Le tarot de la Joie: joie d'offrir, plaisir de recevoir...

Tarot_joie Un petit coup de coeur pour ce petit jeu entre amants (ou amis) conçu pour le plaisir des sens et tous les curieux qui se posent des questions sur l'évolution de leur vie sentimentale et sexuelle.








J'ai testé ce  Tarot de la Joie, un tarot divinatoire érotique en 69 cartes, fourré dans un petit sac craquant.

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Les cartes sont illustrées de situations plutot colorées, ludiques, et très suggestives (façon Kama-sutra) - pour tous les fantasmes - avec un lexique plein d'humour, parfois romantique, parfois très cru ("le sourire de la pipe masquée, "la face cachée de la lune", "un petit doigt dans le cul", "entre mes seins"...).

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Bref de quoi remplir quelques bonnes soirées entre amis ou en couple et qui devrait satisfaire les amants, les amoureux, les célibataires en quête de réponses.

Pour le tester vous-même, vous pouvez faire un tirage en ligne sur www.letarotdelajoie.com : une carte pour la vibration du jour (offert), trois cartes pour l’actu (offert) et cinq cartes (tirage à 3euros) pour des prédictions plus complètes.

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Le Magazine des Livres N°14 est en kiosque

Jetez-vous sur le nouveau Magazine des Livres avec au programme: un très bon dossier sur la littérature jeunesse; les livres incontournables de l'année 2008; la rentrée littéraire de Janvier 2009, des entretiens, des chroniques et deux articles de ma part dans le cahier des livres sur René Clevel et le superbe livre "Extases" de Ernest PIgnon-Ernest et André Velter dont j'ai déjà parlé ici.

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C'est l'occasion de vous inciter vivement à découvrir le nouveau site du Magazine qui propose désormais son Web Mag et met en ligne des entretiens et des dossiers comme Comment publier son roman ou les 100 livres d'une vie.

Du rose, de la dentelle et de la luxure au Seuil

Vous le savez, et je le répète encore, je n’aime pas cette grande messe de la Saint-Valentin et prend un malin plaisir à ne pas la fêter. Mais il se trouve que cette petite date à priori somme toute banale du 14 Février magnétise et apporte son lot de nouveautés en matière de joujoux et de livres.

Ainsi, la vénérable maison d’édition Le Seuil lance avec sa collection de poche « Points » sa sélection de livres  "2009, Année érotique". De quoi lutter, selon l’éditeur contre la morosité ambiante, les clichés romantiques et les déclarations "mièvro-larmoyantes".

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Yoba_jouet Pour aguicher l’oeil, les livres s’habillent de rose boudoir, d’imprimé dentelles et d’illustrations polissonnes. Au programme, piment et licence, stupre et volupté, badinage et luxure, avec des éditions spéciales en  tirage limité « aux 5000 premiers coquins ». Cerise sur le gâteau, si vous achetez 2 ouvrages de la collection, un loup en satin sera offert par la marque Yoba.

A (re)découvrir donc :

Le fouet de Martine Roffinella
Cons de Juan Manuel de Prada
Le beau sexe des Hommes de Florence Ehnuel
La vie sexuelle de Catherine M de Catherine Millet
Poesie erotique de Jean-Paul GOujon
Legendes de Catherine de M. Pierre Henric
Le boucher d’Alina Reyes
Aventures de Minette Accentievitch de Vladan Matijevic
Putain de Nelly Arcan

Les nymphes du désir # Chronique 26

Il fallut un docteur et sexologue réputé, le Dr Zwang, pour oser écrire un livre uniquement dédié à  la partie du corps humain la plus fascinante, mais aussi la plus controversée et  la plus interdite. Dans « Le sexe de la femme », paru pour la première fois en 1967,  notre cher docteur en fait un objet à la fois d’étude et de désir. Mal accueilli par la corporation médicale, le livre fut cependant contre toute attente récupéré par le mouvement féministe – les femmes s’y sentait reconnues enfin dans leur sexualité – puis tomba dans l’oubli. La Musardine, pour le plus grand bonheur des curieux et des nostalgiques de la cause, réédite la fameuse étude dans deux versions, « Atlas du sexe de la femme » et « Eloge du Con ».

Atlas_sexe On y trouvera dans le premier une cartographie détaillée de la morphologie vulvaire, où sont décrits et classés avec la précision d’un entomologiste quelques centaines de gros plans d'intimités féminines. Il rend ainsi hommage à l’extraordinaire variété de formes et de couleurs du sexe de la femme, dans une typologie « des nymphes » presque poétique. Voilà donc un premier bon point pour le docteur : réhabiliter le sexe féminin en trouvant inexcusable cette censure esthétique dont il est l’objet !

Eloge_con Sans parler  de « ces qualificatifs injurieux » et « de ces déshonorantes conduites de haine contre le sexe de la femme », qu’il analyse surtout dans le deuxième ouvrage. En effet, tout est reproché à la vulve et au vagin, leur anatomie comme  leur physiologie : le sexe est poilu, « trop exubérant et compliqué », doté de mauvaise odeurs, trop humide, sanglant, et « maléfique ». Preuve à l’appui, un lexique universel très dévalorisant qui désigne le sexe de la femme  - « être un con » n’est-il pas la plus utilisée des injures ? -  mais aussi des termes littéraires ou populaires qui ont servi à la description du « con ».

Honneur à lui aussi de faire du sexe de la femme un sanctuaire sacré qui ne peut se révéler qu’aux explorateurs les plus audacieux, du bord des grandes lèvres, à « l’efflorescence du capuchon et des nymphes », jusqu’à l’endroit « où s'ouvrent les orifices secrets ». L’auteur redonne aussi du blason au clitoris qui « presque toujours caché, voilé par le prépuce féminin que beaucoup ne savent même pas pouvoir retrousser » est «  le plus secret des organes externes du corps humain » et tout en revendiquant sa pilosité, encense la moiteur, le fumet et la dimension sacrée du Mont Vénus.

Observateur naïf et curieux, vibrant défenseur de notre jardin secret, Gérard Zwang agrémente savamment notre lecture d’érudition et de science, avec un brin d’humour et de poésie panthéiste. Le caractère polémique de ces ouvrages reste à nos yeux toujours d’actualité, tant le sexe de la femme, malgré son exposition pornographique, reste une énigme. A l’instar de A. Malraux, prions qu’il soit considéré comme « le seul moyen de l’homme d’atteindre sa vie la plus profonde à travers l’érotisme, seul moyen d’échapper à la condition humaine des hommes de son temps.»


Eloge du Con, Gérard Zwang. Editions La Musardine,  Collection l’Attrape Corps, 2008-10-27

Atlas du sexe de la femme, Gérard Zwang. Editions la Musardine 2008

Cet article est paru dans le Magazine des Livres, en kiosque en Novembre 2008, par Katrin Alexandre

Carnet d'écolier (pour adultes) # Chroniques 25

Si vous avez la nostalgie de votre vie d’écoliers(ères), et que vous voulez mettre un peu de piment  dans votre relation amoureuse, ce « Carnet de correspondance intime pour améliorer votre couple » est normalement fait pour vous.

Carnet_correspondance_adulte Ce livret conçu comme un carnet de correspondance à l’ancienne, a l’ambition d’assurer « une collaboration intime au sein du couple », en étant tenu à jour régulièrement « de manière ludique et sensuelle. »

Voilà donc le couple sommé de remplir des fiche de renseignements et d’accepter « un règlement intérieur » fort contraignant , correspondant à l’organisation de la vie conjugale, les droits et devoirs des protagonistes ainsi que des punitions et sanctions si l’un des deux transgresse. Rien de très réjouissant au début. La partie sur la vie sentimentale  offre de brèves séances de rattrapage pour ceux qui délaissent leur plume (bien trop brèves à notre avis) et donne des bons pour l’infirmerie en cas de bobos au cœur. Notons aussi des outils pour  la partage équilibré des activités domestiques (bulletin d’évaluation, correspondance), ce qui est bien ennuyeux.

Sur le chapitre très attendu sur « la vie sexuelle » qui souhaite « libérer un peu plus l’imagination avant de passer à l’action », on nous propose « un soutien personnalisé », avec des bons de « confidences sur l’oreiller », qui devrait aider à entamer le dialogue. En guise « d’approfondissement », vous êtes sollicité pour écrire, toujours sur des petits billets, « vos fantasmes à réaliser ».

En guise de notation, donnons un bon point donc pour l’idée, la conception originale et les bons détachables qui vous permettront de surprendre votre partenaire en en glissant un dans une poche, un sac ou sous l’oreiller, pour lui signaler « une observation », une "retenue (pour septième ciel)" ou « un rendez-vous ». Par contre, soumettons une légère « mise en garde » pour le manque de spontanéité et d’excitation ressentie au cours de la réalisation du programme.

Carnet (intime) de correspondance pour améliorer (pimenter) votre couple  de Gilles Bouley-Franchitti , illustré par Mai-Lan – Editions j’ai lu, 2008.


Cet article est paru dans le Magazine des Livres (en kiosque) de Juillet 2008 , par Katrin Alexandre

Tous mes Voeux...

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Les 10 reines du Web dans la catégorie sexe/love {selon ELLE/WIKIO}

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Après un petit coup d'oeil sur cet article paru le 8 Décembre 2008 de ELLE, découvrez les 10 blogs sexe (ELLE/WIKIO)  que je vous mets en lien ici (que des blogs que j'aime et qui sont d'ailleurs pour la plupart dans mes favoris).

1 - Les 400 culs

2 -Sexactu

3 - Les délassements dans le boudoir

4 - Piment Rose

5 - AnneLolotte et ses sextoys

6 - L'univers sexy de Gabrielle

7 - Sextoyer

8-Désirs et Délices

9 - Secrets d'amour

10 -Bas aiguille sans dessous

"Les délassements dans le boudoir" dans le classement WIKIO des blogs de ELLE

Magazine_elle Le magazine ELLE organise le lundi 08 décembre à Paris une soirée pour lancer le 1er classement de blog féminins français, dans différentes catégories dont la mode, la cuisine, la beauté, les chroniques, les dessinatrices, les créatrices, Maman/Bébé et les blogs "sexe-love" dont je fais partie.

Je suis ravie d'apprendre que mon blog  est classé numéro 3  dans la catégorie "Sexe-Love" des blogs de ELLE.

Comme l'explique Catherine Nivez sur Kelblog ce classement des blogs féminins est basé sur la notoriété des blogs et non pas sur leur audience. L'influence est déterminée par le nombre de liens pointants vers un blog depuis les autres blogs.

Rendez-vous donc le 8 Décembre pour le lancement du prix special Elle par les Internautes et pour la publication du classement des blogueuses dans le ELLE du 8 décembre 2008!

Variations sur les corps extatiques

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Après l'exposition de  Ernest Pignon-Ernest à la chapelle Saint-Charles d'Avignon cet été, (écouter le reportage sur La Croix), Marie-Madeleine, Hildegarde de Bingen, Angèle de Foligno, Catherine de Sienne, Thérèse d’Avila, Marie de l’incarnation, Madame Guyon, explorées et célébrées, s'habillent d'eau noire et de lumière, dans le livre "Extases" de Ernest Pignon Ernest, avec les textes de André Velter...

Extase_pignonUn livre magnifique sur "les effractions sublimées" de ces femmes toutes entières abandonnées à leur Dieu, où les auteurs saisissent avec une sensibilité à fleur d'âme, cet acmé du plaisir qui se produit au plus fort de l'expérience divine...

A découvrir dans le prochain Magazine des Livres, à paraitre début novembre 2008... avec l'incandescence de René Crevel dans "Mon corps et moi" et les nymphes du désir dans "Eloge du con" de Gerard Zwang.

Au sommaire du Magazine N°13: une enquête sur "Comment publier son premier roman", un dossier Sagan, un dossier littérature jeunesse, et des entretiens avec Dominique Jamet, Pierre Assouline, Patrick Girard, Roxane Duru, Peter Behrens...

Ploton ou les bonheurs (et fortunes) du Vice # Chronique 24

J’ai cherché dans le petit manuel de  Mr Ploton de quoi il pouvait être atteint pour mettre tant d’ardeur à compulser méthodiquement ses  « spicilèges amoureux ». Malade de cette perversion peu connue nommée « narrathopilie » soit une « excitation sexuelle suscitée par le fait même de parler de sexualité. », voilà notre explorateur qui  « court l’aiguillette » un peu partout autour du monde, à la recherche d’anecdotes croustillantes sur le sexe en général, et ses pratiques, son histoire, son fonctionnement biologique, sa littérature, ses modes d’expression, son mystère en particulier.

Ploton Dans sa valise de petit obsédé, on trouve un inventaire hétéroclite d’observations, de statistiques et de documents variés sur tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la chose sans oser le demander.

On peut tremper son pain ou mouiller son asperge dans une soupe  où se mêle quelques notions biologiques indispensables sur le point G, de nombreuses notes sur le jargon et l’industrie pornographique, des choses curieuses sur la sexualité des bêtes et les usages des sextoys (et des objets le plus souvent retirés d’orifices naturels aux service des urgences) ou les critères d’un beau sexe féminin selon Gerard Zwang.

On découvre aussi par exemple que les grecs sont les champions du monde du sexe (138 rapports annuels, devant ô surprise les français qui talonnent à 120) ; que le premier vibromasseur électromécanique fut utilisé par Joseph Mortimer Grandville dans les soins apportés aux femmes hystériques ; que les hommes, qui passent 50000 heures dans leur vie en état d’érection, dont le fantasme le plus répandu est la fellation, feraient bien d’aller au Japon où il pourront assouvir leur désir dans des « Pink salon »  « Bar à fellation exclusivement ».

En prime, on a aussi le meilleur des chansons paillardes, des  citations indispensables, des notions de vocabulaire, des ouvrages de référence sur les organes sexuels, sur les gourous de la sexualité contemporaine et une bibliothèque érotique !

Bref, Mr Ploton  nous fait la totale, pour ne pas dire il nous « fait le complet » (traitement complet fait au client).  Cette petite cueillette de miscellanées amoureuses et érotiques devrait réjouir, dans les deux sexes, les curieux, les cinéphiles, les lettrés, les Casanova, les ferventes de Priape, les pêcheurs de conques, les friands  de la cricon-criquette, les hierophiles, les fous de Russ Meyer, les pratiquants du Safe-sex, les bonobos, bref il devrait séduire tout un petit peuple qui aime le sexe et ne s’en cache pas. Nous, on ressort de cette visite chez Mr Ploton, gaillarde et prête pour de nouvelles aventures.

Les spicilèges amoureux de Mr Ploton – Frédéric Ploton - Editions Blanches, 2008

Les accros pourront suivre "sa vie chaotique d'auteur multifonctions" sur son blog.

Cet article est paru dans Le Magazine des Livres, en kiosque, en juillet 2008, par Katrin Alexandre - Copyright

Dans le noir # Chronique 23

Deux inconnus, une jeune fille en fleur, un homme que l’on sent d’âge plus mûr. S’installe entre eux, une relation épistolaire par email, puis un jeu pervers et intriguant. Il devient son confident, elle le veut Amant, elle décide de le rencontrer. Il accepte, mais à ses conditions : « A chaque rencontre, elle porterait un bandeau. Il ne parlerait pas. Elle pourrait se servir de ses autres sens, sans jamais ôter le bandeau. »

Bandeau Alors commence le lent ballet des rendez-vous masqués, dirigés par l’Amant et racontés par l’héroïne qui s’y prête avec passion et dévotion. Avec elle, nous voilà les yeux bien bandés et emportés dans un tourbillon de fantasmes, de sensations, de délires auxquels on ne peut que s’abandonner, portés par l’écriture rythmée, hypnotique et terriblement suggestive de Jean-François Mopin.

Comme elle, nous n’avons qu’une envie : connaître avec les yeux cet Amant qui la fait sombrer dans le coté obscur (mais aussi lumineux) du sexe, l’invite sans cesse à exprimer ses désirs, à ouvrir toutes les portes de son corps et à se dépasser. Mais il brouille les pistes, et on en redemande encore. Avec son art du mystère, l’Amant inconnu la mène sur les chemins des lectures de Sade, puis lui impose des jeux de plus en plus subtils et dangereux. La jeune femme se révèle vite une bonne élève obéissante et une amante experte, qui abuse de son art avec d’autres jeunes hommes pour toujours mieux satisfaire son maître. En la poussant dans ses retranchements les plus intimes, son obscénité et son goût démesuré pour le sexe ruissellent sur les pages…

Sous la plume efficace et sans retenue de l’auteur, « Le bandeau » est un beau roman d'initiation, maintenu par un suspens haletant sur l'identité de l'Amant, qui sera dévoilé avec brio dans les dernières pages. C’est aussi un très beau portrait de femme, qui décide d’infléchir son destin en s’offrant à l’Amour sans conditions, prête à toutes les folies et tous les extrêmes, pour se connaître mieux et prendre les chemins d’une liberté profonde et personnelle. Un livre envoûtant.

Jean – François Mopin, Le bandeau. Poche J’ai lu, Février  2008.

Article paru dans le Magazine des Livres de Mars 2008, en kiosque. Par Katrin Alexandre

Callipyges et fetichisme

Les dessins de Namio Harukawa, artiste japonais sont vraiment impressionnants. Adepte du "face-sitting" et de la domination féminine, il met en scène de voluptueuses femmes écrasant entre leurs énormes fesses les visages de petits hommes, qui pratiquent goulûment cunni et anulingus.

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Les amateurs pourront en voir plus sur le livre de Stéphane Blanquet aux éditions "United Dead Artists" qui consacre un premier ouvrage officiel à Harukawa avec "32 pages d'étouffements XXXL".

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Lire aussi un texte suggestif (et illustré) de Jorge et voir quelques images de l'oeuvre ici.

Les grandeurs baroques de Koons

Le Roi Jeff Koons s'installe dans les appartements du chateau de Versailles... Plutôt frileux et plus raisonnable, il n'a pas daigné nous présenter quelques unes de ces oeuvres sulfureuses, dont celles de sa série Made In Heaven où il se mit en scène en faisant l'amour avec sa compagne de l'époque, la Cicciolina

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ou mieux, ce "Illona's Asshole" (Le trou du cul d'Illona).

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ou "Blow Job"

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Faute de mieux, on admirera sa sculpture composée de 100 000 fleurs "Split Rock", et on devra se satisfaire de "Rabbit", "Hanging heart" ou de "Lobster" (Homard).

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En savoir plus sur sur le site special de l'évenement

Mots vagabonds # 1

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En flânant dans les rues, savoir humer l'air du temps...

Cruauté voluptueuse # Chronique 22

« La Vénus à la fourrure », écrit en 1870 par Sacher-Masoch est loin d’être un ouvrage de pure cruauté, comme on peut s’y attendre lorsque nous parlons de l’auteur qui donna son nom à « une perversion », « le masochisme » inventé par le psychiatre austro-hongrois  Krafft Ebbing dans son « Psychopathia sexualis » en 1886. Dès les premières pages, nous pénétrons dans un univers symboliste, embaumé de senteurs de fleurs pénétrantes, de vapeur argentée et nimbé de lumière lunaire.

Venus_fourrure La quête de Severin, le personnage principal, est d’abord esthétique et « sensualiste ». Dès son plus jeune âge, il éprouve de l’horreur pour tout ce qui est bas et vulgaire,  et réserve ses sentiments les plus hauts pour une femme idéale, « la déesse d’amour même », « couchée sur des roses, entourée d’amours ». Il voit « dans la sensualité quelque chose de sacré, voire la seule chose sacrée ; dans la femme et dans sa beauté, quelque chose de divin ». C’est une statue qui va éveiller son idéal et deux peintures qui vont fixer ses fantasmes, peintures que l’on retrouvent au début du roman, dans le rêve du narrateur, ami de Severin, qui produisent sur ce dernier un effet indicible : La Vénus au miroir de Le Titien et la reproduction d’une belle femme, « nue dans une sombre fourrure, étendue sur un sofa », dont la « main droite jouait avec une cravache, tandis que son pied nu reposait nonchalamment sur l’homme couché devant elle comme un esclave, comme un chien ».
Interrogé sur ces deux tableaux qui ont joué un rôle capital dans le vie de Severin, celui-ci  livre au narrateur la clé du mystère en lui  donnant un manuscrit : « Confessions d’un suprasensuel ».

Epris d’abord d’une statue en pierre de Vénus, « enveloppée d’une immense pelisse de fourrure, dans laquelle elle s’était enroulée comme une chatte frileuse », Severin voit la réalisation de son idéal en la personne de l’impérieuse Wanda von Dunajew -  incarnation d'Aurora Rûmelin qui deviendra la femme de Sacher-Masoch en 1873 - au visage de marbre, qui drape ses charmes dans une sombre fourrure de zibeline.

Il explique comment « rien ne peut exciter davantage que l’image d’une belle, voluptueuse et cruelle despote » - telles ces femmes frivoles comme Catherine II ou la Pompadour – car plus elle est cruelle et infidèle envers son amant, « plus elle le maltraite, plus elle se joue de lui d’une façon criminelle, moins elle lui témoigne de pitié, plus elle excite ses désirs, plus il l’aime, plus il la recherche ».  Il raconte aussi comment souffrir devient une espèce de jouissance quand « elle attache, fouette et me donne des coups de pieds » et comment la fourrure éveille ses fantaisies favorites en devenant « un symbole de la tyrannie et de la cruauté que cachent la femme et sa beauté. »

Il veut l’épouser et adorer servilement Wanda, toute vêtue de fourrure, qui hésitante, finit par céder à son fantasme et se prend à avoir « une diabolique curiosité » pour ce jeu qui éveille chez elle de dangereux instincts. Elle lui donne un an pour la conquérir et la convaincre qu’ils peuvent vivre ensemble. Entre mari et esclave, elle choisit le second. Alors, elle l’oblige à signer un contrat, aux termes duquel il s’engage par parole d’honneur et par serment, à être son esclave aussi longtemps qu’elle le voudra et à renoncer à ses droits d’amant. Une clause accessoire et secrète lui donne le droit de mort. « Tu n’es plus désormais mon bien-aimé, mais mon esclave, abandonné à la vie ou à la mort à mon bon plaisir. » De là, nous suivons le couple dans leur aventure phantasmatique jusqu’à Florence, où Severin devient Grégoire, le domestique de Wanda, et souffre en permanence de savoir si oui ou non sa maîtresse se prendra un autre amant (ce qu’il attend de manière ambivalente ardemment). Tout le récit nous tient en haleine jusqu’au dénouement final qui tourne autour de la décision cruelle que prendra Wanda : deviendra-t-elle sa femme ou choisira-t-elle finalement un autre homme pour le voir mourir d’amour?

S’il y a dans le roman quelques coups de fouets et de virulents soufflets, l’héroïne de Sacher-Masoch est loin d’être sadique. Wanda est l’incarnation de la femme mythologique, « diaboliquement charmante », olympienne et païenne ; une de ces divinité chtonienne à l’image de Diane la chasseresse ou de l’Amazone, qui changerait son adorateur en bête. L’auteur critique à travers elle les « petites femmes hystériques » modernes, toujours déçues dans leur bonheur chrétien ; il revendique le retour au paganisme, à « cet amour des temps héroïques », quand « les dieux et les déesses s’aimaient ». Dans ce monde, la cruauté est un élément naturel de la volupté et de l’amour pur.

La vraie source du « masochisme » ne serait-il donc pas une sorte d’idolâtrie antique, basée sur le culte de la grande Nature, où la femme occupait un place à part entière et était vénérée comme l'incarnation d'une déesse ? Severin couché comme un esclave, aux pieds de sa maîtresse n’est-il pas aussi l’image du Chevalier à genoux auprès de sa Gente Dame qui pour en arriver là  à du subir mille épreuves et souffrances ?

Il n’en reste pas moins que « La Vénus à la fourrure » est la première oeuvre marquante qui s'attache à décrire l’amour extrême d’un homme pour une femme, dans un esclavage consenti, où la douleur et la soumission augmentent l’excitation et la plaisir. « L’attraction du cœur » s’y mue « en sujétion physique lente et complète », jusqu’à « la démence », « l’abîme sans fond » et la dépossession de soi. C’est en somme une véritable déclaration à la femme aimée. Si dans cet amour, les choix pour la femme sont minces (être le tyran ou l’esclave), il n’est reste pas moins que l’auteur laisse une issue à la femme qui ne pourra devenir la compagne de l’homme « que lorsqu'elle sera son égale en droits, son égale aussi par son éducation et par son travail ».

Cette réédition de l’œuvre est bien salutaire. Souhaitons qu’on la lise, débarrassée de son arsenal psychanalytique et qu’elle rejoigne les bibliothèque des amants,  qui ne sont pas forcément des fervents du sado-masochisme moderne.

La Vénus à la fourrure,  de SACHER-MASOCH
Editions Le Cercle, collection Le Cercle Poche, Mars 2008

Par Katrin Alexandre - Cet article est paru en kiosque dans le Magazine des Livres de Mai 2008

Cette mystérieuse alchimie du désir # Chronique 21

C’est un plaisir délicieux que de retrouver la plume de Cecilia Dutter, qui nous avait enchantés l’année dernière dans ses "Echappées belles" sous le pseudonyme de Blanche Clervoy. Cette fois-ci, elle nous soustrait de notre grisaille existentielle avec « La dame de ses pensées » par une savante correspondance entre un homme mûr marié et une femme, de vingt ans sa cadette, psychologue, elle aussi mariée et mère de famille.

Dutter_2 Ce repas entre amis n’aurait pu qu’être banal si Edouard n’avait succombé au charme d’Alice. D’une écriture un peu désuète, il lui écrit son trouble ; puis malgré des missives de refus laconique et abrupt d’Alice,  il lui offre une relation épistolaire et clandestine, hors de la censure et des conventions. La résistance de l’héroïne, qui qualifie « la graphomanie » d’Edouard de « syndrome érotomaniaque », ne fait qu’exacerber les fantasmagories et les élucubrations oniriques de l’amoureux fou.

Nous voilà alors pris dans une joute épistolaire, fort bien menée et qui ne nous fera pas lâcher le livre avant la dernière page. Alice, qui n’est pas si insensible aux lettres de cet homme inconnu, le met au défi d’améliorer « ses arabesques stylistiques » et de se débarrasser des fioritures qui le condamnent à rester à la surface. Car Edouard est un homme pressé : dans ses scénarios érotiques et son écriture masturbatoire, il enjolive, il romance, puis il se dépêche de « conclure l’affaire », il ne développe pas les préambules. « Quelques grammes de lyrisme » ne suffisent pas à convaincre.

C’est un joli cours d’écriture érotique qu’elle livre alors, auquel se prête Edouard avec dévouement. « Avant que le corps n’exulte, c’est l’âme qui doit vibrer ». Il faut exploiter « la richesse de la langue française qui permet mille et unes finesses » et imaginer « des enluminures pour exprimer les sentiments profonds ». Mais attention, l’univers féminin est riche et différent, « il ne s’ouvrira pas si vous brûler les étapes »; ne croyons pas cependant que l’imaginaire féminin soit chaste, il est « d’une crudité déconcertante ». En chaque femme sommeille « une petite garce ».

Alors, Edouard se plie aux consignes et emmène Alice, à travers ses lettres qui sont un véritable écran portatif de son petit  cinéma fantasmatique intérieur,  à Bruges, Ostende, en Corse, à Marbella, à l’hôtel Georges V à Paris, Aix les Bains… Les mots cheminent et s’insinuent en Alice : si elle reconnaît l’irrésistible attrait de la correspondance, en deviendra-t-elle captive, acceptera-t-elle de débrider ses fantasmes, la femme lubrique se révélera-t-elle à ces lectures ?

« La Dame de ses pensées » est une belle hymne à la « bouleversante féminité » et « la part solaire »  de la femme qui peut enseigner « la voie de l’élégance ». Cécilia Dutter nous offre sur les pages un agapè de sensations salvatrices et nous montre le pouvoir ensorcelant que nous pouvons tous exercer avec un peu d’encre et beaucoup d’audace, quand notre plume devient libertine et se déleste de ses artifices. Car dans la caresse des mots, la vie palpite et irrigue de nouvelles forces, des sensations oubliées. L’auteure aurait-elle eu le dessein de nous donner envie de poursuivre, après la lecture, l’expérience épistolaire ? On ne sait, mais on trouve que  cette correspondance sensuelle et insolente devient, en filigrane, un bon petit manuel pratique à l’usage des amants qui veulent se faire l’amour avec les mots. Alors savourez bien le breuvage et à vos plumes !

Cécilia Dutter, La dame de ses pensées. Ramsay, Collection Papillons de nuit.
Paris, 2008

Par Katrin Alexandre pour le Magazine des Livres de Mai 2008 en kiosque.

Petites curiosités précieuses # Chronique 20

Voilà deux curiosas très rares, selon Jean-Jacques Pauvert, jamais rééditées depuis leur publication dans les années 1948/50, qui devraient réjouir les amateurs du genre.  Un texte « La couleur des draps »  de Jean Cau, secrétaire de Jean Genet et de Jean-Paul Sartre, caché sous le pseudonyme de Jeanne d’Asturie et « Carnet d’une invertie », de Nicole Autrain. L’association de ses nouvelles érotiques clandestines dans le même ouvrage surprend, tant le ton et le style diffèrent.

Draps Le premier semble inoffensif d’un premier abord. La narratrice est une jeune fille de vingt-trois ans qui raconte sa vie toute simple dans son carnet et décide de le publier. « Elle a de la peau, des os et de la chair ». Elle aime Robert, un homme pas très sentimental, qui  n’aime pas les œillades langoureuses  et qui parle comme un Jean Gabin. Elle se lave, s’habille, se promène nue devant lui, elle fait l’amour n’importe quand , à n’importe qu’elle heure. Elle a des états d’âmes. Elle se pose des questions de tous les jours qu’elle partage avec son homme: Est-ce que le bâton gêne pour marcher ? Comment reconnaît-on un homme qui aime sa femme ? Comment sera ma vie quand je ne ferais plus l’amour ? La jeune femme déroule ses pensées, elle ne raconte que ce qui intéresse son amour pour Robert, même si à travers lui c’est le monde des hommes qu’elle observe. Car oui, elle le trompe parfois, et elle l’aime mieux après. Mon oreiller est un confessionnel, je les interroge, les confesse. Ils se livrent, se défendent, se trahissent. J’écoute et je n’oublie pas. Elle bavarde, on l’écoute, on est charmé par cette écriture qui cisèle les sentiments, qui étincelle crûment parfois au détour d’une page comme un petit diamant. Entre naïveté et désillusion, elle nous fait sentir qu’il n’y a qu’une chose dans la vie : le bâton des hommes, qui joue au bilboquet avec les femmes, mais surtout qu’une seule chose apprend une femme à vivre : c’est l’amour.

Changement de décor avec l’invertie. Dès la première page, nous voilà flanqué d’une gifle par Florence, une superbe lesbienne qui vit  sa passion comme un raffinement supérieur. Elle a un amour quasi linguistique pour les lèvres (du bas) de ses amantes à tel point qu’elle use d’un appareil ingénieux nommé « prolonge-langue ». Mais ce qui l’intéresse le plus, ce sont les brutalités qu’elle fait subir à ses maîtresses. Elle jette donc son dévolu, aidée de sa rabatteuse, Paula l’hommase, sur Marie-Christine, un bel ange aux beautés assez évaporées, qu’elle viole à l’aide d’un godemichet. Bien sûr, la tendre victime, troublée par l’aventure s’abandonne à ses mains. Leur histoire est idyllique, mais Florence a bien d’autres tentations et idées en tête… Sur un rythme frénétique, le lecteur voyeur se mêle aux joutes amoureuses, aux gamahuchages, gougnottages, agaceries digitales, onanismes simultanés, mise en plis et coiffures de toisons, puis dans un mouvement crescendo assiste à des visions apocalyptiques de rondes de tribades jouant du godemichet, du coude, de l’inceste, du fouet, d’immondices et salivant jusqu’au sang les meurtres à venir. Cette fable de sexe, d’amour et de mort qui  révèle les extrêmes où nous pousse la sensualité et notre désir de fondre en l’autre, finit sur une belle et surprenante métaphore. A découvrir.

Cet article est paru en Kiosque pour Le Magazine des Livres de Mars 2008 - Copyright Katrin Alexandre

Rendez-vous calins, au soleil!

Sea, sex and sun! L'été est là et bien là! Pour émoustiller vos sens et vous prélasser tendrement au soleil, je vous propose avec mon partenaire préféré, la boutique Sexy Avenue, un petit choix de livres pour laisser libre court  à votre imagination érotique et sensuelle...

Emportez dans votre valise...

Spicileges Les spicilèges amoureux de Mr Ploton où on trouve un inventaire hétéroclite d’observations, de statistiques et de documents variés sur tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la chose sans oser le demander. Un bric à brac amoureux et des petites miscellanées érotiques savoureuses qui feront d'ailleurs l'objet d'une chronique de ma part pour le Magazine des Livres de Juillet/Aout 2008 qui sortira bientôt en kiosque...

Cahier_vacances_erotiques_2Sur la plage, ne bronzez pas idiot, avec le Cahiers de Vacances Erotiques qui testera, à travers des exercices, vos connaissances en matière de littérature érotique, d'anatomie, d'histoire ou de sciences. Un cahier de devoirs de vacances strictement réservé aux adultes pour des heures récréatives à deux à l'ombre ou au soleil!

                   Osez_sextoys                              

Pour les curieux et les audacieux,  Osez les sextoys! Dans ce livre de la collection de La Musardine, Ovidie, spécialiste en la matière, répond à vos questions et présente une cinquantaine d'objets, en détaillant leur mode d'emploi, leurs avantages et leurs inconvénients, dessin à l'appui.

Canard_vibrantAprès cette lecture, peut-être auriez vous envie de tester le célébrissime petit canard jaune vibrant et waterproof pour batifoler dans la piscine ou dans la mer!

Bonnes Vacances à Tous!

Article sponsorisé

Bénissons la pipe! # Chronique 19

Sujet mille fois commenté, il fallait trouver un angle d’accroche original pour parler de la fellation. « La fellation comme idéal dans les rapports amoureux » semble donc un programme alléchant, à « déguster sans modération », proposé par le cinéphile et érotomane Gerard Lenne. En ouvrant le livre, on espère que le propos sortira des sentiers mille fois rabattus du guide de la pipe, à l’adresse de la gente féminine.

En effet, en s’appuyant sur quelques références littéraires et sa grande culture cinématographique, l’auteur montre que cette pratique sexuelle s’est banalisée, popularisée par le cinéma dès la révolution sexuelle des années 70. Nous avons alors de savoureux passages sur l’évolution de la fellation à l’écran: de la sortie du champs par le bas (subterfuge du cinéaste pour suggérer une pipe alors que la femme se glisse vers le bas du corps de son amant, jusqu’à disparaître) jusqu’à celle de Kerry Fox dans Intimité de Patrice Chereau, en passant par les fellatrices légendaires.

Fellation Mais il constate que la fellation soulève encore de nos jours de nombreuses réticences et qu’elle est encore sous le joug d’une répression morale, religieuse, puritaine, féministe. Puis nous en venons au cœur du « blocage » : « L’envie de sucer ne fait pas l’unanimité dans la population féminine » ; « Le fait est qu’elle constitue le plaisir suprême pour l’homme, mais pas pour la femme ». D’où découle quelques remarques intéressantes : on est fellatrice par stratégie (pour des raisons contraceptives et préserver la virginité) ou par utilité (pour préparer le coït), conclusion la fellation n’est qu’une pratique sexuelle secondaire ou « un amusement collatéral ». Or, la fellation est « le nec plus ultra du plaisir sexuel », et parce qu’elle l’est, l’auteur, passionné de son sujet, la défend et veut la « réhabiliter comme acte d’amour à part entière », « une fin en soi » et « un plaisir partagé ».

Son propos s’adresse alors bien aux femmes, aux hésitantes, aux mal informées ou aux fellatrices maladroites. Il veut absolument nous convaincre à travers moult conseils et un petit téléguidage pratique, des bienfaits que procurent la fellation, surtout pour l’homme. Dommage que le livre se termine sur le sentiment que les femmes (ou en tout cas certaines) ne sont pas vouées à sa cause et sont de piètres fellatrices. Ce qui n’enlève rien à l’intérêt de cet ouvrage qui a suscité selon l’auteur « un succès convivial » à sa première édition en générant moults réactions; on espère qu’avec cette seconde édition de La Musardine, de nombreuses autres lectrices feront de cette caresse interdite, une véritable transgression et une audace sulfureuse, avec amour, car dixit l’auteur « une femme amoureuse est la meilleure des suceuses ».

De la fellation comme idéal dans le rapport amoureux
Gérard Lenne, Réédition de La musardine, Collection l’Attrape-corps. Janvier 2008

Cet article est paru en Kiosque dans le Magazine des Livres de Mars 2008 - Copyright Katrin Alexandre

La complainte du mal-aimé # Chronique 18

« Vivons, ma Lesbie, aimons nous… ».

Nous pouvons tous nous reconnaître, amoureux transis, dans les aléas de la passion que Catulle décrit dans ses « Poèmes à Lesbie » : le choc du premier amour, la folie des baisers, les impatiences, les jalousies terribles, les ruptures et réconciliations.

Nous pouvons remercier Catulle lorsque nous écrivons une lettre d’amour car il fut brillamment l’un des premiers interprète du lyrisme amoureux, quelques cinquante ans avant J.C. En se faisant le chantre de l’amour malheureux, il devient le précurseur de l’élégie latine. « En proie à mille fièvres », le poète exprime une plainte douloureuse aussi mélancolique que romantique. En prenant comme matière première de sa poésie sa vie, ses sentiments et ses tourments, il est l’un des premiers à mettre à nu son intimité, et à donner une dimension psychologique à l’amour.

Catulle Honorons aussi Lesbie, cette « lionne aux gorges de Lybie », célèbre par sa beauté et ses mœurs libertines, mariée mais infidèle, cette « catin sans foi » qui fit de lui un jouet et ravit tous ses sens, durant environ quatre ans. Sans elle, les femmes seraient restées éternelles mineures et sans âme. Car paradoxalement, malgré tous les maux que Lesbie lui fait subir, en écrivant son amour pour elle, Catulle est l’un des premiers poètes latins à accorder une âme à cet étrange objet du désir qu’on appelle une femme, en invoquant à travers elle l’amour éternel.

Pour la première fois dans l’Histoire, l’homme romain n’est plus un  « paterfamilias », ce chef de famille qui commande à sa femme. La passion pour une femme n’est plus dégradante, ridicule, indigne d'un homme libre et d'un citoyen romain. Il se laisse dominer par ses sentiments ; la femme devient une muse charnelle et sa jalousie terrible explose contre ces « galants de rue », ces « amants indignes », « ces gueux dans tes bras ». Bien malgré lui, il devient l’esclave amoureux, « servus » d’une femme, « domina ».

Mais si Catulle se complait dans le rôle du mal aimé, il n’en est pas moins un oisif cultivé, amateur de beaux éphèbes et « chastes adolescents », tel Juventius aux « doux yeux de miel », et de courtisanes comme Ipsitilla à qui il promet « neuf assauts de suite et pour un long plaisir ». Il aime avec ses mots « faire tâter de sa virilité ». Il saupoudre sa poésie de plaisanteries et d’allusions salaces à la gloire de « l’ obscène Priape ». Il clame tout haut que les vers n’ont pas besoin de décences : « il leur faut pour avoir du charme et du piquant, la langueur, l’abandon , le pouvoir provocant  d’exciter le prurit des passions ardentes ».

Dans ses « Poèmes à Lesbie et autres poèmes d’amour », on découvre un poète latin aux talents poétiques extrêmement variés. Romantique avant l’heure – tel un Musset ou un Chenier, tragique - comme un Racine,  érotique - précurseur de Martial et Ovide et dont le poème célèbre des « cents baisers, et puis mille, et puis cent » inspirera sans nul doute Ronsard et Louise Labbe. En étant le sujet de son œuvre, Catulle est novateur pour son temps. En faisant du poème l’un des tout premier discours amoureux, il trace en poésie le chemin d’un éducation sentimentale sur lequel nous pouvons tous nous retrouver. Car même s’il déclare à Lesbie que « Dans le mal tout entier, il me faudra t’aimer », et qu’il lui sera donc difficile de triompher de sa passion, nous ne pouvons qu’aimer l’œuvre de ce jeune Catulle (tout juste âgé de vingt ans) devenu homme accomplit grâce à la poésie et à  l’amour.

Catulle, « Poèmes à Lesbie et autres poèmes d’amour ». Mille et une nuits, Octobre 2007

Cet article est paru en kiosque, dans le Magazine des Livres de Janvier 2008, par Katrin Alexandre - 2008 Copyright

Petit dictionnaire d'esthétique et Cie #2

Pubis_mendell Légère ouverture: "On sait que c'est. On sexe est. Le pronom on designe le sexe et avait la valeur de en, en ce lieu, en ce l'Yeu, en cet oeil-là. Le sexe se présente sous forme d'yeu ou d'oeil. Ce fut un légère ouverture". J.P. Brisset (La grammaire de Dieu).

Photo: Mendell & Oberer, 1994

Note: Le pubis en forme de croix fut un thème très exploité par les surréalistes autour des années 1930.

Petit dictionnaire d'esthétique et Cie #1

{de ces années là (1929-1934), Bataille, Queneau et les autres - Extraits}

BATAILLE: - " abattage d'humain bétail" (Miche Leiris, Glossaire: j'y serre mes gloses)

COCHON: - Sur ces photographies jaunies datant de 31, ils (Max morise, Raymond Queneau, Sylvia et Georges Bataille) LES regardent. "Il est impossible de s'agiter autrement que comme un porc quand il bafre dans le fumier et dans la boue en arrachant tout avec le groin et que rien e peut arrêter une répugnante voracité" (G. BAtaille, Le jeu Lugubre).

Porc

PORC, PORCHERIE - Vautré dans la boue, le porc est bien evidemment un symbole érotique et la porcherie l'un des hauts-lieux de l'imaginaire et de la rêverie humaine. Le massacre rituel des porcs, tels que les sociétés primitive le connaissent, mêle un double rictus de peur et de plaisir.

Extraits du livre "Georges Bataille et Raymond Queneau pendant les années 30-40" par Jean-Piel.

Miroslav Tichý

Le Centre Pompidou présente pour la première fois en France l'oeuvre photographique de l'artiste tchèque Miroslav Tichý qui révèle un talent singulier, marginal et monomane, aux images inclassables et intemporelles.

Miroslav_tichy

" Ses images, réalisées de manière instinctive ou mécanique avec des appareils bricolés, des optiques approximatives, proposent une vision extraordinaire d'une réalité érotisée et fantasmatique, mi réelle-mi onirique: femmes à la piscine, femmes dans la rue, femmes en intérieur, ou saisies sur des écrans de télévision, constituent son sujet unique et obsessionnel. Les images tirées et agrandies par ses soins sont souvent ensuite retouchées, montées et encadrées sur des matériaux pauvres, journaux, cartons, et parfois ensuite abandonnées plusieurs années dans son atelier. Sous ou sur-exposées, rayées, floues, déchirées, tachées, elles révèlent néanmoins un artiste inclassable, marqué par de fortes influences picturales classiques mais dont la méthode s'apparente parfois à certaines pratiques amateur et de l'art «outsider»."

Voir le site de l'artiste Miroslav Tichy

Exposition au Centre Pompidou, Galerie d'art graphique du 25 juin - 22 septembre 2008

Péchés de Compostelle # Chronique 17

C’est l’été, sea, sex and sun !

Mais si vous pensez que la drague sur les plages est devenue d’une banalité affligeante, il est peut-être temps de changer radicalement de proie et de terrain de chasse. Etienne Liebig, héros malgré lui de son odyssée livresque et désopilante « Comment draguer la catholique sur le chemin de Compostelle », nous engage corps et âme sur un chemin de pèlerinage (pas très catholique) de Vezelay à Compostelle, loin des sentiers battus et rabattus.

Draguer_la_catholique Muni de sa besace et de son pantalon à grosse côte, Etienne  prend la pari de « combattre l’esprit sans la chair » au cœur de ce pèlerinage qui « perpétue l’archaïsme de la pensée et de la soumission ». Son projet : étudier dans le menu détail la catho de gauche, la catho bourgeoise, ou intégriste ou gentille et « divulguer ses observations avec un maximum de rigueur scientifique ». Son luxe  et son défi : jouir « avec celles qui sont le faire de lance de la propagande » et « des oppressions sexuelles et religieuses ».

Le voilà donc tout frais, vaillant et hardi à Vezelay, car on y trouve « les catholiques les plus ferventes ». Sa tactique est bien rodée : approcher un groupe de pèlerins et vivre au rythme de cette communauté en marche. Il jette son dévolu sur un groupe de deux hommes et trois femmes – la blonde aux formes généreuses à la Botero, la femme mariée bourgeoise, la grand fille plate brune  - avec lesquelles il compte bien festoyer les unes après les autres, même si elles semblent des forteresses imprenables.

Le décor planté, il ne vous reste plus qu’à attendre avec ferveur « la scène croustillante pour laquelle vous avez acheter ce livre ». Entre temps, vous aurez tout loisir de rêver, Messieurs, aux pénitentes perverses qui se caressent longuement sous un christ en buis et Mesdames à vos fantasmes de perdition, d’abdication totale au Principe Supérieur, et de rédemption.

Grâce à un scénario judicieusement ficelé et haletant, notre pèlerin lubrique excite avec brio notre imagination en nous faisant passer par de longues marches dans le désert et ô miracle en nous donnant à voir par la fenêtre du confessionnal des scènes torrides à haute tension spirituelle ! Scènes de recueillement, d’apparitions et d’adorations très érotiques sous un Dies Irae ponctuent ce récit à l’humour décapant, avec en prime de nombreuses réflexions érudites et sociologiques sur ce lieu culte de pèlerinage de la Chrétienté. Rien de tel que ce livre pour mettre votre foi à l’épreuve, au risque de se damner ! A mettre dans votre valise, pour jouir sans modération !

Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle de Etienne Liebig. 2007, La Musardine

Cet article est paru sur le Magazine des Livres Juillet/Aout 2007 - Copyright Katrin Alexandre

Point G

Non, je ne vous dirais pas comment trouver votre Point G ou celui de votre partenaire! "POINT G" est l'excellent Centre de ressources sur le genre de la Bibliothèque Municipale de Lyon.

Point_g

Le Centre a pour objectif de rassembler un ensemble documentaire ciblé sur les questions d’identité de genre et d’orientation sexuelle. Elle propose un fond "genre et sexualités" dans le but de "préserver une mémoire lesbienne, gay, bi, trans, queer, intersexe…"

Follement_gay Vous pouvez consulter des conférences téléchargeables en ligne, une superbe exposition "Follement gay" et un dossier d'actus sur l'homophobie. Par ailleurs, vous trouverez de nombreuses ressources documentaires ainsi qu'un bibliographie sélective réunissant des livres abordant l’orientation sexuelle, l’homoparentalité et le sida pour la jeunesse.

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