverture rose de ce « Nouveau lexique érotique » de Alfred Delvau (1825-1867) réédité par l’Archange Minotaure. C’est une véritable délectation de redécouvrir ce petit chef-d'oeuvre de « mots vilains », qui joint le plaisir des mots aux plaisirs de l’œil, avec les illustrations du dessinateur Otusé, inspirées des estampes érotiques japonaises (les « shunga »), très recherchées à l'époque.

C’est aussi un miracle que ce livre, tiré à trois cents exemplaires, ait survécu alors qu’il fut condamné à la destruction totale par le tribunal correctionnel de la Seine en juin 1865, qui la qualifia de l’ouvrage « le plus froidement immonde qui existe ». Gloire, donc, à Alfred Delvau, ce parisien touche à tout et bohème, infatigable chroniqueur du Paris noctambule, qui revendiqua la mission de sauver du naufrage ces « nombreux mots orphelins qui grouillent dans le ruisseau » et de cataloguer tous les mots pittoresques à la gloire des lupanars parisiens chers à Flaubert et à Maupassant.

En filigrane, ce dictionnaire est un véritable pamphlet contre la censure et l’invitation à un langage libéré des tabous. « Ce qui se parle doit s'écrire, et tout doit se parler - même devant jeunes filles. Les mots ne sont pas ordes, ce sont les pensées qui sont sales ». Il critique avec virulence tous ceux qui « ont frappé de proscription tous les mots virils de notre langue, toutes les expressions bien bâties, qui avaient jadis droit au respect général » au profit des mots propres, de la périphrase et du sous-entendu (colportés par quelques « ecrivassiers » et le mouvement des Précieuses). L’expression de l’amour « ce sentiment de création moderne », à force de masturbation intellectuelle, en a oublier les choses de la fouterie !

Alfred_delvau_dictionnaire

Je ne peux pas m’empêcher de penser que son discours sur la réhabilitation du langage érotique est d’une cuisante modernité : « Où sont nos couilles du temps jadis ? ».Les mots de l’argot érotique ne devraient-ils pas se confondre dans le dictionnaire officiel ? A notre époque, ne sommes-nous pas encore puribonds, et surtout encore si peu outillés en matière de « langue érotique »? Car si certains mots ont franchi les pages de notre Robert national, beaucoup d’efforts restent encore à faire.

Finalement, la prémonition de Alfred Delvau est réalisée : « ce recueil pornographique » fait figure, comme il le souhaitait, de « document pour l’histoire de la langue et celle des mœurs du XIX siècle »(c’est peut-être dommage qu’il en soit seulement ainsi). Mais n’empêche qu’il réjouira sans aucun doute « les gourmets aussi bien que les goinfres, les lettrés aussi bien que les simples curieux » et tous ceux qui sont en mal d’imagination dans les alcôves.

"Nouveau lexique illustré" par Otusé de Alfred Delvau. L'Archange Minotaure, 2007

Cet article est paru dans Le Magazine des Livres en kiosque en Septembre 2007 - Copyright Katrin Alexandre 2007/2008

La redingote d'Angleterre (3)

Bingo Claire! La Redingote d'Angleterre, confectionnée à partir d’intestins d’agneaux ou de vessies de poisson, est bien l'ancêtre du "preservatif", ou du "Condom" car comme vous le savez peut-être, le preservatif est un invention anglaise, attribuée au Docteur du même nom sous Charles II.

Pour terminer sur ce sujet, je vous livre une anecdote racontée par Casanova dans ses "Mémoires", au sujet d'un "paquet de fines redingotes".

Casanova "Nous passâmes la journée en lecture, à table, à la promenade, en propos gais, équivoques, sérieux, mais sans m'apercevoir que l'amour eût fait autant de progrès que l'épreuve du
matin semblait me le promettre. Elle voulait être le revers de la médaille d'Aristippe, qui disait en parlant de Laïs : Je la possède, mais elle ne me possède pas; elle voulait être maîtresse de moi et ne voulait pas que je fusse maître d'elle. Je me plaignais avec douceur, mais cela n'avançait pas mon affaire.

Deux ou trois jours après, sa sœur étant présente, je lui proposai de me laisser coucher près d'elle. C'est l'expédient qu'on propose à une religieuse, à une veuve, à une fille nubile
qui se refuse à l'amour par la crainte des conséquences ; et cet expédient réussit presque toujours quand celui qui le propose est aimé.

Je tirai de ma poche un paquet de fines redingotes d'Angleterre, et je lui expliquai l'usage qu'on en pouvait faire. Elle les prit, les examina attentivement, et, après en avoir beaucoup ri, elle s'écria qu'elles étaient affreuses, dégoûtantes, scandaleuses; et sa sœur de faire chorus. Je voulus vainement les justifier de ces reproches par le repos qu'elles procuraient;
mais elle soutint qu'elles n'étaient pas sûres, qu'elles pouvaient facilement se déchirer, et, pour mieux m'en convaincre, ayant passé le doigt dans une, elle poussa si fort qu'elle se déchira avec éclat. Force me fut de me rendre en rempochant mes instruments, et elle acheva par me dire que ce moyen lui faisait horreur."

La redingote d'Angleterre (2)

Si vous n'avez toujours pas la réponse à ma petite devinette, voici un nouvel indice à travers la description croustillante de "la maison" de Mme Gourdan:

"Les «maisons» connurent à cette époque une perfection et un luxe inégalés, influencées par les mœurs de la Cour, elles étaient merveilleusement installées. Pidausat de Mairobert, l’auteur présumé de L’Espion Anglais raconte la visite qu’il fit en 1776 au Sérail de Madame Gourdan où ne manquaient ni la piscine, ni la salle de déguisements, ni même le «laboratoire» où un choix de fouets et de verges attendait les amoureux affaiblis. «C’est prodigieux», écrivait l’inspecteur de Police Marais, dans un rapport, combien on use de balais dans les maisons publiques. Il n’y en a pas aujourd’hui où l’on ne trouve pas force poignées de verges toutes prêtes pour donner aux paillards refroidis la cérémonie; et cette passion devient furieusement à la mode.»

La maison de Madame Gourdan avait mieux encore pour réveiller les «natures paresseuses», entre autres certaines pastilles à la Richelieu qui rendaient folles d’amour pendant plusieurs heures les femmes les plus vertueuses. On signale déjà la vente dans ce sérail bien tenu de «redingotes» dites d’Angleterre à l’usage des clients prudents! Dans le salon de Vulcain, se trouvait un siège d’amour plus compliqué et plus ingénieux que celui qu’on pouvait admirer il y a quelques années au Chabanais. Dès qu’une femme s’asseyait dans cet étrange fauteuil, le dossier basculait en arrière et la victime se retrouvait, jambes atta-chées, prête à subir tous prête à subir tous lesoutrages. Plusieurs viols eurent lieu grâce à cet appareil que la Gourdan louait, fort cher à ses meilleurs clients."

La redingote d'Angleterre (1)

La Petite contesse, alias Madame Gourdan, est "une fameuse appareilleuse" et l'une des plus célèbres tenancières de maison de débauche du XVIIIème siècle. Dans sa fameuse correspondance retrouvée dans son secrétaire particulier, on peut y lire la liste de l'attirail sexuel de l'époque, d'un représentant venu lui proposer des objets très curieux:

«J'ai à votre service, madame, des anneaux chinois, des boucles chinoises, des v.. postiches, des godemichés à seringue et à piston, des martinets à clous, à têtes d'épingle, de ficelles, de cordes à boyau et de parchemin, des redingotes d'Angleterre, une eau préservatrice pour les maladies vénériennes, des chandelles arrangées pour donner la diligence de Marseille».

Il y aurait fort à dire sur tous cette panoplie, mais que sont donc ces Redingotes d'Angleterre? A votre avis?

Catalogue Erotica

Erotica1_2Le Centre d'études du XIX siècle propose en ligne le catalogue Erotica dont fit don  Maître Harry Sutherland, un avocat et grand collectionneur de livres, surtout de livres historiques. On y trouve le catalogue en lui-même qui est riche d'ouvrages connus (Sade, Mirabeau, Apolinaire, Crebillon...) et méconnus et au titres savoureux tels que:

Le brelan de joie; 300 histoires égrillardes pour corser le pot-au-feu conjugal; Le compartiment des dames seules: nouvelles histoires de femmes; La belle polissonne ou le délicieux écart; Le sac à malices; Bijou-de-ceinture ou le jeune homme qui porte robe, se poudre et se farde; Métaphysique du Strip-Tease; La puce indiscrète...

Erotica2_4 Il y a aussi une note interessante sur l'origine et l'état de la collection et des petites vignettes telles que je les aime...

L'icône Marie-Antoinette

Marie_antoinette1

"Sans l’irruption de la Révolution dans son fol univers de plaisirs, cette princesse insignifiante aurait tranquillement continué à vivre comme des millions de femmes de tous les temps ; elle aurait dansé, bavardé, aimé, ri, se serait parée, aurait rendu visite et fait l’aumône… »  Stefan Sweig

Fascinante, décriée ou fantasmée, on oublie souvent que Marie-Antoinette, au delà de sa personnalité légère et de l'image de reine écervelée, fut la première mécène du royaume et qu'elle favorisa le développement d’un style que l’on associe aujourd’hui à son nom, en créant un cadre de vie raffiné.

Le Grand Palais le remet au gout du jour et évoque le destin de cette femme, du Trianon à la Guillotine, à travers une scénographie magistrale de Robert Carsen qui croise l'excellence des arts français dans les années 1780, à travers 300 œuvres venues de toute l’Europe.

Le visiteur pénètre alors dans un écrin aux cadres pompeux et fastes de l'Ancien Régime, des intérieurs raffinés et intimes, marqués par l'apparat et une solennité élégante.

Trois tableaux balisent l'exposition: Schönbrun, foyer viennois de la princesse, dans une enfilade de miroirs cernés de rouge imperial, au luxe baroque; Versailles, temple de l'amour aux tentures bleu roi, bercé par les soirées musciales du Trianon et les reveries pastorales; La Conciergerie, antichambre de la guillotine, fin tragique et inévitable après l'affaire du collier et les excès luxueux tant condamnés, représentée par le dessin de Jacques-Louis David, "Marie Antoinette conduite au supplice", quelques instants avant sa décapitation.

Table_a_ecrire_weisveler Parmi les oeuvres exposées, on trouvera les commandes de la Reine de France aux meilleurs ébénistes de l'époque (commode nacrée estampillée Riesener, fauteuils en hêtre sculpté de Jacob, table à écrire dorée de Weiseler...et autres petits meubles raffinés, guéridons, bonheurs du jour, laques et porcelaines) (Voir ici les gouts de Marie-Antoinette).

Bonneuil_lemoyne On pourra aussi découvrir les portraits de la Reine par la très officielle Madame Vigée-Lebrun et de Labille-Guiard Adélaïde, des bustes sculptés de Lemoyne (à qui on doit le plus ancien), et de Boizot . Les heures noires sont illustrées notamment par les gravures de pamphlets. (Voir le livre de Chantal Thomas, "La reine scélérate" sur ce sujet).

Cette exposition nous montre selon Pierre Arrizoli-Clementel, co-commissaire de l'exposition, "le goût d'une reine qui vit à un moment où l'art français est à son sommet". Un âge d'or de l'art français qu'il faut absolument (re) découvrir!

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Exposition aux Galeries nationales du Grand Palais jusqu'au 30 juin 2008

Si vous aimez le style Marie Antoinette, rendez-vous ici dans la Boutique des Musées nationaux

Voir aussi l'exposition en images sur l'Internaute

Photos:

1 - Portrait de la reineMarie-Antoinette dit à la rose de Mme Vigée-Lebrun

2 - Table à écrire de Adam Weisweler (1784)

3 - Buste de Marie Antoinette par Bonneuil-Lemoyne

Jeux de masques... et de cochon

Univers extravagants de David M. Bowers, qui officie en Maître baroque étrange et contemporain...

Découvrez ces scènes de genre dans un esprit Renaissance, revisitées à la manière symboliste et surréaliste...

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Suburban Taboo

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Artificial love

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Bird of a feather

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The pig Walker

Etes vous Agent secret ou Billets Luxurieux?

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Il existe de nombreux jeux de société érotiques sur le marché des sex-shops en ligne. J’ai déjà dans mes tiroirs secrets les plus connus : « Kama Sutra » et « Fantasms ».

J’ai donc voulu voir, suite à une proposition de Sexy Avenue,

leader sur le Web en matière de services et de produits sexy, branchés et ludiques, leurs dernières trouvailles en matière de jeux érotiques.

Ayant un faible pour les jolies boites de Pandore, j’ai craqué pour les coffrets « Agent Secret » et « Cœur érotique ». Si vous êtes prêt à relever des défis érotiques, ils sont pour vous !

J’adore cette nouvelle marque « Bijoux Indiscrets » qui propose des coffrets raffinés, dans un écrin luxueux. Parmi eux, le coffret « Agent secret » est un must de sophistication qui plongera les amants dans une expérience sensuelle, en combinant défis érotiques et surprises à  fleur de peau.

Après avoir noter un de vos fantasmes sur une carte scellée par un verrou à code, votre partenaire devra vous titiller pour que vous lui confiez votre code et découvrir votre fantasme secret. Ses armes : un plumeau de caresse, deux rubans satinés, un masque, un anneau vibrant stimulateur de clitoris… Voilà de quoi passer des moments riches en émotions !

Le coffret « Cœur érotique » est pour les amateurs de billets doux et torrides.

Composé de 100 petits rouleaux de papiers dans une boite en forme de cœur, il vous suffit par exemple lors d’un repas très romantique, de proposer à votre amant(e) de tirer au sort, à tour de rôle, à l’aide d’une pincette un petit papier sur lequel est écrit un gage… Vous devrez alors jouer la carte de l’audace, en racontant des anecdotes érotiques, en vous livrant à des confessions ou des exhibitions, en succombant à un baiser ou une caresse… Certaines actions devront se faire sur le champs, d’autres demanderont une certaine préparation.

Ces petits billets contribueront à créer une atmosphère complice propice à l’union des corps à cœur ! Et pas seulement que pour un repas : vous pouvez emportez l’écrin partout avec vous, en week-end, au restaurant, et pourquoi pas, glisser un petit papier dans son sac, sur l’oreiller ou dans la salle de bain, à des moments que vous aurez choisi…

Je vous souhaite mille et une nuits brûlantes et sulfureuses!

 

Le magazine des Livres N°9 est en kiosque

Mag_mars_2008 Je vous invite à vous ruer sur Le Magazine des Livres  N°9 en kiosque cette semaine, qui propose entre autre un entretien avec Philippe Sollers et  une enquête sur les agents littéraires.

Dans le "Cahier des Livres", rubrique érotisme, j'y chronique:

"Le bandeau" de Jean – François Mopin

"De la fellation comme idéal dans le rapport amoureux" de Gerard Lenne

"La couleur des draps" de Jeanne d’Asturie / "Carnet d’une invertie" de  Nicole Autrain.

Bonne lecture!

La religion du plaisir # Chronique 12

Ma_reddition Entre-t-on en sodomie, comme on rentre en religion? Oui, quand on lit le témoignage de Toni Bentley dans « Ma reddition » que réédite La musardine, après sa publication en France qui fit grand bruit l’année dernière et celle qui s'est vendue à 120 000 exemplaires aux Etats-Unis.

Dans ce récit autobiographique, Toni Bentley, ancienne danseuse étoile du New York City Ballet de George Balanchine,  écrit une longue lettre d'amour à son A-man, qui lui révéla 298 fois l'extase mystique en la pénétrant religieusement par derrière. Alors, en un long monologue, elle se livre toute entière. Elle raconte son père, qui en lui écrasant une banane sur le visage l’humilie au point qu’elle n’aura plus qu’une quête : retrouver sa dignité perdue qui paradoxalement se résoudra par le désir « d’un acte volontaire de sanction disciplinaire » et « l’acte ultime d’humiliation : la pénétration anale ». Elle raconte la danse, ses dix ans de mariage, puis son émancipation à travers de multiples expériences sexuelles, ce « besoin de baise…et peut-être d’une gentille petite fessée pour soulager sa colère."

Puis voilà A-man, à qui elle offre « son tutu ». C’est toujours le même rituel : il lui téléphone avant d’arriver, elle prépare son cul, elle le lui offre puis il s’en va. Ce n’est qu’après qu’elle écrit. Elle décrit dans le menu détail ce rituel qui va devenir un rituel extatique à l’image de ceux que vivent les saintes et les adeptes d’expériences spirituelles, aux confins des limites du moi. "Lors de ce voyage initiatique, sa queue au fond de mes entrailles a été un miracle émotionnel et anatomique: l'impossible était advenu dans mon cul. Dieu avait à présent toute mon attention."

C’est donc toute la pratique sodomique qu’elle remet en question – non, ce n’est pas sale, vulgaire, irrespectueux, etc. C’est une manière comme une autre d’accéder à l’Amour, c’est une totale offrande d’amour. Malgré la limite de son contrat érotique – à découvrir - son récit ouvre avec ferveur la porte (secrète et profonde) d’un nouveau temple du plaisir (encore bien méconnu et ô combien controversé) où l’apprentissage ne peut qu’y être initiatique et la jouissance sauvage et divine.
Un livre à lire pour absoudre tous vos pêchés !

Ma Reddition: une confession érotique  de Toni Bentley
Editions LA MUSARDINE, Collection lectures amoureuses, 2007

Cet article est paru dans Le Magazine des Livres en kiosque en Septembre 2007, par Katrin Alexandre Copyright

Cyberlibris : un bouquet de livres numériques

Cyberlibris J'ai découvert l'offre de Cyberlibris qui m'a tentée, en proposant un bouquet de livres numériques payants... Pour 1,49 euro par mois, j'ai accès à la collection "Vie de couple" qui offre 32 livres parus recemment, à consulter librement et de manière illimitée en ligne, via un logiciel à télécharger (seul "hic", on ne peut pas télécharger le livre, mais on peut faire du copier/coller ou l'imprimer).

Vous trouverez de tout, surtout des livres de sexologie et de conseils sur la vie de couple et la sexualité. Et si vous le souhaitez, vous pouvez bien sur vous aventurer dans d'autres collections, telles que "Arts et lettres", "Cuisine de tous les jours", "Histoire", "Société et sociologie", "Religions et spiritualités", "Bien être et developpement personnel" etc.

Parmi les plus alléchants, il y a les délicieux textes des éditions de l'Archange Minotaure (que j'adore!) (voir aussi le blog de l'éditeur ici) et que je me suis empressée de dévorer: Le Kama-Sutra de Sadhu Sablok, La cuisine érotique de Tante Thyne enseignée aux filles et le fameux Godemichet de la gloire de Théophile Gautier.

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Pour vous mettre l'eau à la bouche, voici un petit extrait du "Godemichet de la Gloire" de ce coquin de Theophile Gautier.

"Solitude"

Je bande trop. De ma culotte
Je sors mon vit qui décalotte
Son champignon.
Être à midi, seul dans sa chambre,
En tête à tête avec son membre,
C'est du guignon!
Mon jacquemart me bat le ventre;
Dans quelque chose il faut que j'entre,
Cul, bouche ou con.
Mais je ne vois pas ma voisine
Lançant son oeillade assassine
De son balcon.
En vain Coco dresse sa huppe:
Dans la maison pas une jupe,
Pas un bonnet.
La pine au poing, pose équivoque,
À défaut de con, je t'invoque,
Veuve Poignet.

Délires d'une femme amoureuse # Chronique 11

Constance_de_salmA l’origine, il y a une image obsédante : une femme voit son amant, qu’elle veut épouser, disparaître dans la calèche d’une autre femme, belle et coquette, au sortir de l’opéra. Que penser de cette scène pétrifiante, fulgurante ? Est-il en train de la trahir sous ses yeux ? Va-t-il lui donner un signe ?

L’héroïne de « Vingt-quatre heures d’une femme sensible » de l’auteure méconnue Constance de Salm (1767-1845), va donc tenter de calmer les émotions qui l’assaillent, en écrivant 44 missives très amoureuses – mais somme toute assez peu érotiques, ce qui n’enlève rien à notre propos - en vingt-quatre heures de fièvres et de désespoir.

En revisitant la tradition du roman épistolaire du XVIIIe siècle, sous la forme de la contrainte temporelle des vingt-quatre heures, Constance de Salm donne un rythme haletant au texte, où l’expression de l’amour passe par mille sentiments et mille excès, du doute à la rage, de la jalousie à la passion, de la résignation au pardon.

Mais loin de proposer une simple intrigue sentimentale, Constance de Salm va à l’encontre des convenances de l’époque, qui conditionnent encore la femme sous la coupe de l’homme et qui voient d’un mauvais œil ses femmes libres aux « bas-bleus » qui revendiquent le droit à la littérature. Claude Shopp, à qui on doit l’édition présente, lui donne dans sa postface un portrait élogieux : elle défendit ardemment la cause féminine et tint un brillant salon littéraire, où se côtoyèrent Alexandre Dumas, Paul-Louis Courrier, Stendhal et Houdon. En peignant « une foule de sensations que l’amant le plus tendre peut à peine comprendre » et qui « lui semblent une sorte de délire », elle veut inciter les femmes à penser leur liberté. Elle démasque les mécanismes aliénants de l’amour, qui « d’un caprice, une fantaisie, une surprise du coeur, peut-être des sens » peut égarer les femmes de leur chemin et les faire dériver vers un malheur et « une crise terrible ».

En ouvrant ce « petit livre charmant », nous allons donc à la découverte d’un cœur vibrant et palpitant, un rubis délicat qui exprime dans ses mille facettes la fine fleur de l’âme. C’est dans l’émotion pure que la plume frémissante mène le lecteur vers une fin qui devrait réjouir les âmes romanesques.

Vingt-Quatre heures d'une femme sensible de Constance de Salm. Phoebus, 2007.

Cet article est paru dans Le Magazine des Livres en kiosque en Septembre 2007, par Katrin Alexandre Copyright

Le Podcast Video Licencieux de Dark Planneur

Clin d'oeil à Dark Planneur, le super specialiste de la comm et du buzz marketing qui a ouvert sur son blog stratégique son Cabinet des Curiosités.

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Ambitieux, gourmand et hétéroclite, son Show propose de faire découvrir des Personnalités, et les Lieux les plus Incorrects du moment. "Plus qu'un énième concept d'interview podcast, Le Cabinet des Curiosités se veut une histoire toujours licencieuse, une invitation aux plaisirs de l'esprit, à la découverte des interdits contemporains."

Au programme déjà en ligne: Coralie Trinh Thi, Pornstar Culte et auteur du transgressif "La Voie Humide", une petite ballade dans l'exposition de L'enfer de la BNF, une rencontre avec François Angelier (le créateur et animateur de l'émission culte "Mauvais Genre") et pour le N°4 une invitée de marque, Maia Mazaurette, la célèbre blogueuse de sexactu et auteur de son tout chaud tout brûlant " La Revanche du Clitoris", qui par ailleurs lance sur son blog un appel à témoignages autour du pénis sur Encyclopenis ( à savourer sans modération)...

Livre de Boudoir

Livre_du_boudoir_4 Petit coup de coeur pour la couverture "Boudoir" du livre "Le canapé, couleur de feu" de Fougeret de Montbron, qui est par ailleurs une jolie curiosité de littérature érotique du XVIII siècle.

Laissons parler le maître en la matière, Guillaume Appollinaire dans l'introduction du livre:

"Le Canapé, couleur de feu par Fougeret de Montbron, est une des nombreuses productions qui, avec le Sopha de Crebillon le fils, forment cette littérature à transformation, par quoi se manifesta avant tout l'influence des contes orientaux sur les auteurs européens. (...) Il est vrai qu'en France, la tradition de la littérature merveilleuse ne s'etait pas perdue et Perrault avait su remettre en honneur les contes de fées.

Le canapé couleur de feu ressortit a la fois à la littérature merveilleuse et à la littérature galante; l'histoire qui y est apportée a encore l'avantage de ne point avoir été comme le Sopha, habillée à l'orientale. C'est un conte de fées, mais un conte français, et il est de son époque, sur les moeurs de laquelle il nous renseigne.

L'histoire est jolie: un chevalier n'ayant pu satisfaire aux désirs de la laide fée Crapaudine, elle le metamorphose en canapé; il ne doit reprendre sa forme première que lorsque pareille mesaventure aura lieu sur lui. Cela ne manque pas d'arriver lors de la noce d'un vieux Procureur."

"Le canapé couleur de feu : histoire galante / par Fougeret de Montbron. suivie de La belle sans chemise, ou Eve ressuscitée / introd. par Guillaume Appollinaire [sic], Fougeret de Montbron, Jean-Louis (1704?-1761), 1928 - Se vend à Paris à la bibliothèque des curieux"

Carnets de bibliophiles

Dans mes petites recherches virtuelles "bibliophiliques", j'ai succombé à la monumentale érudition du Blog du bibliophile où l'auteur en connaisseur fin et inspiré présente magistralement des livres oubliés et recherchés et des chroniques de passionné autour de la reliure, des illustrations, le marché du livre. Quelques livres m'ont fait saliver comme le "Livre à la Mode" de Caraccioli, le Roman Bourgeois Restif_1 de Furetière (connu pour son dictionnaire personnel), le Portrait rétrospectif de Restif de La Bretonne et son Œuvre. Si vous vous interressez aux "livres interdits, lisez l'article sur L'index Librorum Prohibitorum qui est "la liste des ouvrages pernicieux que les catholiques romains n'étaient pas autorisés à lire, car ils représentaient un danger pour leur foi (en en détournant leurs lecteurs), et pour l'Eglise" (pour hérésie, immoralité, licence sexuelle). Publié au XVI siècle par Paul IV, il fut régulièrement  complété et mis à jour jusqu'en 1961, avant la suppression de l'index par Vatican II en 1966.

En parlant de "livres interdits", vous pouvez en trouver ici avec une introduction à l'histoire des livres interdits au XVIIe et un repertoire.

Rimbaudclauzel Sur un créneau plus specialisé du XIX siècle, Bruno Leclercq commente des livres fin de siècles sur son blog et vend ses livres sur sa librairie en ligne, comme ceux de Mallarmé, Rimbaud, Paul Valery, Paul Verlaine, Villiers de l'Isle Adam, des revues et des textes en ligne de Remy de Gourmont ou sur le Symbolisme de Jean Morèas.

Bertrand Galimard Flavigny partage son amour et sa recherche des livres rares et précieux sur Canal Académie à travers des emissions à visionner. Parmi elles, découvrez le menu autour du Bon usage du chocolat, De l'argot (langage imagé ou langue des voleurs?), Des voeux et des étrennes...

Sur Livres rares, vous pouvez trouver un petit lexique de bibliophilie, un article sur comment reconnaître la valeur d'un livre ancien et le texte sur Le bibliomane, de Charles Nodier.

Pour une éloge de la pudeur

Nouvel_obs_sexualite On parle dans tous les médias, de la fameuse nouvelle "Enquête sur la sexualité en France" de deux sociologues Nathalie Bajos et Michel Bozon. J'ai donc feuilleté le Nouvel Obs de cette semaine qui en fait sa Une. Bon, rien de très nouveau dans la vie très privée des Français et le grand bazar de l'érotisme.

Je retiens juste de ce dossier que la libération sexuelle inaugurée par Mai 1968 est devenue "une injonction" qui condamne à la performance, à la honte de l'impuissance et veut programmer à tout prix la jouissance; je retiens juste que notre société et les médias banalisent et désacralisent le sexe, pour en faire "une simple marchandise, "markettée", chosifiée, adaptée à chaque clientèle".

Bruckner_finkielkraut Et surtout, je retiens la petite comète du discours de Alain Finkielkraut dans ce dossier fourre-tout et tape à l'oeil, qui il y a trente ans, dans son "Nouveau désordre amoureux" (avec Pascal Bruckner) voulut "soustraire l'amour à l'emprise du discours de la libération sexuelle" pour faire du désir amoureux "l'experience d'une sujetion merveilleuse".

En effet, à l'époque, il dénonçait cet impératif à jouir tout aussi coercitif, pour revaloriser le sentiment amoureux et "réintroduire le personnage de l'aimé". Avec Roland Barthes (Fragments d'un discours amoureux), il critiqua cette grande illusion et revendiqua le sentiment comme plus révolutionnaire que le désir sexuel.

J'avais relu ce livre il y a quelque temps et j'avais été éblouie par sa vision encore très actuelle sur la sexualité. Car finalement celle-ci n'était-elle pas - avec la grande épicerie des sextoys, les injonctions des magazines féminins, la machine de guerre médiatique, le grand cinéma pornographique d'Internet etc. - encore l'objet d'un discours plus que normatif et de culpabilisations perverses? Il faut être libéré, avoir son bon godemichet tout rose et surtout son orgasme! Le graal du sexe (et pourtant Dieu sait s'il est un Eden) est devenu une dictature. On propose une sexualité clef en main, du coup elle en devient anxieuse! (Suis-je un bon amant? Est-ce que j'ai bien joui? )

Alors au risque de passer pour rétrograde (et je m'en fiche), je savoure les mots de Finkielkraut qui s'il devait donner une suite à son Desordre amoureux, commencerait pas "une éloge érotique de la pudeur". "Celle-ci n'est pas seulement une contrainte archaique, la trace d'un préjugé bourgeois, je la vois comme un attribut ontologie de la femme". Ah! S'il pouvait l'écrire!

Car  non, le sentiment n'est pas obscène, oui, le sexe est une célébration, oui il faut créer des Autels à la gloire d'Eros dans les chambres d'amour, oui il faut redécouvrir le Merveilleux de l'Amour, sa Transfiguration et son Mystère. Oui, au secret, oui à l'intime, oui à la pudeur! Oui, oui, oui!

Voir L'interwiew de Alain Finkielkraut

Bibliomania # 2

Mon terrain de jeu favori est devenu Google Books et Gallica, la bibliothèque virtuelle de la BNF (et sa nouvelle Version 2). On y trouve bien sûr des livres entiers du domaine public à compulser et à télécharger. Mais on ne trouve pas seulement des livres dits « classiques » ; on y trouve des revues, des almanachs, des bulletins, des encyclopédies, des pots-pourris, des anecdotes historiques et émoustillantes, des traités, des manuels bibliographiques et bibliophiliques, des gravures, des livres complètement oubliés parfois interdits, parfois scabreux, des livres érudits, des livres précieux...

Bijou Depuis que j'y rode comme une affamée, une sorte de "fièvre bibliophilique ou bibliomane" me prend; je peux compulser frénétiquement des livres comme "Les Almanachs Français" de John Grand Carteret qui fait l'inventaire de tous les almanachs du XVII et XIX siècle. Ce livre est truffé sur plus de 960 pages d'anecdotes, de gravures parfois galantes et de titres à faire rougir comme "Le bain amoureux", "Les escapades de l'amour ou les dissipations de tous les ages", "Les lacets de venus", "Le bijou des dames", "Les soupers lyriques", "Flore et Zéphire ou les aventures d'un bouton de rose", "Le boudoir de Mélanie" , "Les amants en voyage ou l'amour satisfait", "La partie carrée", "Docteur de Cythère"...

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Bien sûr, mes compulsions restent sur des supports numériques... Je n'ai plus qu'une envie désormais: acquérir quelques almanachs, revues 1900 et curiosas dans leurs édition originale, que je pourrais sentir, toucher, regarder avec delectation comme il me plaira, posés sur ma table de chevet ou dans "l'Enfer" de ma petite bibliothèque personnelle...

C'est pourquoi j'ai décidé d'ouvrir cette nouvelle rubrique "Biliomania", dans laquelle je vous ferais partager mes découvertes à la fois numériques et "physiques". J'y ai mis d'anciens posts de la rubrique "Secrets de Bibliothèque" qui y ont désormais toute leur place ici...Les fureurs utérines de Marie-Antoinette, Psychanalyse, fantasme et littérature, De la littérature du XVII et XVIII siècle, Catalogue de curiosa, De l'abus des nudités des gorges.

Je vous quitte sur cette petite question anodine d'un galant à sa dame:

"Le bouton qui vient de vos âmes,

Mérite-t-il d'être sucé?

Dites, Mesdames?"

Le Casanova Illustré

On trouve peu de choses sur le web sur Auguste Leroux (1871-1954) et pourtant il fut un portraitiste et illustrateur talentueux (Grand Prix de Rome en 1894, membre du Salon des Artistes Français), connu pour ses fresques en mosaïques du Sacré-Cœur et ses illustrations d' "Eugénie Grandet" de Balzac,  "Sapho" d'Alphonse Daudet, et "L'abesse de Castro" de Stendhal.

Ses illustrations de "Histoire de ma vie" de Casanova Seingalt sont une pure merveille...

De la montée de l'escalier, jusqu'à l'entrée dans le boudoir, ses scènes galantes présagent baisers et nuit brûlante...

Leroux_escalier

Lerouxboudoir

Leroux1

Leroux2

Leroux3

Je serais curieuse de savoir ce que ces peintures vous inspirent...

Ecoutez... C'est divin!

Corto Santi, athmosphères sonores et photographiques

Boudoir Lounge

Ma SexoPhonic Radio

  • boud1a

Amoureux Larcins

  • boudoir2

Albums Photos